Homards ! orages ! oh ! des espoirs ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

S’inspirant du célèbre monologue de Don Diègue – scène 4, acte 1 du Cid, de Pierre Corneille – François Goullet de Rugy s’interroge sur l’ingratitude humaine qui est en train de le submerger, la faute à un homard… Va-t-il surmonter l’épreuve ? L’espoir est encore permis.

S’inspirant du célèbre monologue de Don Diègue – scène 4, acte 1 du Cid, de Pierre Corneille – François Goullet de Rugy s’interroge sur l’ingratitude humaine qui est en train de le submerger, la faute à un homard…

Va-t-il surmonter l’épreuve ?

L’espoir est encore permis.

« À quelque chose malheur est bon » m’expliquait, il n’y a pas longtemps encore, une fan de Laeticia Hallyday-Smet – par ailleurs cousine par alliance accidentelle, un soir de folles libations à l’Assemblée nationale, de madame Séverine Goullet de Rugy, femme de ministre – qui souhaite conserver l’anonymat. Une fan pudique et discrète, c’est tout à son honneur.

Des propos optimistes et rassurants déjà entendus dans la bouche de Brigitte Macron lors du Penelopegate, l’affaire Fillon, qui commença opportunément en janvier 2017 pour s’achever en mai de la même année par le sacre inespéré de son mari, « Manu la main froide », huitième Roi de France.

Décidément le monde est petit, voire macronscopique.

Continuons un instant à flirter avec ces expressions populaires, « Le malheur des uns fait le bonheur des autres », c’est vrai aussi.

La vie politique française oscille entre ces deux approches volontaristes et cyniques du malheur, elle parvient, cahin-caha, à se frayer un chemin, certes tortueux, mais très constant à travers l’Histoire, la fameuse marque française, the french touch.

Après le Watergate, Nixon aurait été brillamment réélu chez nous, avec une écrasante majorité, au propre comme au figuré. Berlusconi serait enterré en grande pompe (?) au Panthéon.

« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends » : oui, le lent processus d’amélioration puise sa source et sa motivation dans l’obstacle et la difficulté, parfois dans l’échec ; dans la capacité des hommes et des femmes politiques à surmonter les épreuves que leur propose le diable dont la queue a des pouvoirs occultes…

Puisqu’il est question de queue :

Le scandale est au politicien ce que la queue du lézard est à la résilience : un moment de doute et d’interrogations très vite oublié quand un imprévu, ou un accident, arrive. La queue du lézard repousse, celle du politicien aussi ! réjouissons-nous pour François et Séverine qui viennent tout juste de se marier et de fêter dignement leur première Saint- Valentin.

La métaphore est osée, mais ne nous trompons pas, la comparaison s'arrête là, il y a des différences, le lézard est un petit animal très susceptible et passablement craintif, alors que l’homme politique français, lui, est totalement dépourvu d’orgueil, sans aucun amour propre, il n’a peur de rien, pas même de la justice, c’est pour cela que sa durée de vie s’éternise à l’infini.

Au tout début du Crépuscule des idoles Nietzsche rédige cet apophtegme que toutes les politiciennes et tous les politiciens français ont appris par cœur « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort », il parait que Nicolas Sarkozy se serait endormi sur cette phrase sans jamais poursuivre la lecture du livre.

L’anecdote : Sarkozy ne connait pas le mot « apophtegme », il a livré bataille avec un Larousse dans la main droite et un Robert dans la main gauche pour comprendre la signification d’un mot qu’il n’arrive toujours pas à prononcer ; après une analyse étymologique très poussée, il a décidé de remplacer « apophtegme » par « maxime ». Maxime qui ? a-t-il demandé à Claude Chirac, son amie d’alors. Ils ont rompu peu de temps après…

Revenons à nos malheurs.

Surmonter l’obstacle ! transformer un échec en succès ! faire d’une contrainte une opportunité ! Profiter de ses erreurs ! apprendre de ses échecs ! Prendre le pognon des pauvres, c’est là où il y en a le plus ! Foutre la paix aux riches !

Un défi français sans cesse renouvelé, comme le mouvement perpétuel d'une belle montre suisse, une Rolex pourquoi pas.

Prenons un exemple concret : plus aucun candidat (à la présidentielle Française) digne de ce nom n’aurait l’idée saugrenue de demander de l’argent liquide à Mouammar Kadhafi, le charismatique leader libyen, de la main à la main. IMPOSSIBLE !  

C’est complètement passé de mode.

Les prochains candidats savent maintenant que ce n’est pas bien ! avant, ils ne le savaient pas. Si Kadhafi était encore vivant, cela ne changerait rien. Sauf, peut-être, pour monsieur Sarkozy, et encore…mais cela ne remet pas en cause le principe puisqu’il n’est plus candidat à rien. CQFD !

Merci m'sieur Sarkozy.

Un autre exemple : de nos jours qui oserait encore employer sa femme comme assistante parlementaire pendant trente ans, qui, je vous le demande ? PERSONNE !

Merci m'sieur Fillon.

Plus aucun ministre du budget n’oserait planquer son argent en Suisse. AUCUN !

Merci m'sieur Cahuzac.

Aucun maire de Paris ne se risquerait à recourir à des emplois fictifs... pas mêmes à Levallois-Perret, c’est dire…basta ! c’est fini ! TERMINÉ !

Merci m'sieur Chirac.

Merci m'sieur Balkany.

Au fur et à mesure des scandales, la vie politique française s’améliore et se renforce selon une courbe asymptotique dont je vous livre, ici, la formule : courbe d'équation y = 1+4(x2 – 1)/x4 et sa droite asymptote (d) : y = 1. Courbe et droite se rencontrent pour x = 1.

Pour qui n’est pas initié, c'est-à-dire pour tous ceux qui n’ont pas fait l’ENA, Polytechnique et/ou Sciences-Po, c’est assez compliqué à déchiffrer, mais traduisons en langage accessible aux gilets jaunes, à Mireille Mathieu et aux militants de la France Insoumise, par exemple : scandale et politique ne font qu’un, c’est le sens de x = 1 ; le scandale a un ADN de droite, la gauche est vérolée, d’où la formulation courbe et droite se rencontrent pour x = 1 ; courbe parce que la gauche s’est pliée aux exigences du libéralisme à partir de 1983, mais cela, la formule mathématique ne le dit pas explicitement, c’est cadeau.

À la fin, le peuple est toujours cocu, pour résumer.

François Goullet de Rugy n’alimente pas que ses amis, il alimente aussi la « légende française » de tous ces politiciens véreux et néanmoins célèbres qui continuent de nous dévaliser en nous demandant, « en même temps » de nous serrer la ceinture.

On se fait prendre des deux côtés !

Demain, c’est juré, je me mets un string et je porte une minijupe, autant être consentant…en un mot…

Il fait partie du cercle vicieux qui gangrène le cercle vertueux qui recule quand on s’en approche ; plus on s’en rapproche et plus il recule, à la fin, comment veux-tu…que l’on ne se fasse pas en…tuber ?

À quelques exceptions près, très rares, les hommes politiques ont la chance d’exercer leurs « talents » à l’abri d’une justice à plusieurs vitesses, en mode boite automatique : le voleur de poule se fait embastiller pendant que ministres et députés bénéficient de sursis à répétition. Certains, comme Christine Lagarde, sont condamnés, mais exemptés de peine ! Une condamnation symbolique qui ne l’empêche pas de briguer la tête de la BCE malgré la gravité des faits, elle a joué avec notre pognon, et pas qu’un peu ! Lagarde la garce !

Hier soir, je suis allé diner avec Nathalie, ma femme, chez une copine, Vanessa, qui tient un petit resto en terrasse, au bord d’un lac où nous vivons, sur les bords de la Loire. Paysage de moyenne montagne, soleil, température agréable, chaude, mais pas étouffante, avec un petit vent frais revigorant.

Nous avons commandé des gambas avec un petit Bourgogne à vingt-sept euros, oui, un vin rouge avec des gambas, parfaitement, je fais ce que je veux, merde à la fin…assis à une table voisine, un jeune père de famille aux yeux pleins de malice, avec femme et enfants, m’interpelle en me lançant, haut et fort pour que tout le monde puisse l’entendre « à la place des gambas vous n’auriez pas préféré un homard ? »

Tout le resto s’est marré !

C’est bon signe.

Je n’ai jamais bouffé de homard…je n’en ai pas honte.

Allez, dégage, bouffon !

PS : curieusement, le mot « malheur » est riche d'expressions populaires, à celles citées ajoutons la très prometteuse « un malheur n'arrive jamais seul » et la réjouissante  « Resterait-on enfermé chez soi que le malheur pourrait venir du ciel ». Un petit dernier pour la route qui promet d'être longue pour Culot de Rugy, l’encourageante  « Ô malheur ! Je te rends grâce, si tu es seul ».

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.