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Billet de blog 25 nov. 2021

Un monde merveilleux !

Pour les personnes nées entre 1950 et 1960, un constat s’impose : nous vivons une époque formidable ! Pour les plus jeunes, pour les étudiants, pour les ados aussi, un monde merveilleux leur tend les bras. Dans tous les domaines !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pour les personnes nées entre 1950 et 1960, un constat s’impose : nous vivons une époque formidable, bien plus excitante que ce que nous avons connu dans les années 70-80.

Pour les plus jeunes, pour les étudiants, pour les ados aussi, un monde merveilleux leur tend les bras, un monde fait de belles promesses, très accueillant, plein de bonnes surprises.

Dans tous les domaines !

Pour la tranche d’âge des octogénaires et des nonagénaires, né(e)s à partir de 1930, il est un peu trop tard pour profiter pleinement des plaisirs que propose notre civilisation moderne : ils sont vieux, malades, arthritiques, en passe d’être emportés par la 5e vague du Covid, dépassés par internet, incapables par exemple de jouer à Plague Inc qui vous met aux commandes d’une épidémie avec pour seul objectif d’éradiquer toute forme de vie sur la planète, un jeu à la fois excitant, drôle, rassurant et optimiste ; un jeu grâce auquel on ne voit pas le temps passer, ce qui, pour des mourants, aurait pu être utile sur le plan psychologique. Et familial. Et économique, il faut penser aux retraites, la durée de vie ayant, malheureusement, tendance à s’allonger dramatiquement.

On ne parle pas ici des centenaires, il suffit de les observer cinq minutes pour comprendre que leur égocentrisme qui les pousse à s’accrocher à leur misérable et triste vie est une torture qui ne dit pas son nom. Nonobstant le dégoût qu’ils inspirent aux enfants.

Les vieux sont repoussants, les vieilles encore plus.

De toute façon, les vieux ne servent plus à rien, c’est encore plus vrai pour les vieilles qui, ne l’oublions pas, sont des femmes, il y aurait beaucoup à dire sur les femmes…

Les très jeunes ont l’âge d’aller au catéchisme et n’intéressent de ce fait qu’une minorité, des prêtres, des curés ou des abbés pour citer les plus utiles à notre merveilleuse civilisation, ce n’est pas Monseigneur Barbarin qui nous contredira.  À son propos, je trouve que son absence se fait durement ressentir (sa présence aussi...), j’espère que ce (double) constat ne choquera personne.

Dans les années 70-80 nous avons eu la chance, certains diront le bonheur, de vivre l’union de la gauche imaginée et orchestrée par un homme de droite, adoubé et décoré par l’extrême droite française inspirée par Charles Maurras dont la doctrine prônait un retour à la monarchie héréditaire tout en se revendiquant d’un solide antisémitisme, d’un anti-protestantisme déterminé et d’une xénophobie de bon aloi, des valeurs que nous avons eues le tort de négliger jusqu’au règne du très regretté Jacques Chirac, un homme du peuple, un vrai.

En effet, qui peut sérieusement nier que l'odeur de la merguez est désagréable ? Personnellement, je préfère nettement l'odeur de la chaussette humide et chaude d'un gendarme qui a couru toute une journée après une bande de gilets jaunes. C'est à cela que l'on reconnait une contre-révolution, à de petits détails, il n'y a pas de honte à renifler les chaussettes des gendrames gendarmes.

Nous parlons de la IIIRépublique – Maurras – précision pour celles et ceux qui confondraient avec l’époque actuelle qui s’est enrichie d’un très puissant mouvement en faveur des musulmans « assimilés », une denrée extrêmement rare, très minoritaire et discrète, ce qui, pour des musulmans, est quand même très appréciable. On en voit tellement !

Comme Éric Zemmour nous sommes pointilleux dès qu’il s’agit d’histoire.

Mais revenons à Francisque Mitterrand.

Ce sont ces racines culturelles qui l’ont poussé à se servir du Front National pour mieux diviser la droite dite « républicaine » qui, petit à petit, sous la pression et par un phototropisme politique logique s’est rapprochée de la sémantique de l’extrême droite, on le constate aujourd’hui ; cette manipulation politique exceptionnellement efficace à enfanter Alain Bonnet, dit Alain Bonnet de Soral ou Alain Soral puis Éric Zemmour, des penseurs avertis qui ont utilement remplacé Michel Foucault, Gilles Deleuze, Jacques Derrida et Vladimir Jankélévitch, tous juifs ou assimilés. Et de gauche pour certains…déjà trop à gauche ! Les juifs sont riches et à gauche, mais ont le droit d'être à droite, comme on peut le constater en ce moment, une concession faite au nom du pragmatisme politique comme dirait Alain Finkielkraut, académicien néo-progressiste réactionnaire.

Ne soyons pas naïfs, Michel Foucault était un homosexuel militant, c’est d’ailleurs ce qui l’a emporté.

Le tournant de la rigueur de 83 si cher à Michel Rocard, à Jacques Delors et à Raymond Barre (l’un des trois est encore en vie !) a consacré la conversion au consumérisme libéral – beaucoup de cons quelque chose – du parti socialiste grâce auquel nous sommes encore en vie sur une planète où il fait bon vivre, les hivers sont plus doux, les étés sont plus chauds, le printemps et l’automne aussi, les frelons asiatiques découvrent avec joie la Côte d’Azur, ses fêtes, ses yachts et ses femmes volages à très fortes poitrines, il y aurait beaucoup à dire sur les femmes.

La parole s’est enfin libérée, on entend dire que le destin des migrants est de se noyer en mer, hier en méditerranée, aujourd’hui en Manche, demain en antarctique, on s'en réjouit publiquement, car, disent-ils, leur mort est préférable à l'asile. On admet quand même qu’une minorité d’entre eux pourrait éventuellement servir la restauration, le bâtiment, le nettoyage et la purge des égouts, il y aurait (le conditionnel s’impose) une immigration « utile » d’après le Medef qui, à juste titre, ne comprend pas qu’un chômeur français puisse refuser un job quand on sait que les statistiques confirment qu’il y a en moyenne 25 jeunes chômeurs pour un seul job proposé. Le Medef accorde donc beaucoup plus d’importance qu’on veut bien le reconnaître à la valeur travail, ce que les records boursiers ne peuvent pas, ne doivent pas contredire.

Si 25 jobs étaient proposés à ces 25 jeunes chômeurs, il n’y aurait plus de chômage, on ne pourrait donc plus diminuer leurs indemnités en montant et en durée, pire encore, nous serions obligés de les augmenter ce qui risquerait de provoquer une vague générale de hausse des salaires et du SMIC, ce qui n’est pas viable économiquement parlant comme en attestent les 500 milliards de dividendes versés aux patrons français depuis 10 ans.

Cette logique semble curieusement inaccessible aux tenants du wokisme qui sont à la pensée ce que le cautère est à la jambe de bois, et encore je suis poli, bande de connards !

Oui, la femme est une proie qui aime être chassée puis prise d’assaut, Dieu merci les hussards sont de retours !

Oui, la femme participe activement à la rentabilité économique des entreprises grâce à des salaires inférieurs à ceux de leurs amants, maris ou maîtresses.

Oui, les femmes ne sont pas complètement insensibles à la brutalité de leur conjoint qui leur manifeste de l’intérêt avec des manières viriles, simples, instinctives, en un mot naturelles.

Mais…oui, les femmes restent des femmes.

Des mères de famille.

Des ménagères, les tâches domestiques ne sont pas sans noblesse.

Des maîtresses aussi.

Des cordons bleus dans un certain nombre de cas, de plus en plus rare, il est vrai et fort malheureusement.

Mais la gauche n’est pas morte, loin de là.

Emmanuel Macron est le fils spirituel de Raymond Barre et de Jacques Delors, fruit d’un accouplement aussi inattendu qu’inespéré entre Édith Cresson et Manuel Valls.

Un être parfaitement hybride, une chance pour la France éternelle ! pour le Medef ! pour l’Europe !

Oui, nous avons beaucoup de chance, car la gauche aurait pu disparaître complètement...d'une certaine façon Macron termine le travail commencé par Mitterrand, remplacer la gauche par la droite ultralibérale, Milton Friedman enterre Antonio Gramsci.

Le lecteur attentif aura noté que nous ne parlons pas ici de Nicolas Sarkozy, celui qui a modernisé et popularisé le discours sécuritaire en taillant allégrement dans les effectifs de la police ; celui qui a vanté les mérites de la santé public en réduisant drastiquement le budget des hôpitaux ; celui qui a tordu le cou à la démocratie en faisant adopter une constitution européenne que les Français avaient rejetée par référendum ; celui enfin qui sut, mieux que personne, tirer profit de son mandat tout en tirant à bout portant sur le gérant de sa banque personnelle, son bienfaiteur  feu Mouammar Kadhafi, ce qui dans le jargon technique s’appelle faire d’une pierre deux coups de feu.

Non, n’en parlons plus, car comme le dit un proverbe populaire terriblement d’actualité « Le zigzag reste le chemin le plus court pour aller d'un bar rempli de connards à un autre bar rempli de couillons ».

La chance que nous avons en plus, c'est que les salauds les rejoignent.

Tous ensemble, tous ensemble !

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