Macron casse tous les codes de la pensée économique. Pas que les codes, d’ailleurs…

La relance de la consommation passe donc par un appauvrissement progressif et néanmoins sélectif de la population. Appauvrir les pauvres, quel beau programme !

Pour relancer la machine économique, un seul mot d’ordre : tailler, rogner, amputer le pouvoir d’achat d’une bonne partie des Français.

La relance de la consommation passe donc par un appauvrissement progressif et néanmoins sélectif de la population.

Avec, au passage, quelques petits cadeaux pour nos amis les patrons du CouAC 40, majoritairement bénéficiaires de l’allégement de l’ISF.

Il fallait y penser.

L’inflation vient donner un petit coup de pouce à l’équipe de penseurs qui gouvernent la France, elle se balade, aujourd’hui, aux alentours de 2.3 %.

Et cela risque de durer.

 Inespérée !

Quand les planètes s’alignent, elles ne font pas semblant…

Schumpeter, Smith, Ricardo, Kondratiev, Keynes et tous les autres économistes dits « classiques » sont dépassés, enfoncés, ridiculisés. Inutile de parler de Marx, sa seule qualité était d’être Allemand.

Thomas Piketty a eu beau expliquer que le capitalisme financier est le principal vecteur d’inégalités, rien n’y fait.

Les pauvres mourront de joie.

Les riches mourront de rire.

Nous vivons une époque formidable puisqu’un Premier ministre s’autorise à déclarer sur les ondes  que la suppression de 4500 postes dans la fonction publique d’État et, qu’au-delà, les suppressions de postes de fonctionnaires « semblent évidentes »…ahurissant !

Aucun Premier ministre avant lui, aucun, n’aurait eut  l’insolence de tenir de tels propos. Ce qui pose problème c’est cette « ambiance » générale qui permet, qui favorise ce type de déclarations publiques.

L’air est vicié.

Les prestations sociales vont « légèrement augmentées », « légèrement » c'est-à-dire en deçà de l’inflation.

Idem pour les pensions de retraite, elles ne seront plus indexées sur l’inflation. C’est vrai, ça sert à quoi, un vieux ?

Les APL aussi !

Une augmentation de 0.3 % vs une inflation de 2.3 générera une perte de pouvoir d’achat cumulée sur 2 ans  – 2019 et 2020 – de 4 % !

Les contrats aidés ne seront plus financés, ou de moins en moins : ce qui pose problème ici ce n’est pas le mot « contrats », c’est le verbe « aidés », c’est un choix, c’est une philosophie politique.

Le jour de carence, l’arrêt maladie, ne sera pas financé par l’entreprise qui n’en veut surtout pas, ni par l’Etat qui n’en veut plus. Alors ? Qui va payer ? Le salarié, bien sûr ! un salarié fragilisé par des conditions de travail stressantes doit se prendre en charge sans se plaindre ; une petite cure d’amaigrissement financier ne peut pas lui faire de mal, au contraire ! aux grands maux, les grands remèdes ! Le darwinisme va envahir les « ressources humaines » ! « ressources humaines », une expression désuète qui ne va pas tarder à faire rire.

Ce cadeau fait aux entreprises doit s’accompagner d’un petit geste « incitatif » : les cotisations seront supprimées pour les heures sup. C’est avec ce type d‘outils que le gouvernement compte lutter efficacement contre le chômage…des génies !

Les allocations familiales vont suivre le même chemin, le taux de natalité va enfin baisser significativement, il y aura de moins en moins de chômeurs. Vive la démographie allemande !

La dernière pierre du mur de la honte libérale c’est la très attendue « dégressivité des allocations chômage ».

Alors là…chapeau !

Il faut voir le bon côté des choses, la France s’engage à respecter les directives européennes en matière d’endettement public, c'est la con-vergence.

Ouf !

J’ai eu peur.

Appauvrir les pauvres, quel beau programme !

Un programme qui peut se résumer ainsi :

« Au pauvre ne dis pas de revenir demain ».

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.