La curie romaine tire le diable par la queue...

La curie romaine traverse une crise très profonde, après l'affaire Barbarin, l'affaire du nonce apostolique, Mgr Ventura. Des scandales à répétition aux Etats-Unis, au Chili, en Allemagne. Face aux drames et à l'urgence, Il faut trouver des solutions, en voici une...

Une enquête pour « agression sexuelle » est ouverte par le parquet de Paris depuis fin janvier, elle vise l’ambassadeur du Vatican auprès du gouvernement, Mgr Luigi Ventura, un homme âgé de 74 printemps extrêmement fougueux.

Le nonce apostolique aurait laissé trainer ses mains baladeuses et néanmoins libidineuses sur le corps d’un jeune cadre de la mairie de Paris chargé de l’accueillir lors d’une somptueuse cérémonie des vœux organisée à l’Hôtel de Ville par Anne Hidalgo, le 17 janvier dernier.

Le nonce brûle d’un feu incandescent mal placé et n’arrive pas à maîtriser ses pulsions homosexuelles dès qu’il entre en contact avec un jeune homme.

À moins de quatre mètres, c’est l’embrasement spontané de sa soutane.

« Lors de ces vœux, un agent de la ville a été victime de manière répétée, par trois fois, d’attouchements sexuels, de mains aux fesses assez poussées, dont une fois devant témoin »

L’attaque était donc à la fois sournoise puisque par « derrière » ; répétée, c'est-à-dire volontaire ; et enfin parfaitement obscène, c’est ce qu’il faut entendre par cette expression pleine d’une pudeur bien compréhensible, par ailleurs « de mains aux fesses assez poussées ».

Cette nouvelle affaire vient illustrer le malaise qui règne au sein d’une curie romaine qui ne sait plus comment elle s’appelle suite à une multitude de tête à queue très embarrassants.

Après l’affaire Barbarin qui doit le salut de son âme à Dieu, si j’ai bien compris (ce qui fait de Dieu son complice), après des scandales à répétition aux États-Unis, au Chili et en Allemagne, le pape ne cacherait plus son irritation, les victimes non plus, mais c’est un autre problème « Tengo el culo entre dos aguas » se lamenterait-il, ce qui en bon français se traduit par « j’ai le cul entre deux chaises ».

Il va falloir choisir, très Saint-Père, où poser l’arrière-train enflammé de vos ministres, j’ai bien peur qu’à force de se planquer la tête sous l’oreiller il ne vous arrive malheur, à vous aussi, vous êtes dans un cul-de-sac, il faut affronter le problème même au risque d’un torticolis. Le danger est derrière vous, on le voit bien après l’attaque hypocrite de Mgr Ventura. Soyez prudent !

Frédéric Martel vient de sortir un livre dont le titre prometteur et plein de sous-entendus donne l’eau bénite à la bouche « Sodoma : enquête au cœur du Vatican ».

Je ne sais pas si l’auteur a voulu faire de l’humour en expliquant que son enquête se focalisait sur le « cœur » du Vatican, la nature des scandales et l’anatomie humaine m’auraient plutôt poussées à choisir une autre partie du corps humain dont le nom, curieuse coïncidence, commence également par la lettre « c », mais passons.

Martel explique qu’il a fait l’objet de plusieurs tentatives de « séductions » lorsqu’il a mené son enquête au siège du Vatican, à Rome, l’ardeur des évêques n’a rien à envier à celle des harders classiques. Rocco Siffredi bientôt « canonisé » ? Il va aimer, le bougre…

Je suis l’ennemi déclaré de l’homophobie, depuis mon plus jeune âge ; à seize ans à peine, je suis venu au secours d’un garçon qui se faisait agresser à la sortie du lycée par une bande de jeunes beaufs à cause de ses préférences sexuelles, il avait fait son coming out en classe, nous étions en 1970, chose très rare à cette époque.

Frédéric Martel s’approche tout doucement et flirt avec l’outing sans jamais donner de noms, mais c’est tout comme.

La pression monte, des scandales d’un côté, des menaces de l’autre. Si le coming out des curés n’est pas pour demain, l’outing, par contre, est pour bientôt.

N’en déplaise aux électeurs de Macron qui sont les mêmes que ceux de Fillon et de Christine Boutin, je suis un chaud partisan du mariage pour tous et pour toutes.

Il faut prendre le taureau par les cornes et autoriser le mariage entre prêtres, c’est urgent ; autoriser aussi, pourquoi pas, le mariage hétérosexuel des prêtres, mais sans se faire trop d’illusions, apparemment il y aurait très peu de candidats, Boutin nous fera une dépression, une de plus, déjà qu’elle est à la ramasse...

Allons au bout de notre logique, soyons vraiment « progressistes », disons « oui » à la GPA pour nos amis les curés, les prêtres, les évêques, et tous ceux qui portent robes et soutanes.

Je vois d’ici une annonce du Figaro : « Monseigneur Barbara et son mari, le révérend Père Simon, ont la joie d’annoncer la naissance de Béatrice qui, après s’être fait attendre pendant 9 mois et avoir rendu ses trois parents très impatients de la rencontrer, a enfin daigné pointer le bout de son nez le 25 juillet 2020. Elle nous rend très heureux et nous avons hâte de vous la présenter ! »

Ça aurait une de ces gueules !

S’il est vrai que la religion est le plus court chemin pour aller de la bêtise à la barbarie, il n’en reste pas moins qu’on a le droit de rêver un peu, non ?

Mais non ! je déconne !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.