Un nain a beau se tenir sur une montagne, il n’en est pas plus grand pour cela

Sarkozy serait innocent de tout ! Seuls ses amis, ses proches, son premier cercle se sont rendus coupables de détournements de fonds et de crimes financiers en tout genre en vue des présidentielles de 2007 et de 2012. Au fait, qui était candidat ? On semble oublier un peu vite que "le coupable est celui à qui profite le crime". Et personne d’autre ! N'en déplaise à Ruth Elkrief.

C’est vrai qu’il n’est pas grand Sarkozy, au sens propre comme au figuré, certains ici, dans ces colonnes, l’affublent même du terrible surnom de Naboléon mettant ainsi en relief ses caractéristiques physiques et morales.

L’image empruntée à Sénèque du nain sur la montagne n’est pas plus tendre, pas plus indulgente, pas moins pertinente, Sarkozy est petit en effet et ce n’est qu’au sommet de l’État - à l’Élysée, la montagne pour le philosophe -  qu’on a pu mesurer toute l’étendue de ses  bassesses et de sa médiocrité.

Pas une affaire, pas deux, mais une bonne douzaine, le prisme déformant du pouvoir est à l’origine de l’illusion d’optique, trop longtemps on a cru que notre personnel politique était au service du peuple et servait l’intérêt national…foutaises !

Un miroir déformant auquel on a fini par s'habituer, par nonchalance politique, par confort et par connerie.

Pas une affaire, pas deux, mais une bonne douzaine, l’ex est déjà renvoyé en correctionnelle pour trois d’entre elles.

Que dis-je c’est un cap ?... c’est une péninsule !

Énorme nez !

Un faux nez, bien sûr.

Sur le devant de la scène et sous les projecteurs des sunlights  la plupart du temps, Il pouvait se faire plus discret dès qu’il s’agissait de ses « petites affaires » jusqu’à disparaître sous le nom de Paul Bismuth.

Pas vu, pas pris.

Plus il grimpait dans la hiérarchie de l’élite politique et plus il abusait de ses pouvoirs tel un poivrot qui boit de plus en plus pour s’enivrer.  Le pouvoir corrompt, mais il grise aussi.

À condition d’augmenter les doses, Liliane Bettencourt pour commencer, Mouammar Kadhafi pour terminer…

De Neuilly à Tripoli, l’itinéraire d’un dévoyé.

Au prétexte de la sacro-sainte présomption d’innocence, Sarkozy voudrait nous faire croire qu’il est blanc comme neige, qu’il ignore tout de ce que les juges lui reprochent.

« Voyez monsieur Guéant », « Demandez à Brice Hortefeux », « Je ne peux pas parler à la place de ceux que vous suspectez », « Je ne suis pas au courant », « Je n’étais pas à Paris, ce n’est pas moi ».

 Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme ! dit le juge Tournaire paraphrasant, une fois encore, Cyrano de Bergerac.

Une trentaine de personnes dont il est inutile de dresser la liste sont déjà mises en examen, ou en passe de l’être, ses amis, son cercle, ils tombent les uns après les autres, comme des mouches autour d’un cadavre, Guéant, Tapie, Hortefeux, Lagarde,  Boris Boillon…ils font appel pour le principe, au nom des grands principes si chers à Nadine Morano.

L’oxygène se raréfie, l’odeur est pestilentielle.

Toute sa chienne de vie Sarkozy aurait donc été entouré de mafieux, de délinquants en col blanc, de gens indélicats prêts à tout pour…pour…pour quoi ? pour qui, au fait ?

Posons-nous la question car enfin…

L’élection présidentielle de 2007…qui est candidat ? Celle de 2012 ? qui est candidat Guéant ou Hortefeux ? Boris Boillon, peut-être ?

Revenons aux fondamentaux, revenons une fois de plus à Sénèque, le prince de Cordoba : « Le coupable est celui à qui profite le crime ».

Et personne d’autre !

Arrête de nous prendre pour des bouffons !

Quant aux médias, à défaut de rigueur professionnelle un peu de pudeur, un peu de dignité !

Entendre par exemple Ruth Elkrief dénoncer sur BFM TV l’acharnement judicaire dont serait victime Sarkozy est insupportable de bêtise et d’aveuglement militant.

 

 

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