Pendant que les chasseurs chassent les chats, la connerie tire à balles réelles

Retenez bien son nom, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des Chasseurs, la toute puissante FNC. Il propose de « piéger » les chats « à plus de 300 mètres de toute habitation ». Il veut « agir sur les chats », c'est-à-dire les tuer en langage chasseur.

Retenez bien son nom, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des Chasseurs, la toute puissante FNC.

Il propose de « piéger » les chats « à plus de 300 mètres de toute habitation ». Il veut « agir sur les chats », c'est-à-dire les tuer en langage chasseur.

Il invoque des raisons écologiques, le brave homme, le chat serait la cause d’un tragique déséquilibre éthologique, moins d’oiseaux, moins de rongeurs à cause des minous en cavale qui rodent la nuit au clair de lune.

Comment un chasseur sachant chasser peut-il s’y prendre pour « agir » contre ce fléau ? Question d’autant plus pertinente quand on sait qu’un chasseur est souvent armé.

J’imagine que piéger un chat n’est pas à la portée du premier chasseur venu, le QI moyen d’un chasseur moyen est très moyen, ce qui fait d’eux des citoyens particulièrement désarmants.

Désarmants, mais dangereux. Et très souvent alcoolisés avant de reprendre les battues, vers 13h30, en novembre, avec leur fusil en bandoulière dans la brume.

Ils votent Macron depuis que le permis de tuer a été divisé par deux.

Les chasseurs viennent de prendre conscience qu’ils sont en concurrence directe avec les chats, et qu’à ce petit jeu-là, les chats sont beaucoup plus habiles qu’eux, beaucoup plus silencieux, mais surtout ils se rendent compte que les chats sont nettement moins cons qu’eux.

L’orgueil du chasseur, arme au poing. 

Vous ne verrez jamais un chat tirer sur un vététiste un dimanche matin, vous ne verrez jamais un chat défourailler par inadvertance sur un autre chat.

Le chat ne titube pas après le déjeuner, il ne se gratte jamais l’entrejambe, car il est propre, lui, le chat ne raconte jamais de plaisanteries grasses sur les femmes, sur les noirs, sur les musulmans ou sur les « pédés ».

Les chats ne votent pas Macron, d’ailleurs ils ne votent jamais.

La concurrence entre le chat et le chasseur est intellectuelle, comportementale et historique, le chasseur ne fait pas le poids, et c’est tragique quand on y pense.

Pour faire semblant d’être intelligent, mais sans convaincre personne, le bon Willy Schraen propose de limiter le « piégeage » aux seuls chats errants, c'est-à-dire à tous ces chats qui n’appartiennent à personne…à la question de savoir comment il compte s’y prendre pour distinguer un chat errant d’un chat qui appartiendrait à quelqu’un dans un rayon égal ou supérieur à 300 mètres, w.c., pardon, WS reste muet.

Ce n’est pas un hasard si cette brillante idée nous arrive au lendemain d’un confinement qui, manifestement, aura provoqué des dommages collatéraux irréversibles aux cerveaux de ces messieurs, le coronavirus aggrave dangereusement les inégalités entre les gens normalement constitués et les chasseurs, c’est maintenant prouvé.

On peut, on doit se demander comment ce type en est arrivé là, comment ose-t-il sortir un tel condensé de conneries, écoutons-le « Je ne le sens pas. On le voit bien, on est attaqués de toute part, on nous reproche la chasse, on nous reproche la corrida, on nous reproche les combats de coqs, on nous reproche plein de choses, alors maintenant, si on piège les chats, je ne vous dis pas à quoi ça va ressembler… »

Il ne le sent pas…

Quand la connerie tire à balles réelles…

 

P.-S. - J'ai rédigé ce petit billet avec ma Jazy sur mes genoux, ronronnante comme jamais. Ah ! les cons !

 

 

 

 

 

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