LES GM&S GAGNENT UNE BATAILLE !

Les salariés licenciés de GM&S située à "La Souterraine" en Creuse gagnent une bataille : le plan de licenciement qui les a frappés est déclaré illégal par le Conseil d'Etat, ce qui rend possible une meilleure indemnisation de leurs licenciements (voir "Là-bas si j'y suis" du 28 janvier 2020).

1°)- Brigitte Pascall : Les salariés licenciés de GM&S située à "La Souterraine" en Creuse gagnent une bataille : le plan de licenciement qui les a frappés est déclare illégal par le Conseil d'Etat, ce qui rend possible une meilleure indemnisation de leurs licenciements (voir "Là-bas si j'y suis" du 28 janvier 2020).

Restons lucides : les GM&S ont gagné une bataille de procédure, mais les licenciements ne sont pas remis en cause.

De plus, et aux salariés de GM&S venus l’accueillir, Macron avait sorti : «Certains feraient mieux de chercher du travail plutôt que de foutre le bordel. »(sic) : ce qui montre l'empathie extrême du premier costard de France, pour les sans nom, les sans grade que nous sommes, lorsque certains perdent leur emploi dans un département rural, -La Creuse-, où les créations d'emplois en CDI sont très faibles.. !

2°)- "Là-bas si j'y suis" : Le plan de licenciement était bel et bien illégal
Là-bas si j'y suis

Ils n’ont pas gagné la guerre, mais ils ont gagné une bataille. Le Conseil d’État a confirmé lundi 27 janvier l’annulation du plan social qui avait frappé les GM&S en 2017, ce qui rend possible une meilleure indemnisation d’une partie des ouvriers licenciés. Oui, le plan de licenciement était bel et bien illégal ! La lutte continue mais c’est une victoire dans la bataille judiciaire des ouvriers de GM&S. On se souvient de la visite du méprisant Macron en Corrèze en octobre 2017 et de sa petite phrase aux salariés de GM&S venus l’accueillir : « Certains feraient mieux de chercher du travail plutôt que de foutre le bordel. » Nul doute qu’en honnête homme, il va aujourd’hui leur adresser ses excuses.

« Cette fois, on a la peau de l’ours, mais on ne l’a pas encore vendue ! » C’est Vincent Labrousse, ancien délégué du personnel et vice-président de l’association de soutien et de défense des salariés qui jubile au téléphone : « C’est une superbe victoire, même si le rapporteur public allait dans notre sens à l’audience, nous n’étions pas certains que les juges allaient confirmer l’irrégularité du PSE. »

Cette bonne nouvelle dans la longue lutte engagée par les ouvriers de la Souterraine (Creuse) ouvre la voie à des indemnisations prudhommales pour les salariés licenciés : « On ne va pas préjuger des décisions des prudhommes, mais pour un licenciement illégal, normalement, on va être bien indemnisés. » Les 55 procédures prudhommales sont déja entamées depuis un moment puisque, souvenez-vous, depuis « la Loi Travail 2 » d’Emmanuel Macron, le délai pour contester un licenciement est d’un an quel que soit le motif du licenciement, contre 2 ans auparavant [1].

La bataille de l’irrégularité du PSE est gagnée, mais pas la guerre contre les donneurs d’ordre. Une plainte des salariés est en ce moment en cours contre PSA et Renault pour « abus de position dominante » : « Nous avons des éléments qui prouvent que PSA et Renault pilotaient en réalité l’entreprise GM&S (devenue LSI), qu’ils ont orchestré la baisse de l’activité pour préparer la fermeture du l’usine. C’est ce qu’ils continuent à faire, en ne tenant par leurs engagements de commande, l’usine tourne au ralenti avec les 116 salariés restants. Mais cette victoire nous donne de la force, on ne lâchera rien ! »

En visite en Corrèze en octobre 2017, Emmanuel Macron s’était fendu d’une petite phrase méprisante sur les salariés de GM&S venus l’accueillir : « Certains feraient mieux de chercher du travail plutôt que de foutre le bordel » [2]. Une petite phrase restée en travers de la gorge de Vincent Labrousse : « Monsieur Macron nous a traité de "fouteurs de bordel", aujourd’hui on voit qu’on foutait le bordel contre une injustice, un licenciement illégal, le conseil d’Etat l’a démontré définitivement. Nous souhaitons aujourd’hui que le président s’excuse, qu’il revienne sur ses paroles, et qu’il mette en place une loi sur la responsabilité des entreprises vis-a-vis de leurs sous-traitants. »

 

 

 

 

 

 

 

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