Sciences Po m'a tuer

Bon, je prépare Sciences Po et il paraît que je ne suis pas le seul. Je m'explique. J'ai 16 ans, bientôt 17 et mon objectif "post-bac" (comme on dit) c'est l'IEP de Paris. Pourquoi ? Et bien étant donné la conjoncture actuelle il me semble qu'intégrer l'institut d'études politiques de Paris est une bonne solution pour survivre dans la vie "active"... Oui, je convient facilement que je ne suis pas d'un utopisme débordant mais au moment ou le chômage des jeunes passe la barre des 22.5 % il faut bien avouer que les 37 % de pré-recrutés et les 86 % d'employés 6 mois après leur sortie de l'école peuvent attirer de nombreux lycéens. J'en fait partie. La plupart de ceux qui veulent faire Sciences Po n'ont pas de but précis ... organisations internationales ... droit des affaires ... journalisme. Tiens, journalisme, c'est ce que je veux faire. Mais pour arriver rue Saint-Guillaume il faut une bonne dose de ténacité et une certaine volonté. L'examen d'entrée est réputé pour sa complexité, on ne dispose pas de statistiques précises mais tout le monde s'accorde à dire que cela tourne autour des 10 % et quand on sait que plusieurs milliers d'étudiants présentent cet examen chaque année ... on en déduit assez rapidement qu'un préparation s'impose ! Une préparation, un bien grand mot. La récente réforme, décriée, adulée a beaucoup fait parler. Notamment la suppression de l'épreuve dite "d'ordre général". Les cercles de bien-pensance parisienne se sont immédiatement insurgés contre cette suppression indigne d'une épreuve de culture générale. Ils se sont trompés (j'admet que mon pauvre point de vue n'a aucune légitimité mais je me permet néanmoins de le donner). C'était une épreuve de philosophie corrigée par des professeurs de philosophie. De la culture générale il en faut et il en faudra toujours pour intégrer Sciences Po (du moins je l'espère). L'examen comporte trois épreuves : histoire, langues et option (au choix : littérature-philosophie, mathématiques, sciences sociales) nécessitant toutes une certaine "culture générale" ... et puis qu'appelle t'on vraiment culture générale ? C'est un bien grand mot. Wikipédia (encore lui) nous dit La culture générale désigne les connaissances en tout genre d'un individu, sans spécialisation.. Rien à ajouter.

Revenons-en à l'examen. Il est désormais conçu pour être préparé dès la première. J'entre en terminale. Saperlipopette. Je le prépare depuis un ans déjà. Chouette. Quel être visionnaire et déterminé je suis ! Sauf que préparer Sciences Po ce n'est pas donné à tout le monde. Alors oui, on peut très bien s'atteller, seul, devant son bureau et passer des heures à surligner des manuels d'histoires. Cependant il me semble qu'il faut une certaine méthode. Et c'est là qu'est  le problème. Il existe de nombreux organisme de préparations aux examens - nul besoin de les citer, ils se font déjà assez de fric sur le dos des élèves et de leurs parents, soit dit en passant - qui proposent des formations de 1200 euros les trois semaines à 1200 euros ... les 5 jours. Je ne veux pas faire de classement ni porter de jugement sur telle ou telle formation. J'en ai fait deux, j'en refferais pendant l'année. J'ai mes préférences, c'est vrai mais j'ai aussi conscience que je suis incroyablement privilégié. 

Alors pourquoi ce blog ? Et bien pour rendre compte de la progression de ma préparation, semaine après semaines. Entre les prépas privées (ou publiques !), les manuels d'histoire et les cours au lycée. Chaque dimanche, un billet. J'ai déjà prévu celui de la semaine prochaine, sur le dossier. Oui, le dossier, il prend désormais une grande place dans l'évaluation de chaque élève. Alors à bientôt. Yallah.

 

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