c'est quoi ce bordel??

si j'avais su....

Mais c'est pas possible! C'est quoi ce bordel? J'étais dans l'eau depuis un moment quand ça a commencé. D'abord les bruits et les secousses. Comme un tremblement de terre. Puis, les cris. Même sous l'eau, insupportables. Trop bien. L'eau tiède à souhait. Pas envie de bouger.

Patience, ce qui se passait ailleurs ne me regardait pas. Ça allait bien finir par se calmer et je replongerai dans la quiétude. Question de minutes... Tu parles!!! L'hystérique reprenait de plus belle. Les secousses également.

C'était le premier incident depuis que j'étais ici. Bien sur j'entendais parfois des sons de voix, lointains, mais jamais un tel barouf. Et maintenant une espèce de soufflerie se déclenchait à intervalles réguliers. J'allais devoir y aller. Et dans le noir en plus. Et oui, un des désagréments de cet endroit, on ne peut pas tout avoir. Je ne voyais personne et voulais surtout ne rien demander. Je ne sortais jamais. Ne pas me faire remarquer. Pour le coup, si je pointais le bout de mon nez, c était fini, mon anonymat dans ce lieu.La civilisation me rattrapait. Comme quoi!!

Les cris devenaient de plus en plus terribles. Insoutenables. Je sorti de l'eau et sans me sécher, me dirigeais, à tâtons, vers la sortie. A peine passé la tête par l'ouverture, je fus aveuglé par une lumière crue. Deux secondes d'adaptation plus tard, je me retrouvais face à deux personnes masquées. Une m'attrapa aussitôt par le visage et me sortit soudainement hors de ma tanière. Les cris cessèrent, on me tira brutalement. Je sentis un coup dans le dos. Je me mis à crier. Puis...Rien. Quelqu'un me tenait par les épaules et j'entendis une voix plutôt douce:" Voilà, il est là"

Un peu que j'étais là et j'aurai bien voulu être ailleurs, loin de ces cinglés. Mais qu'est ce qu'ils me voulaient? C'est en tournant légèrement la tête que je la vis, hallucinée...La crieuse?? A coté, un type, moitié timoré, moitié béat. Il donnait l'impression d'avoir vu un truc qu'on ne doit pas voir, comme dans un film fantastique. Enfin, on me poussa vers la femme. Sans trop de mal. Moi aussi j'étais anéanti, comme le type, les bras ballants. Elle me prit dans ses bras, me serra fort. Elle ne criait plus, elle riait. J'étais tombé sur des barjots, sûr!! Je n'osais plus bouger. Même le froid ne me faisait pas trembler. D'un coup, elle m'écarta d'elle, à bout de bras. Je fronçais les sourcils. Elle se tourna vers l'autre qui commençait à se dérider, lui. Moi, non!

Elle éclata de rire puis, me regardant dans les yeux, intensément:" Oh toi, je t'aime!! Je t'aime!!"  J'esquissais malgré moi un léger sourire. Je n'en menais pas large. Elle se tourna de nouveau vers son complice qui cette fois arborait un sourire, le plus large possible.

"Regarde mon amour, ça fait à peine une minute qu'il est né, on dirait qu'il comprend déjà tout!!..."

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