Chez les Macron il n’y a pas que la piscine qui est hors-sol.

Tel Louis XIV, le Roi Soleil, Emmanuel Macron, le monarque républicain, se fait construire une piscine à l'abri des regards indiscrets. Les caprices d'un roitelet hors-sol.

Emmanuel Macron parle trop, il n’arrive pas à se mettre à l’abri des contradictions, il se prend les pieds dans le tapis toutes les deux phrases, cela finit par être lassant et préoccupant, car il donne l’impression de dérouler une dialectique que personne ne comprend vraiment y compris au sein de LREM où quelques voix dissidentes se font entendre.

Prenons l’exemple de la fameuse piscine hors-sol qu’il vient de faire monter dans sa résidence d’été.

Dans un premier temps, l’Élysée nous explique que le président et ses proches ne peuvent pas se baigner tranquillement sur la plage qui se situe en contrebas du Fort : risques d’attentats, trop grande proximité avec les vacanciers, paparazzis indélicats, odeurs de merguez, manque d’intimité…autant d’arguments qui militent  effectivement pour l’installation d’une piscine, hors-sol en l’occurrence puisqu’il est impossible de creuser et de couler du béton dans le sous-sol du Fort, trop de roches, pas assez de terrain dans un site architectural classé.

C’est compliqué les vacances d’un président français, Roi des Français.

Le coût est estimé à 35 000 € environ prélevés sur les frais de vacances du président de la République nous explique « le château ». Une piscine, au final, trois fois plus chère que ce qu’estimait la Présidence en juin pour mieux nous faire avaler la pilule.

Une somme rondelette qui aurait permis à une bonne soixantaine d’enfants de partir, pour une fois, pour une toute première fois, en vacances. Passons.

Il faut se souvenir de Louis XIV et de sa piscine octogonale creusée dans un bloc de marbre de Rance, une piscine qui coûta 15 000 livres !

Les traditions sont respectées, ce n'est pas un hasard.

Une fois sur place le locataire de l’Élysée tente de redorer un blason terni par les affaires : quoi de mieux qu’un bon vieux bain de foule pour redresser la barre d'un bateau ivre ?

Interrogé par des vacanciers triés sur le volet sur son séjour et ses préférences en matière de trempette, il croit utile et judicieux de se confier « Je n’aime pas les piscines, je préfère mille fois la mer ».

Cruel dilemme.

Regrettable frustration.

Il essaye d’amadouer le campeur, il veut émouvoir  les chaumières. On plaint l’homme, pas le président. On se met à sa place quand il fait semblant d’être à la nôtre.

Il est comme nous, frustré de quelque chose.

Ah, le brave homme !

Macron met en scène le destin contrarié d’un simple baigneur devenu accidentellement président  de la République sans se rendre compte qu’il illustre à merveille ce qu’on appelle l’itinéraire d’un enfant gâté qui finit par se lasser de ses propres caprices.

Sa politique suit la même logique : des contradictions, des mensonges et des justifications qui tombent à l’eau, des collaborateurs directs qui boivent la tasse (Benalla) ou le bouillon (Kholer), des députés privés d’oxygène qui s’agitent frénétiquement dans le bocal de l'Assemblée nationale.

Sans parler des surenchères et des provocations censées décourager les opposants de tous bords et tuer dans l’œuf toute forme de contestation.

Comme le disait Emil Cioran, qu’elles soient enfouies ou hors-sol, « Toutes les eaux sont couleur de noyade ».

 

 

 

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