Emmanuel Macron a touché le fond : maintenant il creuse.

Emmanuel Macron est incapable de tirer les conséquences du mouvement social qui secoue la France en profondeur depuis trois mois, il s’obstine dangereusement. Comment lui faire comprendre avant qu'il ne soit trop tard ?

Un train de réformes peut en cacher un autre.

Tout le monde connait la différence entre un train fou qui déraille et un énarque fou qui déraille, le train fou qui déraille finit toujours par s’arrêter, lui.

Le problème : c’est Macron qui conduit le train !

Faute de lutter efficacement contre le chômage, il s’en prend aux chômeurs, les mesures censées booster les entreprises, les inciter à recruter, sont d’une remarquable inutilité, c’est acté.

Les chômeurs, des tricheurs, tous des salauds !

Les fonctionnaires vont se faire tondre, trop nombreux, bons à rien, syndiqués, éternels insatisfaits, toujours prêts à se mettre en grève.

Les fonctionnaires, des parasites, tous des ordures !

Et les retraités ?

Ils ont déjà un pied dans la tombe, il suffit de les pousser un peu.

Les retraités, des inutiles, tous des vieux cons !

Le modèle social français est l’un des plus redistributifs qui soient, l’un des plus juste, le moins inégalitaire en tout cas, avec un accès gratuit à l’éducation et à la santé, enfin gratuit, de moins en moins.

Il suffit de comparer notre système avec ce qui se pratique en Grande Bretagne ou aux USA, la référence libérale, la dette des étudiants nord-américains est abyssale et pèse lourdement sur l’économie nationale, plus que les crédits à la consommation, un pays endetté au-delà de l’entendement.

Pour nous autres, Français, ce sont des dépenses « en moins », c’est du pouvoir d’achat en plus, si les ménages devaient financer par eux-mêmes ces dépenses, un SMIC et demi mensuel n’y suffirait pas…

L’accès gratuit aux soins et à l’éducation pour tous est une charge productive financée par les impôts de toutes les Françaises et tous les Français.

Les fonctionnaires, pour une grande partie d’entre eux, sont donc des contributeurs directs de richesses, toute tentative qui viserait à réduire leurs effectifs et le périmètre de leurs interventions consisterait à diminuer encore un peu plus le pouvoir d’achat des Français.

Ce que l’État ne couvrira plus sera abandonné aux assurances privées (santé) et aux banques (éducation) qui n’attendent que cela, la bave aux lèvres, libéralisme oblige.

Une attaque frontale, on y revient !

Les retraités sont des acteurs économiques, une partie de leurs dépenses est consacrée au soutien à leurs descendants, enfants ou petits-enfants, sans leur aide que se passerait-il ? que va-t-il se passer ?

Les chômeurs, quant à eux, sont les premières victimes de la financiarisation hystérique de l’économie mondiale, il y a beaucoup mieux à faire que de se lancer dans une chasse aux fraudeurs, notoirement ultra minoritaires, cela n’a aucun sens.

Emmanuel Macron a touché le fond : maintenant il creuse.

Sa tombe et, accessoirement, la nôtre.

Comment lui faire comprendre avant qu'il ne soit trop tard ? comment l'arrêter ?

C'est une question politique liée au fonctionnement de notre démocratie qui prouve tous les jours son impuissance.

Il faut trouver une alternative à la violence, et à tous ses débordements, c'est l'enjeu.

Rien de moins !

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