IMPLICATION DES CITOYENS - JACQUES TESTARD PROPOSE LE TIRAGE AU SORT !

« Combien d’électeurs sont réellement informés sur les programmes des candidats et les effets prévisibles de leurs propositions ? Quelle valeur accorder à l’expression électorale de ceux, souvent majoritaires, qui ne participent qu’à partir d’éléments subjectifs ou d’informations fausses ou tronquées ? »

C’est la question que posait Jacques Testard ici-même sur Mediapart le 16 février 2015-03-18 http://blogs.mediapart.fr/blog/jacques-testart/160215/que-faire-des-elections... Qui n’eut, comme par hasard, ici, que très peu d’échos !!!

Je mixte son petit texte avec deux autres interventions du savant bonhomme, publiées par l’Humanité (30 janvier 2015) et Siné mensuel (Mars 2015)

Que des gens mal informés votent, c’est tout de même le prince de base de la démocratie ? « Pour conduire il faut bien un permis (…) Je fais un procès à l’ignorance, l’abrutissement, la démagogie. Je me méfie beaucoup du référendum (…) Le plus souvent il n’y pas de préparation, d’information suffisante des citoyens »

« On est complètement abruti de propagande qui nous affirme démocratie égale élection… »

Alors les élections ne participent-elles pas, malgré tout, à un système démocratique?

Si les processus électoraux « sont contestés, (et contestables) c’est surtout parce que les élus ne respectent pas toujours (pas souvent) leurs programmes (ainsi la négation des résultats du référendum de 2005, le refus de la proportionnalité des représentants élus, ou la révélation de malversations au sommet). Ce travers indubitable, qui contredit la promesse démocratique, pourrait trouver des garde-fous encore refusés par les pouvoirs.

Par exemple, le recours au référendum révocatoire pour remettre à sa place ordinaire un élu abusant de sa situation privilégiée.

Ou une réforme drastique du Parlement : les sénateurs, tirés au sort dans la population, recevraient un mandat court pour exercer une pression continue sur les députés élus afin que ceux-ci n’oublient pas qu’ils sont les représentants du peuple plutôt que ses dirigeants. »

Ils seraient recrutés « par enquête téléphonique, après un tirage au sort sur des listes électorales, ce qui se fait d’habitude par les instituts de sondage. Ils ne sont pas volontaires a priori. En général, un tiers d’entre eux accepte(aie)nt. Ils ne (seraient) pas payés, mais indemnisés. »

« A l’approche de prochaines élections, l’hypothèse d’une victoire historique du Front National (FN) fait monter l’angoisse des démocrates, mais aussi celle des arrivistes déjà arrivés »

Les élections de dimanche prochain n’en sont-elles pas un lumineux exemple ????

« Des procédures sont disponibles par lesquelles les participants, tirés au sort, reçoivent tous des informations complètes et contradictoires sur  les éléments d’une controverse et sont capables, malgré leur effectif réduit, de produire in fine un avis argumenté et indépendant. (…) En multipliant ces procédures dans le pays, selon des protocoles dûment contrôlés, on obtiendrait simultanément plusieurs avis dont la comparaison et les convergences seraient porteuses de vérités utiles. »

Emanant «  de citoyens ordinaires, indépendants de tous les lobbies et en tous points comparables à la masse des électeurs (…), les énormités, mensonges, faux arguments et promesses intenables seraient (implacablement) mis en évidence. »

« Je verrai des députés élus et des sénateurs tirés au sort, mais pas à partir d’une liste de volontaires. Car des gens pour diriger sont suspects » TOUJOURS ! (ça c’est moi qui l’ajoute !)

« La démocratie actuelle ne propose que des leurres pour faire semblant de répondre à une demande ou étouffer une colère des gens. J’appelle leurres démocratiques, notamment, des débats où le citoyen a le droit de s’exprimer mais pas d’influencer fortement la décision. Car, d’une part, ceux qui y participent sont surtout des gens impliqués, militants ou lobbyistes, ce ne sont pas des citoyens lambda, et d’autre part, les conclusions ne sont pas prises en compte par les pouvoirs publics ! (…) En majorité, les politiques se fichent de l’opinion publique – sauf pour ce qui permet d’être réélu ! – et décident sous la pression des lobbies ».

Je conclus (Buridan) : nous avons avec les spécieuses élections départementales de mars 2015 l’exemple même de ce qui se fait de pire contre la démocratie.

Voter avant même que les compétences des élus ne soient complètement définies c’est offrir un blanc seing aux candidats notables et leur permettre de devenir, à leur échelle, des despotes !

Dans ce cas précis, la seule attitude citoyenne c’est l’abstention

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