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Billet de blog 27 janv. 2022

Demande au droit à l’accès à un vaccin non génétique recommandé par l’OMS

Depuis 2021, il existe plusieurs vaccins à "virus inactivés" recommandés par l'OMS pour le programme COVAX. Mais notre pays ne répond pas aux demandes d'alternative aux seuls vaccins génétiques (ADN et ARN) qu'elle impose - y compris aux mineurs - alors qu'il manque de recul sur d'éventuels effets secondaires à long terme.

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Demande au droit à l’accès à un vaccin non génétique, existant et recommandé par l’OMS

En prologue de cette tribune, je tiens d’abord à préciser trois choses : je suis largement et depuis longtemps acquis à la solidarité vaccinale, dans son principe comme dans son application.

Je déplore l’argument de certains – vaccinés ou pas – qui, au nom d’une notion de la liberté que je réfute (la liberté de porter atteinte à celle d’autrui en mettant en danger leur santé, mais surtout celle des autres, parfois même leur vie) manifestent leur refus, en pleine vague épidémique :

  • de porter un masque en présence d’autres personnes, en particulier à l’intérieur,
  • de limiter ses contacts en milieu non aéré, autant qu’il est possible,
  • de se (faire) tester avant de côtoyer des personnes fragiles,

mais qui se permettent néanmoins d’insulter, harceler, offenser ou humilier ou, beaucoup plus grave encore, d’agresser ou de nuire à autrui sur des motifs idéologiques quelconques ou au prétexte de quelque croyance que ce soit.

Enfin j’ai salué la disponibilité de vaccins conçus et préparés en urgence pour protéger les personnes malades, âgées ou vulnérables contre les formes graves du COVID.

Je ne suis donc pas un « antivax » et concernant le « pass-sanitaire », sans enthousiasme mais sans états d’âme non plus, je m’y suis conformé comme le veut la loi, appliquant également les autres "gestes de protection et de sauvegarde mutuelle" (plutôt que « gestes barrière », une «barrière »  n’ayant jamais  empêcher des microparticules aérosol de passer, pas plus qu’une frontière ... n’arrête un nuage radioactif).

Face au risque épidémique, j’agis dans le cadre de la loi, en privé comme en public. C’est pourquoi j’ai été indigné d'apprendre que le plus haut représentant de notre peuple, censé protéger la constitution et l’état de droit, disait vouloir user de son pouvoir de nuisance (« emmerder jusqu’au bout », « rendre la vie impossible ») sur une partie des citoyens qui a priori respectaient aussi la loi, les qualifiant de « non-citoyens », oubliant la constitution, l’état de droit démocratique même et le fondement d’une république fraternelle. A-t-on a oublié de lui expliquer dans son école de commerce, ou dans l’une des « grandes écoles » réservées aux « élites » de son genre, aurait-il mal appris sa leçon ou encore oublié (et dans ce cas je lui rappelle) ?

Venons-en aux faits maintenant:

Les mots que j’utilise ici sont précis, chacun ne pouvant être remplacé par un autre, j’insiste sur ce point. Chaque mot (en italique) est défini, expliqué, argumenté sérieusement. Si vous avez des remarques, des critiques, utilisez les commentaires, ce qui nous permettra d’en débattre.

Je suis contre la stratégie consistant, sous coercition - et sans alternative possible - à mettre en œuvre une manipulation génétique expérimentale de masse, en particulier quand elle s’applique à des mineurs, qu’ils soient enfants ou adolescents. Je parle ici des vaccins génétiques, ceux à ADN, et ceux ayant recours à la technologie des ARNm (acides ribonucléiques messagers).

Cela en raison des incertitudes qui persistent, par précaution vis-à-vis d’éventuels effets secondaires à long terme, qui ne sont pas connus. Soyons précis, je ne parle pas de « grave danger », mais d’un risque potentiel (probablement faible, j’espère) qui, s’il existait, pèserait sur un très grand nombre de gens, enfants compris, au moins 50 millions dans notre pays (d’où le terme « de masse »).

« Manipulation », rien de péjoratif ni d’inquiétant : « agir sur », étymologiquement « conduire » (pulare), « avec la main » (manus).

« Génétique » : on récupère la séquence d’un gène (ARN) viral – donc étranger à l’homme - codant pour la « clé » protéique de son enveloppe – la protéine « Spike » ou « picot » en français  – que l’on produit en nombre, purifie, prépare pour nous l’injecter en intramusculaire afin de forcer nos cellules à le traduire – comme si c’était un de nos propres gênes - en protéine Spike. Cela dans le but de stimuler nos défenses naturelles à s’en protéger, d’immuniser.

On procède donc là à une manipulation génétique, avec injection d'une séquence de gêne viral, non humain.

« Expérimental » : Il s’agit là d’une technique innovante qui n’a jamais été testée durablement ni sur une population entière, technique pour laquelle nous n’avons pas de recul quand à d’éventuels effets secondaires à long terme. J’espère qu’il n’y en a pas, évidement, mais rien ne nous permet encore de nous en assurer. Quant aux effets secondaires à court terme, les essais cliniques et les études disponibles qui ont été publiés sont rassurants, sans quoi ces vaccins n’auraient pas été homologué.

On pourra me dire, « oui mais il y avait urgence et le rapport bénéfice/risque, à l’échelle de la population, est forcément favorable puisque le virus, lui, injecte non seulement cette séquence codant pour la « Spike », mais avec en plus, tout le reste de son ARN, lui permettant de  proliférer dans notre corps et ainsi de nous infecter plus ou moins gravement ».

Pour des personnes susceptibles de développer des formes graves provoquées par ce coronavirus Sras-Cov-2, ça paraît évident. En plus on ne sait pas toujours qui est susceptible ! Mais plus on est jeune et en bonne santé, plus le risque de « forme grave » baisse : c’est établi. Et pour les ados et les enfants, sauf vulnérabilité particulière, le risque devient extrêmement ténu : pour eux le vaccin permet surtout de protéger les adultes et notamment les anciens et les personnes fragiles.  Vis-à-vis d’eux, on peut se demander : « alors pourquoi les vacciner eux, plutôt que de s’assurer d’abord que toutes les personnes fragiles puissent être effectivement immunisées, puis la population adulte aussi, le plus largement possible ». J’avais écrit au sujet de cette inquiétude concernant la vaccination des mineurs à mon député, dans le Finistère, en début d’été dernier … mais il ne m’a pas répondu.

Rappelons pour finir que dans la population adulte, il existe des gens qui, comme moi, à tort ou à raison, ne font pas confiance à cette technologie de vaccination génétique sur laquelle on n’a pas beaucoup de recul. Alors qu’il existe dans le monde, au moins depuis début 2021, plusieurs dizaines de préparations vaccinales fondés sur différentes techniques, dont celle dite « du virus inactivé » (le virus entier est désactivé, tué, puis préparé et injecté dans un vaccin, permettant à notre système immunitaire de reconnaître ses composants comme « étranger à nous même », pour s’en défendre, s’immuniser, sans risque qu’il ne se « réveille » pour nous infecter) et ceci sans injection de gênes. Il y en a au moins deux mis au point par des laboratoires chinois et un, par un laboratoire indien, tous 3 recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), intégrés au le programme international COVAX.

Ils sont disponibles, leur efficacité est validée même s’il existe des discussions pour dire s’ils sont aussi efficaces que les vaccins ARN ou ADN. Toujours est-il qu’ils protègent efficacement contre les formes graves et limitent la contagiosité (et nous savons maintenant que les vaccins génétiques montrent aussi leurs limites sur ces points, face aux mutations des lignées virales qui évoluent).

Donc si l’impératif majeur de santé publique consiste à obtenir le meilleur taux de vaccination de la population, sachant que certains, disposés à être vaccinés, hésitent ou refusent les vaccins génétiques, seuls autorisés dans notre pays, pourquoi alors les priver du droit de se protéger tout en protégeant les autres, avec un vaccin classique, de technologie éprouvée depuis plus de 70 ans, disponible, validé et recommandé par l’OMS ?

J’espère que nos ministres n’ont pas signé un accord d’exclusivité avec les fabricants de vaccins génétiques. Qu’ils ne se sont pas emballé, éblouis par la plaquette publicitaire prometteuse, sur une technologie « moderne et innovante » (« 97,5% efficient warranty » : ils évitent en  grande partie les cas les plus graves ou mortels, c’est vrai … mais on sait maintenant qu’il faut faire des rappels tous les trois mois et qu’ils n’empêchent pas d’être malade ou contagieux). J’espère que les experts du Conseil de défense sanitaire n’ont pas de conflit d’intérêts avec ces grands labos, ces vaccins génétiques étant aussi ... extraordinairement rentables. 

Mais je ne comprends pas pourquoi on use de cette stratégie de coercition vaccinale (que je trouve brutale, injuste et inquiétante: impossibilité de prendre le train ou le car interrégional, de se loger hors de chez soi, d’avoir des pratiques de sport et de santé et des activités culturelle, de se restaurer, bien que dument testé, alors que des gens vaccinés, non symptomatiques mais contagieux – pas testés, peuvent le faire à leur guise), alors qu’aucune alternative n’est proposée à cette stratégie qui est, quoi que l’on peut aller raconter, une manipulation génétique expérimentale appliquée massivement à la population française, y compris aux enfants et aux adolescents. J’aimerai bien le savoir.

J’ai écrit à mon député et à mon sénateur dans le Finistère, j’ai également envoyé un courrier similaire adressé au premier ministre par voie électronique à son cabinet, avant la première discussion à l’Assemblée, de cette loi qui a autorisé ce « pass-vaccinal génétique ». Mais ils ne m’ont pas répondu. Il faut dire que je ne suis que conseiller municipal.

J’ai aussi vu Mr Véran, au Sénat, affirmer avec un revers de main que les vaccins ARNm étaient parfaits et que rien ne pouvait justifier, dans sa loi, d’y ajouter une quelconque alternative. Et j’aimerai comprendre pourquoi.

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