Un dîner de cons

Hier soir, une petite vingtaine de députés LR se sont réunis autour d’un dîner pour tenter de sauver les meubles...

Hier soir, une petite vingtaine de députés LR se sont réunis autour d’un dîner pour tenter de sauver ce qui est encore sauvable.

Mission désespérée, ou impossible, opération de la dernière chance pour un naufrage annoncé, Fillon dévale la pente des sondages à une vitesse de plus en plus impressionnante, les chronomètres s’affolent, 70 % des Français ne lui font plus confiance.

Ah bon ? s'interroge un Jean-François Copé étrangement serein.

Normal : avec une Pénélope au fartage et des enfants à l’aiguisage, un team de vrais winners, la vitesse aidant, il fallait s’attendre à un exploit sportif hors normes, le chemin le plus court pour s’écraser contre un mur reste la ligne droite, l’exemple de Sarkozy aurait dû l’inspirer… mais non !

D’ailleurs, on est rétrospectivement admiratif avec Raymond-Nicolas Sarkozy-La Science, le bonhomme force le respect : il a su louvoyer pendant une trentaine d’années au beau milieu d’une douzaine d’affaires sans se faire prendre là où Fillon se fait dézinguer en un mois ! qui plus est par un vulgaire petit palmipède…

La honte !

Le mur du son n’est plus très loin, le « bang » supersonique risque de retentir à tout moment, juste avant la date limite de validation des candidatures par le Conseil Constitutionnel, le vendredi 17  mars, après-demain.

Pas impossible que l’onde de choc se produise – puis se propage – d’ici à vendredi après-midi, juste avant le 20 heures, je vois déjà la tête décomposée de Laurent Delahousse de la Droite et du Centre…les lunettes en travers du visage pour se donner une contenance, les yeux humides, la lèvre tremblante.

Fillon connait son dossier sur le bout des doigts, il sait que le Parquet National Financier va le poursuivre sous une forme ou sous une autre, c’est pourquoi il nous prévient que ses enquêtes sont illégales, lui qui avait pourtant expliquer qu’une mise en examen le disqualifierait automatiquement : il s’était bouffer un bras, il tente une greffe par anticipation.

Avant-hier, un de mes amis, Francis, me faisait justement remarquer que ce n’est pas donné à tout le monde de contester la légitimité d’un Parquet national et la légalité d’une enquête préliminaire : vous vous imaginez, vous, en train de dire à un juge « écoutez, cher ami, il m’est impossible de vous reconnaître la moindre compétence dans cette affaire qui m’oppose à l’Etat, je vous demande donc de vous dessaisir immédiatement de mon dossier ».

C'est à ces "petits rien" qu'on reconnait nos élites, pris la main dans le pot de confiture ils contestent le bien-fondé d'une "justice malveillante et orientée".

Ben voyons !

Il a raison mon Francis ! INIMAGINABLE !

Inutile de philosopher sur le cas Fillon, inutile également d’écouter Dupond-Moretti qui ne sait plus à quelle frite se fier, entre séparation des pouvoirs et exigence de transparence, le pire ennemi du « candidat de la droite et du centre » est et reste sa femme : elle a spontanément déclaré qu’elle n’avait jamais travaillé pour son mari, ni de près ni de loin…elle l’a répété…pas une fois, pas deux fois, pas trois fois mais à sept reprises au travers de différentes interviews sur plus de trois ans !

J’ai hâte de voir sur quoi va déboucher le dîner de cons d’hier soir.

Au dessert je leur conseillais l'Alleluia de Castelnaudary, une pâte à choux glacée de losanges d'angélique, un étouffe-chrétien un rien roboratif à digestion lente, très lente, il parait qu'ils ont finalement opté pour une religieuse, on ne se refait pas.

En fait je sais : ils vont décider de voter Marine Le Pen : emploi fictif pour emploi fictif, autant voter pour celle qui est encore en course.

C’est logique, non ?

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