La testostérone pousserait les hommes à acheter des produits de luxe

Une étude récente et sérieuse démontre qu'il existe une corrélation étroite entre le taux de testostérone circulant et les pulsions d'achat : plus le taux est élevé et plus les acheteurs sont attirés par des produits de luxe. Les chômeurs et les pauvres auraient donc un taux de testostérone extrêmement bas...

Une étude récente publiée le 3 juillet par Nature Communications, prouve qu’il existe une corrélation étroite, jusqu’à lors insoupçonnée, entre la testostérone et les pulsions d’achat et les préférences des consommateurs. Masculins. Les femmes comptent pour du beurre, c’est bien connu.

L’étude a été menée par des chercheurs de la Wharton School, une école de commerce à Philadelphie. Comme quoi le commerce mène à tout…

243 hommes ont participé à l’étude, la moitié a avalé des pilules placébo, l’autre moitié a été bourrée de testostérone.

Le résultat a été immédiat :  « les hommes qui avaient reçu les doses de testostérone montraient une plus grande préférence pour les produits associés à un rang social plus élevé (comme une marque de luxe) ». Posséder des produits de luxe permettrait de se démarquer socialement en affichant un confortable pouvoir d’achat.

Un des chercheurs fait le parallèle entre le comportement humain et le comportement animal, avec la queue du paon ou les bois du cerf en particulier, il fallait s’y attendre étant donné la nature machiste du problème tel qu’il est présenté : « Cet effet (de la testostérone) est apparenté au comportement des animaux, chez qui la testostérone augmente généralement pendant la saison de reproduction et favorise l’envoie de signaux aux partenaires ou concurrents potentiels ».

Sous réserve d’une analyse un peu plus détaillée, cette étude suscite de nombreuses interrogations et doit s’accompagner de quelques réserves.

Contrairement à une idée trop répandue, les femmes, elles aussi, disposent de cette hormone dite « mâle », la testostérone complète utilement les œstrogènes et la progestérone. Chez la femme, la testostérone serait à l’origine du désir et du plaisir charnel sans lesquels la reproduction deviendrait vite une corvée, on pense immédiatement à Christine Boutin. C’est une question de dosage et d’équilibre, de subtils mélanges, car tout est subtil chez les femmes, sauf chez Madame Boutin.

Un excès de testostérone ajouté à un déficit de progestérone condamnent les femmes à une pilosité inhabituelle autant que voyante comme on peut le constater encore chez Madame Boutin.

Plus un homme est riche et plus il serait séduisant.

A contrario, moins un homme est riche et moins il serait séduisant.

Comme chacun sait, les hommes riches et séduisants sont très rares alors que les hommes pauvres sont de plus en plus nombreux, sur tous les continents.

Être beau ne suffit donc pas pour séduire ; être laid n’est pas forcément un handicap.

L’esthétique n’a rien à voir avec le sujet. La morale non plus, au sens de l’équité en tout cas…d’ailleurs la morale n’est pas abordée dans l’étude.

Un homme parfaitement laid et repoussant, mais riche a des arguments convaincants à faire valoir  face à un Adonis des banlieues au chômage et sans le sou qui n’intéresse personne.

Le pouvoir de séduction est directement proportionnel au taux de testostérone circulant.

C’est acté.

La race humaine court donc un grand danger, son avenir est sérieusement compromis, les rues seront bientôt hantées par des hordes de gueux en haillons avec un taux de testostérone très faible défilant sous les yeux goguenards et survitaminés de Bernard Arnault et de François Pinault, je parle de nos rues françaises, on l’aura compris. Partout pareil, de Calcutta à New York.

Le capitalisme financier (ou le libéralisme économique) est la technique la plus sûre pour booster le taux de testostérone d’une infime minorité d’hommes et, « en même temps », le moyen le plus radical et le plus efficace pour multiplier les pauvres comme d’autres multipliaient les pains, sans parler d’Alexandre Benalla que tout le monde a déjà oublié.

Emmanuel Macron a été adoubé par tous ces riches pour intensifier et accélérer le processus, c’est la tâche qui lui est assignée, reconnaissons que ces débuts sont extrêmement prometteurs, ils ont choisi le meilleur, ils se gavent, la testostérone dégouline de leurs yeux.

D’après Yvonne, ma voisine, la femme de Christian, « Emmanuel Macron est très beau… » je l’interromps immédiatement, légèrement agacé, « mais cela n’a rien à voir avec notre sujet, Yvonne, être beau ou laid ne change rien à la chose, Macron est riche, c’est un ancien banquier, Macron est bourré ras la glotte de testostérone, lui aussi,  Macron est ultra libéral, un point c’est tout ».

Parfois Yvonne est…déroutante.

Elle ajoute :

« En établissant une corrélation entre le taux de testostérone et le désir d’acheter des produits de luxe, l’étude menée par tes chercheurs de la Wharton School a l’air de sous-entendre  que la femme serait, je dis bien serait au conditionnel, un de ces produits de luxe…et ça, c’est parfaitement odieux et stupide, Bruno » me dit-elle, plus courroucée que jamais.

Ouah !

Si j’en crois ce qu’est en train de me dire mon Yvonne, le capitalisme financier considérerait la femme comme un vulgaire « produit »,  au même titre qu’une automobile, qu’un vélo à assistance électrique ou pire, qu’une lampe de chevet, un grille-pain…une ampoule ! un boulon !!

Finalement Yvonne n’a pas entièrement tort, le libéralisme a tout acheté, c’est de la testostérone à l’état pur, un concentré de connerie masculine à haute teneur en produits toxiques avec des effets hallucinogènes  dévastateurs, l’andropause n’y changera rien, c’est déjà  prouvé.

Tout d’un coup, ma dimension «  docteur Jekyll » cède la place à mon côté « mister Hyde » qui en profite pour prendre  immédiatement le pouvoir sur mon esprit et sur mon corps, devant mes voisins ahuris et médusés qui écarquillent leurs grands yeux en m'écoutant :

« Et si on injectait des doses massives de testostérones aux pauvres, aux sans-abri, aux Rmistes, aux étudiants, aux cheminots, aux retraités et aux classes moyennes d’hier, que se passerait-il ? 

La testostérone pourrait devenir une arme révolutionnaire vraiment redoutable, non ?

Aux seringues, citoyens ! piquons ! piquons ! qu’un sang impur bourré de testostérone inonde nos artères ! »

Il est 15 heures, je sors des vapes d’une sieste tourmentée, je suis trempé de sueur, mon cœur bat à toute vitesse. Le rosé ? L’apéro  avec Christian ? La fatigue à cause de la voix nasillarde d’Yvonne ? L’âge ?

Il faut absolument que je relise l’étude de la Wharton School, il y a peut-être quelque chose que je n’ai pas compris.

Ils n’ont pas parlé de Benalla, ni de Boutin…

Mais de Macron, si, ça j’en suis sûr !

 

 

 

 

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