Je fais à la France le don de mes retraites pour atténuer son malheur

Quel courage ! quelle abnégation ! quel sacrifice ! Et quel exemple ! Si ce n’est pas de la solidarité, peut-être même de la compassion…ou alors je n’y connais rien ! Emmanuel Macron renonce dès aujourd’hui à sa retraite de président, il refuse aussi de siéger au Conseil constitutionnel...

Quel courage ! quelle abnégation ! quel sacrifice !

Et quel exemple !

Si ce n’est pas de la solidarité, peut-être même de la compassion…ou alors je n’y connais rien !

C’est un message envoyé à la CGT, à FO, à l’UNSA et à la CFDT, tous des pisse-vinaigre, Emmanuel Macron renonce dès aujourd’hui à sa retraite de président, il refuse aussi de siéger au Conseil constitutionnel, il abandonne ainsi pas moins de 216 000 euros de revenus annuels cumulés.

Ce qui représente tout de même 180 SMIC nets pour une seule année…ça force le respect.

Sachant que le Maréchal président Macron aura 45 ans à l’issue de son actuel mandat, sachant également que son espérance de vie est de 83 ans, ce sont 8 208 000 euros que les actifs français n’auront pas à sortir de leur poche pour payer un ex à ne rien faire.

Peut-être plus si on considère que l’exercice d’un mandat de président pendant 5 ans est un peu moins pénible que le métier de conducteur de métro qui, lui, passe une bonne partie de sa vie dans un tunnel sombre ; sans parler des maçons, des couvreurs, de tous les ouvriers qui travaillent en 3x8, des infirmières, des aides à la personne et autres AESH…Si par bonheur Emmanuel Macron devenait centenaire (en 2077) la France aura économisé 11 880 000 €…

C’est statistiquement admirable !

Curieusement le MEDEF n’a pas cru opportun de commenter cette décision, les grands patrons du CAC 40 sont en train de cogiter, ils calculent, analysent les chiffres, c’est extrêmement compliqué.

Effectivement entre les golden hello, les golden parachutes, les rémunérations officielles, les innombrables jetons de présence et les dividendes comment faire ? Par quel bout commencer ? Un véritable casse-tête. Ils envisagent une solution astucieuse autant que discrète : mettre en place un système de retraite par capitalisation financé grâce aux ressources générées par les délocalisations fiscales dont on ne dira jamais assez qu’elles sont parfaitement légales.

C’est très très malin. Ben si, c’est malin de chez malin ! Recycler du black, il fallait y penser, mais nous n’y sommes pas encore.

Le palais de l’Élysée a communiqué en ces termes « Le Président a décidé qu'il ne s'appliquerait pas cette loi (de 1955, c.-à-d. le régime actuel) à court terme en 2022 ni en 2027 en cas de deuxième mandat. Un nouveau système sera créé dans le cadre du futur régime universel par points ».

En clair cela veut dire que le président est un citoyen comme les autres, ce qui en rassurera certains et en inquiètera d’autres. Il se soumet à la loi qu’il ambitionne de faire voter rapidement sans attendre le résultat des votes, sans se préoccuper ni des négociations en cours avec les partenaires sociaux ni des éventuels amendements parlementaires.

En un mot il est confiant. CONFIANT !

À force de brouter la même herbe que le LR il finit par ressembler comme deux bouses de vaches à Christian Jacob et à Éric Woerth. Il n’a pas que LR de droite, d’ailleurs.

Mais attention, n’y voyez pas une vulgaire manœuvre politique destinée à séduire un électorat de droite en mal de leader charismatique !

Non, bien sûr, voyons !

Pourtant du charisme, il en a le Macron ! à revendre ! des brouettes entières ! ou des wagons, c’est de circonstance.

Parfois je me dis que vous êtes naïfs et malveillants, arrêtez de croire tout ce que disent les Mélenchon, Berger, Martinez et Veyrier, enfin !

Que des aigris, des gagne-petit, des moins que rien. Des médiocres !

Des pisse-vinaigre, redisons-le bien fort !

« Le Président a décidé qu'il ne s'appliquerait pas cette loi à court terme en 2022 ni en 2027 en cas de deuxième mandat ».

Premièrement – excellente nouvelle – cela veut dire qu’il est candidat à sa propre succession, deuxièmement – restons prudents, modérons nos ardeurs républicaines – cela veut dire aussi qu’il n’est pas absolument sûr et certain d’être réélu, un malheur est toujours possible, un malheur qui pourrait prendre les traits de Nicolas Hulot, François Baroin, Valérie Pécresse ou de Xavier Bertrand qui feraient trébucher la terrible et éternelle Marine Le Pen, la candidate préférée de LaREM.

Ne parlons pas de malheur.

À propos de malheur reconnaissons qu’Emmanuel M est parfaitement lucide sur l’état d’esprit des Français puisqu'il n’hésite pas à parler de « malheur » qu’il dit vouloir « atténuer », le gentilhomme.

Quand je pense qu’un conducteur de métro se bat pour 20 ou 30 malheureux euros par mois alors que notre président est prêt à en abandonner 18 000 ! de notre poche !!

Mais où va-t-on ?

Que dire de ceux qui gagnent plus de 10 000 euros mensuels ? Hier ils payaient une cotisation de 28 %, demain, grâce à Macron, ils n’en payeront plus que 2.8 % à partir de 10 001 euros…et sans augmenter leurs droits en termes de retraite. Une sorte de don, un cadeau quoi, c’est aussi cela la macronerie, personne n’est oublié, pas même les riches.

Un, je ne prends plus le métro, et deux je ne voyagerai plus jamais en train.

Quand j’écoute le Premier ministre, Le Maire ou Dard-Malin, peu importe, ils nous expliquent tous que pour résorber un (hypothétique) déficit des retraites de 14 milliards d’euros ils ont réussi un tour de passe-passe, voire un exploit qui fera date : mettre en place une réforme financière grâce à laquelle on va éponger tout le déficit jusqu’en 2177, mais sans aucun perdant, il n’y a aura que des gagnants, enseignants, infirmières, SNCF, RATP, fonctionnaires…

Sans plaisanter, je pense que le Nobel d’économie pend au nez d’Emmanuel Macron, même les Américains nous l'envient…c'est vrai que nous avons de la chance, il est unique.

C’est curieux, mais depuis que je suis macroniste je me sens plus…plus…comment dire ? Plus... léger ? Non pas ça…plus souple ? Non plus, non, je ne sais pas.

Plus con qu’errant, peut-être.

C’est indéfinissable, en fait.

Pas moins con, non, évidemment, n’exagérons pas.

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