Balles perdues sur terre abattue.

Tournoi neurasthénique de saison

Du jaune à l'âme.

 

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Il n’y a pas si longtemps, dans ce qu’il convient désormais d’appeler le monde d’Avant, quand la petite balle jaune surgissait sur nos écrans et dans nos têtes, nous nous réjouissions de ce merveilleux symbole estival. Nous comprenions tous que ces jeunes gens en tenue courte nous précédaient de quelques semaines. Nous allions tomber la veste, nous retrouver sur les terrasses des cafés, nous réunir dans des fêtes joyeuses …

C’était avant ! Aujourd’hui, les stakhanovistes du service n’ont plus de clients ou si peu que leurs cris gutturaux résonnent dans une cuvette vide. Ils ne tiennent plus la corde, découvrent les affres du revers en l’absence d’un public réduit par décision préfectorale. L’aviateur Roland Garros tombe en vrille avec la pluie sur les cours battus par les rafales d’un vent glacial, les ondées et l’indifférence générale.

C’est à croire que la volonté de nos gouvernants est de monter au filet pour nous enfoncer dans la tête cette neurasthénie ambiante qu’ils appellent de leurs vœux pour espérer s’accrocher à leurs privilèges. Ils nous fusillent du regard à coup de balles jaunes gonflées d’eau, de terre rouge et de leur mépris souverain. Les sponsors de ce grand raout sportif doivent faire grise mine, l’exposition ne sera pas au rendez-vous ; le peuple à d’autres chats à fouetter.

Comment ne pas voir dans ce spectacle affligeant le paradigme d’une période qui malheureusement poussera nombre de nos concitoyens à la dépression, certains au suicide et beaucoup à une grande fragilité psychologique propice à un virus sournois qui ne demande que ça ? Nous sombrons dans le malaise généralisé et tout ce qui peut nous permettre de garder la tête hors de l’eau nous est méthodiquement interdit.

Si par extraordinaire nous parvenions à trouver un exutoire, une porte de sortie, une raison de sourire un peu, les préfets, le docteur Véran le grand ami des laboratoires et son fieffé président nous enfoncent la tête dans l’eau stagnante des cours de tennis et places publiques désertées. L’heure est à la grande peur millénariste. L’an deux mille ne nous avait distrait que d’une promesse de grand bazar universel et informatique. C’est l’année de disgrâce deux mille vingt qui attendait son heure pour sonner le glas de toutes nos libertés, de nos espoirs et de notre mode de vie.

Au bout du tunnel, le grand triomphe de l’industrie pharmaceutique, le vaccin obligatoire, le contrôle absolu, la dictature libérale et la répression policière. Les ramasseurs de balles seront remplacés par des hommes caparaçonnés, les renvoyant avec leurs Lanceurs de Balles de Défense du fond du cours. Les joueurs n’ont qu’à se tenir tranquilles, eux aussi seront en ligne de mire. Ils avaient oublié les malheureux que le jaune est la couleur arborée de ce pouvoir diabolique.

Nous glissons dans une société fantomatique : des gradins vides, des rues désertes, des salles de spectacle fermées. Fort heureusement, demeure la possibilité de se réfugier dans les abris de la défense passible, les hyper-marchés et les centres commerciaux, seuls capables de résister à la diffusion du maudit ennemi public. On croit rêver et pourtant il en est ainsi des couleuvres qu’on nous fait avaler.

Une nouvelle averse survient. Une nouvelle vague diront les tenants de la destruction de notre santé mentale. Une lourde bâche opaque va recouvrir les cours et notre mode de vie. Tous aux abris sous le masque de la terreur et dans les abris mercantiles. La culture et le sport seront rayés de la nouvelle donne sociétale. Les raquettes serviront à marcher sur les monceaux de cadavres après la vaccination obligatoire, ne les jetez pas. Il sera même conseillé d’avoir des cordes en boyaux pour ne pas sombrer dans l’horreur. Tout va bien, set et match pour Covid19.

Tennistiquement sien.

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