DT s’empare de la Toile

George Orwell se retourne dans sa tombe. Donald Trump s’empare du « net ».

La neutralité sur la Toile ou « net neutrality » est un principe, censé garantir l’égalité de traitement de tous les flux de données sur internet (Wikipedia). Les principaux fournisseurs d’accès étant domiciliés aux Etats-Unis, l’investiture du nouveau président jette une lumière inquiétante sur cette présumée neutralité. En tout cas, les Européens, hors jeu dans le domaine, ont de quoi se préoccuper. 

 Ainsi, on apprend cette semaine que le poste de président de la « Commission Fédérale des Communications » (FCC), le pendant du « Conseil supérieur de l’audiovisuel » ou CSA en France, est attribué au républicain Ajit Pai, commissaire de la dite commission depuis 2012. La FCC est en charge de la régulation du domaine de la télécommunication, ainsi que de la surveillance du contenu des programmes de télévision, de la radio et internet. Elle est une agence gouvernementale indépendante et ses membres sont directement nommés par le président.

Sous la direction de son ancien président, démocrate, Tom Wheeler, la commission a réussi, tant bien que mal, à refreiner les ardeurs des géants de la télécommunication, à l’instar des conglomérats « Verizon Communications » et « ATT », soupçonnés par la commission, juste 10 jours avant l’investiture du nouveau président, de favoriser, en violation des règles de la neutralité du net, leur propres services de « streaming » au détriment de ses concurrents. (Vanity Fair)

Avec le choix du nouveau président de la commission, les deux géants ont moins de soucis à ses faire, car celui-ci n’a jamais caché son aversion contre toute sorte de régulation « inutile » dans le domaine d’internet. Il qualifie les efforts régulatoires de la commission de « spasmes » idéologiques, néfastes pour le libre marché.  

Pourtant, la neutralité du net est dans l’intérêt des 99%. Autant les progressistes que les réactionnaires devraient s'en soucier, car pour l’algorithme du capitalisme, qui ne connaît ni idéologie ni religion, la maximisation du profit est une fin en soi.

On sait entre-temps que le libre marché est un subterfuge du néolibéralisme. Donc,le contrôle d’internet par une poignée d’investisseurs, à l’instar de la concentration des médias, présage un potentiel de manipulation qui risque d’avoir des conséquences autrement plus dévastatrices que la guerre commerciale qui se dessine à l’horizon.

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