Nicolas Sarkozy (vole) au secours d’Emmanuel Macron, qui l’eût cru ?

Le clan Macron se serait bien passé des élans de solidarité dont l’Ex fait preuve à l’égard de l’actuel locataire de l’Élysée. En cause, les dépassements des dépenses de campagne du candidat Macron. Et ceux de Sarkozy...

L’affaire est délicate, voire embarrassante, pour le clan Macron qui se serait bien passé des élans de solidarité dont l’Ex fait preuve à l’égard de l’actuel locataire de l’Élysée.

En cause, les dépassements des frais de campagne d’Emmanuel Macron qui aurait bénéficié de nombreuses « largesses » de la part de certains de ses fournisseurs lors de la dernière campagne présidentielle, on cite les noms d’Eurydice et de MVision, des sociétés spécialisées dans l’événementiel.

Le montant total des « remises exceptionnelles » qui ont échappé au décompte de l’organisme chargé de certifier les comptes de campagne de Macron, le  CNCCFP, s’élèverait à 208.984,33 euros exactement.

Des « cadeaux » qui pourraient avoir fait l’objet d’un deal sous la forme de marchés accordés à ces entreprises, sans appels d’offres ou avec des appels d’offres « sur mesure », après l’élection d’Emmanuel Macron.

Une récompense et des remerciements qui font tache.

Dans le jargon politique – très technique et très sophistiqué – on appelle cela un « pay-back », un anglicisme qui en dit long sur la complexité du montage, seuls les initiés peuvent comprendre. On notera au passage que les électeurs sont rarement des initiés.

C’est dans ce contexte un peu particulier que les deux clans se sont discrètement rapprochés.

Aux manettes, mais dans le secret le plus absolu, Alexis Kohler, bras droit d’Emmanuel Macron et ci-devant Secrétaire général de l’Élysée ; face à lui Claude Guéant dont il est inutile de rappeler le rôle éminent et les missions  extraordinaires qui lui ont été confiées par l’Ex pendant plus de 20 ans ; Claude Guéant, lui-même ancien Secrétaire général du Palais, cela pourrait expliquer la confiance et l’estime que se portent, mutuellement,  les deux hommes.

Guéant et Kohler ont d’autres points en commun et pas des moindres.

  • Ils ont la confiance de leur patron.
  • Ils savent parfaitement « manœuvrer » dans des affaires très spéciales, parfois alambiquées, il faut bien le reconnaître.
  • Ils bénéficient de « réseaux » et savent frapper aux bonnes portes.
  • Ils sont prêts, l’un et l’autre, à se sacrifier pour leur chef, « à la vie, à la mort ».

Leur ressemblance ne s’arrête pas en si bon chemin.

Claude Guéant est englué dans une demi-douzaine d’affaires qui impliquent directement Nicolas Sarkozy, parmi lesquelles on citera le financement libyen, l’affaire Bygmalion et plein d’autres encore…

Alexis Kohler vient de faire une entrée assez réussie dans le microcosme politique, il aurait favorisé un armateur privé impliqué dans des discussions avec l’État et auquel il est étroitement lié.

« Prise illégale d’intérêt », « Trafic d’influence , « Enrichissement personnel » et « Corruption passive », des motifs d’instructions et de poursuites qui rapprochent encore un peu plus les deux émissaires.

Malgré la différence de génération, il n’y a pas de barrière de langage ni aucun obstacle d’ordre technique, on le voit bien, cela doit faciliter leurs échanges, ils sont sur la même longueur d'onde.

La notion de « dépassement » (des dépenses de campagne) est très relative,  dans un rapport de 1 à 100 en l’espèce (!!) entre Macron et Sarkozy : 210.000 euros pour le premier, plus de 21.000.000 pour le second.

L’écart est facile à comprendre, Macron est entré en politique il y a quatre ans à peine alors que Sarkozy a « œuvré » pendant plus de trente ans.

L’échelle n’est pas la même, mais les risques encourus sont du même tonneau, les sanctions pénales quasi identiques, à quelques ajustements près, il paraît que le délit compte plus que le montant, l’avenir le dira. L'avenir et les juges.

Juste avant leur rencontre, un déjeuner au Fouquet’s, Claude Guéant se serait rendu dans une banque pour se faire ouvrir un coffre-fort (d’une contenance théorique de 5.5 m3) dans lequel il stocke méthodiquement et amoureusement tous les discours de Nicolas Sarkozy prononcés entre la mi-décembre 2010 et le début janvier 2011.

D’après des sources bien informées, il aurait remis ces discours à Alexis Kohler dans un attaché-case noir.

À la fin du repas, juste avant d'échanger une chaleureuse poignée de main, Guéant s’adresse à Kohler et le met en garde :  « Se faire gauler pour si peu c’est ridicule, vous allez torpiller le métier, à ce compte-là, plus personne ne voudra devenir Président de la République française, il faut penser aux générations futures ».

C'est la sagesse qui parle. Et l'expérience.

Vive la République !

Vive la France !

 

 

 

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