La Grande Magouille

La Grande Magouille est un film écrit et réalisé par Nicolas Sarkozy sur des dialogues de Paul Bismuth. Le film raconte la saga d’une bande de copains issus du 9.2 partis à l’assaut du Palais de l’Élysée, métaphore du célèbre camp militaire de Fort Knox où est entreposée la plus grande réserve d’or du monde…une tragi-comédie française, entre la Grande Vadrouille et Goldfinger !

La Grande Magouille est un film écrit et réalisé par Nicolas Sarkozy sur des dialogues de Paul Bismuth. Le film raconte la saga d’une bande de copains issus du 9.2 partis à l’assaut du Palais de l’Élysée, métaphore du célèbre camp militaire de Fort Knox où est entreposée la plus grande réserve d’or du monde…une tragi-comédie française, entre la Grande Vadrouille et Goldfinger !

Pour réaliser ce film ambitieux, Nicolas Sarkozy s’est heurté à de très nombreux obstacles : aucun acteur célèbre, aucune actrice n’ont accepté de prêter leur nom à cette aventure « loufoque et assez peu crédible » aurait dit Guillaume Canet, un moment pressenti pour jouer le rôle principal, celui de Nicolas Sarkozy. Marion Cotillard, l’épouse à la ville de Guillaume et mère de ses enfants, aurait, quant à elle, refusé de jouer le rôle de Carla Bruni pour « convenance personnelle » ajoutant un commentaire sibyllin autant que laconique « faut quand même pas déconner » …

Les producteurs ont refusé de financer un film dont le budget est jugé « a priori pharaonique » par Luc Besson en personne, un Luc Besson qui n’a pourtant pas la réputation d’être près de ses sous ni de ceux des autres, d’ailleurs. Mais très près de ses actrices, on ne peut pas être partout.

Tourné en décors naturels à Paris, à Neuilly-sur-Seine, à Tripoli, à Doha, à New York, dans les plus beaux palaces, les meilleurs restaurants, le poste « Voyages et hôtellerie » à lui seul est estimé à un peu plus de 42 millions d’euros, soit deux fois le plafond autorisé pour une campagne présidentielle !

Le nombre colossal d’allers-retours entre les nombreux protagonistes français et les trois responsables libyens représente près de 30 % de l’enveloppe totale ! soit 12 millions d’euros quand même. « Pas raisonnable » aurait dit Carlos Ghosn qui est le seul à avoir accepté de jouer son propre rôle, on le voit à Paris, à Boulogne-Billancourt, à Tokyo et à Beyrouth ; soyons précis, entre Tokyo et Beyrouth on le devine plus qu’on ne le voit, il est recroquevillé dans une petite malle censée contenir deux pipos ! c’est un peu gros, mais c’est crédible. Il est vraiment tout petit, Ghosn, surtout quand il prend l’avion…Ghosn with the wind !

La BNP s’est opposée au projet en arguant du fait que ses coffres sont « beaucoup plus grands et beaucoup plus confortables que ce que veut bien en dire monsieur Guéant » …

Décidemment, quand ça veut pas, ça veut pas…

Pour donner encore plus de crédibilité à son projet, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à solliciter les services de Fabrice Arfi, de Karl Laske et de Laurent Mauduit pour compléter voire réécrire une partie du scénario, cela concerne principalement les déplacements en Libye et accessoirement Bernard Tapie. Curieusement rien sur le Qatar. Rien pour l’instant…

Si on en croit maître Thierry Herzog, Edwy Plenel n’a eu aucun mal à dissuader Nicolas Sarkozy de faire appel à ses amis. On aimerait être dans la confidence…soit Sarkozy est influençable, soit Plenel est très persuasif.

Pour ceux et celles qui s’intéressent aux chiffres, il vous suffira de savoir que le budget total de « La Grande Magouille » est égal à 276 fois le plafond des dépenses autorisées pour une campagne présidentielle, un chiffre qui n’a pas l’air de faire peur à Nicolas Sarkozy.

Il semblerait, d’ailleurs, que depuis quelque temps déjà, Nicolas Sarkozy calcul tout sur la base d’un « Équivalent Plafond des Dépenses Présidentielles », ou EPDP, c’est vrai que c’est assez simple, l’idée d’un multiplicateur par 22 (millions d’euros) n’est pas complètement idiote, reconnaissons-le.

En quinze ans, il a eu le temps de peaufiner sa méthode de calcul.

Sans doute grisé par le succès de librairie suite à la parution de son dernier livre, et devant tant d’obstacles, Nicolas Sarkozy aurait finalement décidé d’autofinancer son film, c'est-à-dire de le financer « en fonds propres » ce qui aurait fait bondir son avocat, la notion de « fonds propres » serait un terme « inapproprié » selon maître Herzog qui sait de quoi il parle.

Des fonds propres ne peuvent pas être, par définition, des fonds libye-dix nœuds...dix au moins !

Loin de nous l’idée de spoiler le film, mais sachez tout de même que si ce film est catalogué dans la série des tragi-comédies, ce n’est pas pour rien…

Un indice tout de même, un certain Emmanuel Macron fait une courte, mais très brillante apparition, le rôle d’Emmanuel Macron est tenu par Jérémie Renier qui jouait le rôle de Claude François dans « Cloclo », le biopic réalisé par Florien-Emilio Siri.

Précisément, quand Jérémie Renier-Cloclo-Emmanuel Macron vient serrer la main de son « ami » Nicolas Sarkozy, il reprend l’air de « Sale Bonhomme » sur ces paroles :

« Sale bonhomme était le pire des hommes qu'on ait jamais vu, oui sale bonhomme, oh ! quelle salle personne ! un monstre en somme, Il détraquait tout les machines à sous et le téléphone… »

Quelle lucidité !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.