La macération médiatique

Avant votre libération, pensez à l'épuration éthique ...

Ce n’est pas un complot mais une stratégie mûrement réfléchie.

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L’information tourne en boucle, c’est devenu une pratique récurrente dans ces médias qui vivent habituellement sur la peur. La mort est devenue leur fonds de commerce tout autant que leur manière de servir le pouvoir auquel ils sont liés par des intérêts communs. Un peuple effrayé ne voit pas plus loin que son écran, c’est forts de cette évidence que les rédacteurs en chef s’appliquent à les y scotcher comme des mouches…

Mais là, ils viennent de battre tous les records et ne sont pas prêts de baisser la garde. Ils frappent, ils martèlent, ils assomment, ils abrutissent les braves gens pris à leur mortel piège. Ce qu’ils nomment information est une forme élaborée de conditionnement par la terreur. C’est du grand art puisque des semaines durant, ils ne changent pas leur fusil d’épaule et tirent sans sommation sur des victimes tétanisées.

C’est un carnage dans les salons, une hécatombe pour le discernement et le jugement. Quand surgit alors l’alerte gouvernementale, avec sa sirène martiale, c’est le branle bas de combat dans les chaumières, la panique générale, le fameux sauve-qui-peut qui transforme l’autre ; le voisin, l’ancien ami, la relation, l’étranger en un ennemi redoutable. Ceux qui sont enchaînés à cette folie n’en sortent pas indemnes. Ils haïssent leur prochain, ils retrouvent le vieux réflexe atavique de la dénonciation, ils profèrent des anathèmes contre la terre entière à l’exception des organisateurs de cette funeste mascarade.

Bien sûr, le conditionnement prend des formes subtiles, les tortionnaires habillent leur manœuvre de toutes les formes possibles du service, de la vulgarisation, de l’explication. Les experts apportent leur expertise, les journalistes se privent de leur capacité d’analyse, les images n’apportent aucun éclairage sérieux, il s’agit de faire tourner la belle machinerie dans le vide pour provoquer sidération et stupeur. C’est ainsi que les médias, ligués contre la vérité, préparent scrupuleusement la suite du programme…

Dans pareilles circonstances, la sagesse est de couper ce maudit écran, d’oublier la radio et de se dispenser de la lecture de la presse quotidienne. L’information est devenue un rouleau dépresseur, une redoutable machine à broyer les consciences. Ceux qui se sont offerts en sacrifice à cette répétition délirante ne sont pas sortis de l’auberge, les spécialistes de la santé mentale l’affirment

Dans peu de temps, il va y avoir une cascade de dépressions, une hausse considérable des troubles psychologiques dans le meilleur des cas, psychiatriques pour les autres. Les enfants n’échapperont pas à cette calamité, après une épreuve dont les conséquences n’ont pas été pensées ni même anticipées. Tout ce qui a été envisagé, c’est la suite, la possibilité de ne rien changer à ce système économique tout en réduisant à néant la capacité de rébellion.

Reconnaissons le mérite à nos gouvernants d’avoir su s’associer à ce qui se fait de pire en matière de lucidité et de pertinence. Une porte parole à la sottise abyssale, des chaînes comme BFM, M6 et TF1 qui obéissent servilement, un service public remis au pas, la télévision n’a jamais joué aussi bien son rôle de laverie automatique et permanente des cerveaux, tout cela pimenté par des discours officiels qui n’ont d’autre but que d'infantiliser les auditeurs et les spectateurs, le tour est joué.

Que se passera-t-il ensuite ? Un peuple de zombis sera facilement malléable, merveilleusement corvéable et taillable à la merci d’un Capitalisme qui n’a pas attendu pour sortir de l’ombre et réclamer la fin de toutes les contraintes sociales, environnementales et salariales. La suite sera pire encore grâce à cette formidable opération de lobotomie collective à l’échelle de toute une planète.

Pour ne rien changer, pour continuer à jouir pleinement d’un système qui conduit à la fin de l’humanité, pour supprimer les velléités d’une révolte écologique qui pointait à l’horizon, le petit virus est arrivé fort opportunément et les valets ont obéi d’une manière remarquable. Tout est bien dans le pire des systèmes. Ne changeons surtout rien à notre manière de tout détruire.

Merdiatiquement leur.

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