Il faut beaucoup de macronnards pour faire prospérer la macronnerie

Bien que ridicule et inconsistant, le macronnard avance d’un pas sûr vers un but qu’il ne connait pas, son destin est d’être convaincu sans pouvoir être convaincant. Sa fougue et sa passion viennent de là, il comble un vide, il y met beaucoup d’ardeur, la fosse est profonde…

Bien que ridicule et inconsistant, le macronnard avance d’un pas sûr vers un but qu’il ne connait pas, son destin est d’être convaincu sans pouvoir être convaincant.

Sa fougue et sa passion viennent de là, il comble un vide, il y met beaucoup d’ardeur, la fosse est profonde…

Il ne sait pas d’où il vient, il ne sait pas où il va, mais il ne doute pas, d’ailleurs il ne doute de rien, il avance, c’est sa seule raison d’être, le mouvement lui tient lieu de programme, son ambition repose tout entière sur la notion de déplacement.

Le courant d’air est son ami, ils se ressemblent.

Le macronnard n’a pas de cerveau, il a une paire de basquets.

La gestation pour autrui lui pose un problème de fond, il est « contre » pour ne pas se mettre à dos ses nouveaux amis retraités niçois natifs de Versailles, mais il est parfaitement conscient du fait qu’il a été enfanté par une mère porteuse non identifiable inséminée par un père improbable dont l’ADN est par nature trompeur.

Orphelin, il est l’enfant de tout le monde.

Le macronnard actif vit en région parisienne, fait son footing au Bois de Boulogne et part en vacances aux Baléares ; c’est un révolutionnaire éclairé, sage et modéré, mais déterminé à faire triompher le rêve libéral, car le macronnard est avant tout le mec plus ultra du libéralisme, c’est un fanatique du capitalisme financier qu’il maquille en pseudo bienveillance, un mot qui revient souvent dans sa bouche en cul-de-poule et qui claque comme une menace après deux ans de pouvoir, à chaque fois que je l'entends, je serre les fesses. Polyglotte et ambitieux, il a le tutoiement facile, il se fait des ami(e)s au Bois en parlant brésilien, espagnol ou anglais. Il se mettra au russe, c’est certain, la solitude lui fait tellement peur.

Il paye pour se faire aimer.

Le macronnard résume à lui seul toute la complexité humaine, Rousseau dans Voltaire, Nietzsche dans Marx, Hugo dans Céline, Sartre dans Camus, de Gaulle dans Pétain, Pompidou dans Mitterrand, Johnny Halliday dans Charles Aznavour, Renault dans Fiat, entrepreneurs dans chômeurs ; ses références culturelles sont essentiellement masculines, la faute, sans doute, à l’image de la mère renvoyée par sa femme, puisqu’en effet, le macronnard est marié à une femme intelligente, une suffit…après c’est ingérable !

Le macronnard est un bricoleur touche-à-tout, piètre cuisinier par ailleurs, mais on ne peut pas être bon partout.

Sa passion pour le bricolage est très récente, il tâtonne, il essaye, il se hasarde en multipliant les expériences les plus folles, sa hardiesse lui joue des tours, mais il persiste, car c’est un entêté.

À nos risques et périls.

Un court-jus ne lui fait pas peur, un incendie non plus, une bassine débordante d’eau à côté d’une rallonge multiprise dont les fils dénudés brûlent d’impatience le motivent au plus haut point, il veut prouver urbi et orbi qu’il peut le faire, qu’il est seul capable de le faire…il agite la bassine de plus en plus fort, frénétiquement, l’eau finit par déborder et éclabousse tout, le disjoncteur entre en action. Les dégâts sont mineurs, les assurances paieront. Nos impôts servent à cela, c’est bien fait.

On a failli y passer. La prochaine fois, peut-être…

Le macronnard aime la corde qui va le pendre, c’est pour cela qu’il les collectionne. Il habite une belle maison au style normand, avec poutres apparentes à tous les étages…toutes les maisons normandes se ressemblent, elles sont construites sur le même modèle…une secte, un suicide collectif, un ethnocide politique néolibéral programmé. Le macronnard en redemande, il est devenu expert en nœuds marins, le nœud de voleur en particulier.

Le macronnard est heureux, il croit dur comme fer qu’il est le plus intelligent, que le « compromis » est possible, qu’il est même nécessaire, voire vital. Ah ! si seulement Jacques Brel avait su danser comme Claude François ! Imaginez Édith Piaf dans le corps de Monica Bellucci, l’inverse n’aurait aucun sens, en effet.

Il a raison.

Son instinct grégaire le pousse à agrandir le champ sur lequel paissent déjà moutons, chèvres et ânes bâtés, le macronnard aime la compagnie, il se fera des amis, plein d’amis ; ou alors il disparaîtra comme il est arrivé, par hasard.

La macronnerie peut devenir envahissante, elle est déjà bien avancée, la garce !

En 2027, elle aura terminé de privatiser la France sous l’œil goguenard de macronnards béats et repus.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.