Emmanuel Macron est coincé entre un priapisme sécuritaire et une débandade politique

Très mou sur les réponses à apporter aux classes les plus défavorisées et aux manifestants, voire totalement absent, dur en termes de répression policière. Toujours à contretemps. Rarement à sa place, jamais là où on l’attend. Cafouillages, hésitations, contradictions, on n’a jamais vu un tel niveau d’amateurisme, jamais !

On plaint son entourage.

Il est « trop » ou pas « assez ».

Très mou sur les réponses à apporter aux classes les plus défavorisées et aux manifestants, voire totalement absent, dur en termes de répression policière.

Toujours à contretemps.

Rarement à sa place, jamais là où on l’attend.

Et quand on l’attend…c’est chaud de chez chaud ! hier, lors de l’inauguration du somptueux centre d’entrainement des handballeurs à Créteil (60 millions d’euros), il était attendu de pied ferme par des gilets jaunes et rouges très énervés.

Dès qu’il touche à quelque chose, ça lui pète entre les mains.

Pas un déplacement sans une cohorte de gilets jaunes à bout de…de tout !

Dès qu’il dit quelque chose, ça se retourne contre lui en moins de temps qu’il n’en faut à Jean-Michel Apathie pour sortir une connerie ou à Michel Sardou pour fredonner « Le lac du Connemara ».

Il nous fait penser à Benoît Brisefer, ce personnage central de la bande dessinée franco-belge créée en 1960 par Peyo, « Des taxis rouges », rebaptisée ensuite du nom de son héros.

En moins naïf, en moins sympathique, en moins rigolo. J’adorais et j’adore toujours ce petit bonhomme de 10 ans. Un faux sale gamin, lui.

Macron est très mal conseillé, très mal entouré.

Benjamin Grivois Griveaux, par exemple, est le porte-parole du gouvernement depuis un an environ, un choix qui ne doit rien au hasard, sa nomination répond à un cahier des charges très précis : être le clown du président (clown = clone), savoir noyer le poison (à ne pas confondre avec poisson), être capable de faire avaler des vipères à n’importe qui, sur n’importe quel sujet, corvéable à merci, soumis de la première heure, à genoux.

Un maître mot : savoir bavasser sur commande.

Il est très fort, ce Ben.

Interrogé hier par un journaliste sur le mouvement des gilets jaunes, il tente timidement et maladroitement de faire preuve d’empathie et déclare comprendre leur colère, le brave homme, car « …ils sont dans le rouge avec leur banque, ils ont du mal à joindre les deux extrémités… ».

Véridique. Une pépite.

Les « deux extrémités » à la place des « deux bouts », allusion aux débuts et aux fins de mois difficiles.

Ou alors c’est son subconscient qui parle plus vite qu’il ne pense, (ce qui doit arriver assez souvent) une partie des manifestants serait à l’extrême gauche, une autre à l’extrême droite, peut-être ? une manière de dire que les gilets jaunes ne seraient pas de bons citoyens ? Des anars ? Des fachos ?

Ah ! les salauds !

Il veut nous faire prendre des vessies pour des hiboux, il nous mène en dividendes…si cela devait continuer, nous serions tous obligés de partir en eau de boudin, j’en ai bien peur, même si, après tout, l’oignon fait la force.

Non, monsieur Grivois Griveaux, on n’apprend pas au vieux singe à faire des omelettes sans sourciller !

Un autre exemple.

À peine nommée pour piloter le grand débat, Chantal Jouanno démissionne sans démissionner, elle garde la fonction et le salaire, mais explique que compte tenu de son niveau de rémunération tout à fait exorbitant elle est mal placée pour recueillir les doléances des « pauvres », pas de grand débat pour elle donc…

Quand la droite LR s’acoquine avec la droite LaRem, quand Macron fricote avec Dard malin Darmanin, quand la con-sanguinité se généralise, le système dégénère inexorablement.

Tout est comme cela.

Ça craque, ça pète, ça fuit, ça s’évapore, ça s’écroule, ça se crispe, ça démissionne, ça décampe, ça se pulvérise, ça dérape, ça abdique, ça dérive, ça part en sucette, ça (se) bastonne quand ça ne (se) critique pas.

Et ça se contredit à longueur de temps, on n’a jamais vu un tel niveau d’amateurisme, jamais !

Pas de réponses apportées aux gilets jaunes, rien pour ceux qui souffrent, rien pour ceux qui peinent et qui triment pour 950 € par mois, de petit boulot en boulot précaire, une débandade politique totale.

À la place, un priapisme sécuritaire qui contredit les messages de « compréhension » que l’on entend ici ou là, de la bouche même de ceux qui demandent avec insistance aux forces de l’ordre de foncer dans le tas sans état d’âne, comme dirait Grivois Griveaux.

La boite des pandores est ouverte, nous risquons de devenir les dindons de la force.

Emmanuel Macron est coincé entre un priapisme sécuritaire et une débandade politique pendant que les gilets jaunes tirent le diable par la queue.

Tout cela se passe en France, en janvier 2019, nous sommes en plein hiver, dehors il fait un froid de connards.

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