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Billet de blog 12 janv. 2020

La CFDT, une histoire de famille chez les Macron…

Tiphaine Auzière, fille de Brigitte Macron, belle-fille du jeune homme qui préside aux destinées de la France, est « avocate généraliste, spécialisée en conseil et contentieux pour le cabinet Opal’Juris ». Elle travaille pour la CFDT ! Si, si, c’est vrai !

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Deux écoles s’affrontent : d’un côté il y a les « familles je vous hais » et de l’autre ceux qui « lavent leur linge sale en famille ».

Tout les oppose.

La famille Macron a clairement choisi son camp en optant pour la blanchisserie familiale dans une version assez large pour ne pas dire très souple-in : Tiphaine Auzière, fille de Brigitte Macron, belle-fille du jeune homme qui préside aux destinées de la France, est « avocate généraliste, spécialisée en conseil et contentieux pour le cabinet Opal’Juris », et travaille pour ...pour ... pour qui ?

Quelques indices, dans le désordre : réforme des retraites/compromis Premier ministre-Laurent Berger/syndicat réformiste.

Vous avez deviné ?

Pour la CFDT, bien sûr !

Bravo ! vous avez gagné et ce n'était pas facile facile, un peu trop gros.

Si, si, c’est vrai !

Le syndicat précise que « les avocats membres de son réseau sont signataires d’une charte où ils s’engagent à entretenir des relations privilégiées avec la CFDT et ses structures et ne pas prendre en charge des dossiers contre la CFDT ».

Ben oui, on comprend mieux, c’est très clair, des relations très privilégiées.

Sur sa fiche professionnelle, Titi (c’est le surnom que lui a donné Laurent Berger, dit Lolo) explique qu’elle est aussi spécialisée en droit du travail et en droit des familles : nous voilà rassurés, elle sait de quoi elle parle.

Un instant j’ai cru que nous étions confrontés à un cas de népotisme caractérisé, un de plus : que nenni !

Me Titi Auzière a plusieurs cordes à son arc, elle est également « amenée à défendre l’adhérent lorsqu’il est confronté à un problème de droit du travail, de statut de la fonction publique, de protection sociale ou de formation professionnelle ». C’est écrit comme cela sur le site de la CFDT, on ne peut pas l’inventer…

Depuis la réforme du droit du travail par beau-papa elle ne chôme pas. Elle.

SURBOOKÉE !

N’allons pas trop vite en besogne, il ne s’agit pas de népotisme, c’est acquis ; pas plus qu’il n’y a de conflit d’intérêts au niveau de la CFDT.

Mais non, voyons !

Les Français (pas tous, heureusement) ont vite tendance à chercher le petite bête partout.

Résumons-nous.

Jean-Paul Delevoye, ex-chef de projet « retraite » dans l’équipe Macron, entretenait des relations « privilégiées » avec des organismes de formation en lien avec des groupes d’assurance.

Jean-François Cirelli est élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur sur proposition du Premier ministre, promotion du jour de l’an : ce monsieur, parfaitement fréquentable d’après des sources habituellement très bien informées (BFMTV et France 2) est par ailleurs président de la filiale française du groupe américain BlackRock, un gestionnaire d’actifs spécialisé dans la gestion des retraites par capitalisation.

Titi Auzière, fille de Brigitte M, est au four et au moulin : d’un côté elle glane des honoraires ici ou là en aidant les adhérents de la CFDT à se faire entendre après la réforme du travail, elle va devoir aussi s’occuper de ses adhérents qui, à partir de la génération 60, va s’en prendre plein les gencives quand ils vont découvrir ce qui va leur rester à 62 ans...

Grâce à qui ?

C’est la version sublimée du « enmêmetempstisme ».

Il n’y a aucune raison pour qu’un syndicat dit « réformiste » n’en profite pas un peu, après tout.

Non ?

Certains, certaines vont encore me reprocher d'avoir l'esprit mal tourné alors que pas du tout : ce n'est pas moi qui tourne mal, c'est la République bananière qu'est en train de construire cet homme d'affaires qui nous sert de président.

Non ?

Je fais fausse route ?

Si je suis dans l'erreur, dites-le-moi, n'hésitez pas, je ne veux pas mourir plus con que je ne le suis, j'en fais une question d'amour-propre.

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