Léa Salamé donnera bientôt la parole à Michel Fourniret sur France 2, en prime time !

Delphine Ernotte à la tête de France Télévision a décidé de confier à Léa Salamé la délicate mission de booster les audiences de France 2 sur la tranche horaire du prime time, vers 21 heures. Avec une arrière-pensée politique : redonner confiance aux électeurs de droite qui se laissent aller au désespoir. Et un sponsor de marque en la personne d'Emmanuel Macron !

Delphine Ernotte à la tête de France Télévision – vaisseau amiral de l’information télévisuelle du service public – a décidé de confier à Léa Salamé la délicate mission de booster les audiences de France 2 sur la tranche horaire du prime time, vers 21 heures.

Avec une arrière-pensée politique : redonner confiance aux électeurs de droite qui se laissent aller au désespoir. Et un sponsor de marque en la personne d'Emmanuel Macron !

Les sujets abordés permettront, entre autres, de « traiter en profondeur » toute l’actualité politique, économique et sociale de l’hexagone, mais sous un angle différent étant donné la désaffection croissante des Français à l’encontre de nos grands hommes. De nos grands hommes, oui, car il faut bien reconnaître qu’il y a très peu de « grandes femmes », Isabelle Kocher, directrice générale du groupe Engie et seule représente féminine à ce niveau de responsabilité, est à deux doigts de se faire virer par son conseil d’administration, essentiellement masculin il est vrai. Un hasard probablement.

Désaffection, désamour, défiance…la politique fait moins recette, c’est un fait.

« Faites entrer l’accusé », émission animée par Christophe Hondelatte et Frédérique Lantieri, repose sur un concept intéressant : chaque épisode est consacré à une grande affaire criminelle française jugée depuis les années 1950.

Deux éléments clés à retenir, « grande affaire criminelle » d’une part, et « 1950 » d’autres part : il n’en fallait pas plus à Delphine Ernotte et à Léa Salamé pour imaginer et mettre au point une émission dans laquelle on donnerait la parole aux hommes politiques Français nés à partir de 1950.

Avec une petite souplesse pour ceux qui seraient nés juste avant 1950 – le fameux effet de bord – on pense évidemment à Patrick Balkany né en 1948, mais à condition que les délits soient « spectaculaires » dixit Léa, ce qui est bien le cas de l’actuel maire de Levallois-Perret, multirécidiviste. Une exception qui confirmera la règle. DSK aussi, bien sûr, le sexe fait toujours recette, surtout quand c’est celui d’un homme politique. De gauche, on est plus tolérant pour le sexe de droite. Cela étant, DSK « de gauche », faut voir…

Nicolas Sarkozy est né en 1955, Carlos Ghosn et François Fillon en 1954, mais aussi Christine Lagarde née en 1956, Marine Le Pen née en 1968 entre deux barricades…que du beau linge !

N’oublions pas Jean-Luc Mélenchon né en 1951 qui finira bien par tomber, un jour ou l’autre, ce bâtard. De gauche. Sans aucun doute.

Carlos Ghosn il y a trois semaines et François Fillon hier soir. Marine Le Pen est la prochaine. Sarkozy a table ouverte, c’est normal, de tous, c’est celui dont le pédigrée est le plus chargé, il attire les foules avec son petit sourire narquois. Très agressif en plus, il fait le spectacle.

Ne soyons pas complètement ingrats avec Fillon, reconnaissons tout de même qu’il a été impitoyable avec les lois.

La preuve, il les a toutes violées.

L’idée n’est pas de proposer une version resucée de ce que font Médiapart et le Canard en termes de journalisme d’investigation, non, surtout pas !

C’est même tout le contraire : il s’agit d’offrir une tribune à des hommes et à des femmes politiques dont on sait qu’ils, qu’elles (Lagarde, Le Pen) sont mouillé(e)s jusqu’au cou dans des affaires extrêmement louches, complexes et très graves (Sarkozy, NDLR). Un dénominateur commun, l’argent public. Il faut entendre leurs arguments.

L’idée est d’avoir la primeur de ce que seront leurs plaidoiries.

Nec plus ultra : avec des ramifications internationales (Sarkozy), des disparitions suspectes autant qu’inquiétantes (Sarkozy) et un enrichissement personnel probable (Sarkozy), l’audimat est assuré, mais malheureusement il n’y a qu’un seul Sarkozy…

Offrir, si possible, une tribune avant (Carlos Ghosn et Nicolas Sarkozy) ou juste avant (François Fillon) leur procès, sans poser de questions embarrassantes et en prenant soin d’utiliser systématiquement le conditionnel assorti de l’expression bien connue maintenant de tous les électeurs français, la très fameuse « présomption d’innocence ».

Pourquoi ne pas remplacer le gentillet Thomas Sotto par Laurent Delahousse, le blondinet qui interview Sarkozy avec son bouquin mis en évidence, plein cadre caméra une ?

Bien conscientes que cela risque de ne pas être suffisant pour garantir un maximum d'audience, les deux...les deux...les deux quoi ? comment dire ? Journalistes ? Non, les deux...complices de France 2 veulent élargir le panel des invités et proposent de donner la parole à des criminels notoires non politiciens : Michel Fourniret que l'on ne présente plus, Marcel Barbeault dit le "tueur de l'ombre" emprisonné depuis 37 ans, Francis Heaulme, Guy Georges, des prédateurs sexuels, des serial killers

Criminels pour criminels, tout est relatif, non ?

Qu’on ne me parle pas de surenchère, s’il vous plait !

Ni de mélange des genres, encore moins d'amalgame puisque tous ces gens-là sont destinés à se retrouver derrière les barreaux.

Sarkozy dans la même cellule que Francis Heaulme, brrr.

Michel Fourniret aurait accepté l’invitation et passerait à « Vous avez la parole » un mois jour pour jour après Marine Le Pen. Il faut se dépêcher, car il serait atteint d’une maladie neurodégénérative. Ce que l’on ne dit pas c’est qu’il est né avec cette maladie d’après Michel Cymes qui donnera son avis es qualité de médecin pendant l’émission. Il est comique, en plus d’être médecin, Cymes, il passe bien à l’antenne.

On imagine le tabac qu’aurait fait une telle émission avec Landru, Petiot et Stavisky…gageons que Franck Ferrand, l’historien des salles d’attente des gares métropolitaines, saura convaincre Delphine Ernotte.

Service public oblige !

Effectivement quand le service public fait de la pub à tous ceux qui ont ostensiblement et massivement détourné l’argent des contribuables, je crois que l’on peut affirmer, sans crainte d’être contredit, que l’on a fait le tour du problème.

La boucle est bouclée comme disent les cons, la bouche en cul de poule.

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