Macron : Rhââ Lovely !

Je ne peux pas m’en empêcher, c’est plus fort que moi : à chaque fois que je vois Emmanuel Macron faire son numéro de claquettes au beau milieu d’une ribambelle de sexagénaires en déroute, je m’entends hurler Rhââ Lovely !

Je ne peux pas m’en empêcher, c’est plus fort que moi : à chaque fois que je vois Emmanuel Macron faire son numéro de claquettes au beau milieu d’une ribambelle de sexagénaires en déroute - et endimanchés jusqu’au cou, des élus municipaux ou des maires triés sur le volet - je m’entends hurler Rhââ Lovely !

Et si jamais, dans la foulée, par le plus grand des malheurs, je tombe sur Édouard Philippe, j’ajoute un rugissant Rhââ GnaGna !

Ma femme, Nathalie, bien que très habituée à ces crises paroxystiques depuis plus de 27 ans maintenant, est inquiète, je le devine à ses yeux lorsqu’elle m’observe après m’avoir entendu beugler.

J’anticipe certains commentaires malveillants à mon égard du genre « arrête de regarder BFMTV, Dugland », « va t’occuper de tes poules, l’infirme », « OK, ton cerveau est déjà hors service, on le savait, mais fais gaffe quand même à tes coronaires, papy » ; sans parler du très sobre « t’es vraiment con » qui me fait toujours beaucoup de peine, sachez-le, je suis un être sensible, voire émotif, moi.

Quand le sort s’acharne odieusement, mais surtout perfidement contre vous et que toutes les mitraillettes médiatiques de la connerie sont pointées dans votre direction, plein front, j’affirme ici, haut, et fort, qu’il est impossible d’échapper à son tragique et misérable destin : tu vas en bouffer du Macron cru et du Philippe tiédasse, tu vas en bouffer, connard…m’expliquent Pujadas, Ferrari, Elkrief et cons-sorts, à langueur de temps.

Du Macron cru ou des discours à n’en plus finir sur la violence des Gj, c’est l'un et l'autre, pas le choix.

C’est le message que je reçois : que celle ou celui qui ne se sent pas agressé par ces tirs incessants lève la main.

Dans le cas, très improbable, où je serais effectivement bien le seul à me faire piéger par ces Laurel et Hardy qui prétendent gouverner la France depuis 21 mois, 5 semaines, 4 jours, 8 heures, 15 minutes et 59 secondes, je veux qu’on me le dise en face et qu’on m’explique pourquoi moi ?

J’ai le droit de savoir ce qui me vaut cette haine quotidienne, ou ce qui me vaudrait cette haine, car je n’y crois pas vraiment, les chaînes nous matraquent H 24, ce n’est pas que pour moi tout seul, ce n’est pas possible.

« Rhââ Lovely ! » fait immédiatement penser à ce génie qu’était Marcel Gotlib fondateur du Fluide Glacial et du légendaire L’Écho des savanes, j’ai toute la collection, je l’aime, ce type, Nikita aussi, si tu me lis, mon Concombre. Le fameux, l'inoubliable Concombre masqué !

Celui ou celle qui fait ce rapprochement a évidemment raison, il s’agit bien de cela, mais à une nuance près : c’est Alfred Hitchcock qui, dans Frenzy, fait dire à son tueur « Rhââ Lovely ! » à chaque fois qu’il viole ses victimes, Gotlib lui a piqué l’expression. Deux génies. Trois avec Mandryka.

Vous saisissez la logique ?

Quand, par exemple, pendant ces réunions « Tes-Un-Pauv’Hère », Macron s’indigne en reprochant aux Français d’oublier le chômage, quand il augmente la CSG, quand il diminue les APL et que dans le même temps il fait cadeau de l’ISF, vous n’avez pas le sentiment qu’il nous viole, vous ?

Quand il s’adresse aux sexagénaires en les appelant « les enfants », vous n’avez pas le sentiment, qu’en plus de nous violer économiquement parlant, il nous prend aussi pour des cons, le sale gamin.

Quand il fait voter des lois liberticides ?

Quand Philippe donne ordre de perquisitionner Médiapart ?

 

Voilà pourquoi, à chaque fois que je vois ce clown libéral entêté plastronner sur les zécrans , je m’exclame « Rhââ Lovely ! »

Mais le pire dans tout cela, mes ami(e)s, c’est qu’à chaque fois qu’il fait des claquettes devant papy et mamy déguisés en bleu blanc rouge, dès qu'il endosse les habits d'Auguste au nez rouge, les Français s'émeuvent et frémissent, il remonte dans les sondages ! ça marche !

C’est cela le problème, quand on est con, même un tout petit peu con, on est complètement con.

Il n’y a pas de juste milieu, dans la connerie.

Ni en politique, d’ailleurs.

 

Dernière minute : Manuel Bompard, candidat de La France insoumise aux européennes, vient d'être perquisitionné à son domicile, à Toulouse ! Rhââ Lovely !

 

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