L"unité nationale" prônée par le Pouvoir commencerait-elle à être à se fissurer ?

On le sait. Macron et Philippe multiplient les interventions en direction du Peuple confiné chez lui. Mobilisant un style qui se veut "grandiose", quand il n'est le plus souvent qu'un charabia infâme, mais appelant sur le fond à "l'unité nationale". Comme écrit avec lucidité Stéphanie Mesnier-Angéli dans sa revue de presse d'hier : "Sur TF1, Philippe est intervenu "solennellement" : "Oui, mais non, peut-être… blabla… interdictions, dérogations, toutefois… blabla… masques bientôt, bientôt…"(sic).

En une semaine, collectivement et sans broncher, nous sommes passés d’une démocratie, certes critiquable, à un régime d’exception. Les libertés de circuler, de se réunir ou d’entreprendre, les libertés de réunion, d’association, de manifestation, les libertés de pensée, d’enseignement, de culte, etc., "ont été mises sous le boisseau d’une grave menace sanitaire" (Le Monde). En clair, 50 ans de violentes mobilisations collectives dans la rue, la Presse et le Parlement contre les "lois sécuritaires" de Pandreau/Pasqua (1986), Peyrefitte (1981), Fontanet (loi anticasseur 1971), considérées à juste titre comme l'horreur absolue par tout ce qu'on appelait alors "la gauche", viennent d'être jetées par-dessus bord de chacune de nos mémoires individuelles : au profit d'une amnésie collective de tout un Peuple, qui, tout à coup, ne  se souvient plus de son passé politique, voire où il habitait la semaine dernière.

Le Pouvoir en place organise l'amnésie collective de tout un Peuple. Histoire de lui faire oublier son passé protestataire glorieux. Et ça marche. Comme disait Alain Badiou après le vote de la loi d'urgence en 2015 : " ces appels fiévreux à l'unité nationale, c'est une façon d'enjamber, nier les extraordinaires frustrations nées d'inégalités monstrueuses, sévissant en France. (Comme le rappelle Martine Orange, les inégalités sont passées  d'un rapport de 1 à 20 dans les années 60 à un rapport de 1 à 400 aujourd'hui). Dans la société libérale actuelle, il y a des femmes et des hommes qui ne valent rien du tout. Et des femmes et des hommes qui valent beaucoup. Et la pseudo "unité nationale" permet de masquer les causes économiques de ces inégalités"(sic) (émission Contre courant avec Aude Lancelin de janvier 2016).

Pourtant le constat, au 9ème jour de confinement est que cette "unité nationale" commence à être remise en cause, avec notamment la polémique sur l'utilisation de la chloroquine, cristallisant toute la la colère populaire, enflammant les réseaux sociaux à n'y pas croire : pratiquement un post sur deux est consacré à ce sujet. Provoquant une ébullition dans la presse "bourgeoise" : Le Parisien d'hier faisait sa "une" avec ce titre : "ce qu'il faut savoir sur la chloroquine". Articles aussi dans le  Figaro, Le Monde, l'Obs...Les chaines d'info comme BFMTV recevait hier le docteur Christian Pérronne, dont Raoult a été l'élève, Sud Radio y va de sa critique via André Berkoff, France Inter, etc.

On voit bien que les français acceptent le confinement, mais réclament aussi des masques, du gel hydroalcoolique, un médicament pour soigner le coronavirus : doléances à tout le moins élémentaires. Ainsi mon ami Alain m'explique : "il a de la famille à Abidjan, où il y a le coronavirus,  mais de façon moins importante qu'en France. Chaque ivoirien a des masques, du gel hydroalcoolique, autant qu'il le désire…!"(sic).

La rebellion s'organise. Comme note Régis de Castelnau dans son billet "vu du droit" intitulé "Insurrection" du 24 mars, "plus de 10 grands hôpitaux utilisent la chloroquine, passant outre les consignes gouvernementales. Les métropoles, les régions achètent ce médicament à la place de l'Etat pour les fournir à leurs hôpitaux"(sic). En bref, la résistance grossit, tant sur la  toile que dans la vie concrète. Qu'elle ne prenne pas la forme d'une manifestation classique, entre Bastille et Nation n'y change rien : la bataille de la chloroquine fait rage : pas sûre que Macron et les  labos aux appétits grossiers, voulant nous imposer un vaccin hors de prix, en soient les grands vainqueurs….!

 

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