La cellule interministérielle de crise

La toute puissance de l’arbitraire.

Les disciples de la discipline sanitaire

 

1

 

À la droite de Dieu à moins que ce ne soit chez Satan que siègent ces personnages, se trouve la cellule interministérielle de crise. Ne cherchez pas plus loin, c’est là le siège de toutes les décisions absurdes, les mesures coercitives, les choix épineux et les suggestions abracadabrantes. Rien n’échappe à son domaine d’incompétence qui est aussi vaste que son titre pompeux peut le laisser suggérer.

Seuls maîtres à bord, ils décident, la hache à la main pour saborder encore un peu plus un navire national qui prend bien plus l’eau que le redoutable virus. Les experts s’y entendent du reste en voies d’eau pour annihiler tout tirant d’air. Le capitaine Haddock s’étrangle, le professeur Tournesol se réfugie à Marseille tandis que Tintin, en digne reporter, propage sur les ondes et dans les journaux les décrets, décisions, oukases de cette bande de joyeux sabordeurs. La déontologie de la profession lui interdisant d’apporter son grain de sel afin de critiquer des choix éminemment critiquables, sans fondement ni raison.

Le capitaine vitupère, Tournesol ne sait plus que dire tandis que son pendule s’affole. Il serait plus facile de retourner sur la Lune que de donner de la cohérence aux décisions de cette cellule loin d’être grise. Tout pour eux est prétexte à contradictions, mesures vexatoires, décrets liberticides. Ils peuvent se la couler douce du reste puisqu’ils sont émanation d’une structure échappant à tout contrôle citoyen.

Il est de bon ton dans les milieux autorisés à ne jamais dire la vérité, de s’élever en faux contre l’affirmation que nous sommes entrés dans une dictature sanitaire. Même si la cellule interministérielle de crise en est la plus parfaite illustration, personne parmi les canailles, les margoulins, les valets et autres représentants d’un peuple qui n’existe plus n’ira contredire ou remettre en cause ce groupuscule mafieux et autoritaire.

2

Passons sous silence les conflits d’intérêt, les nominations opportunes, les reclassements de bienfaisance, les promotions sur commande, les membres de la cellule interministérielle de crise sont au-dessus de toute critique, tout contrôle, toute remise en cause. Mais loin de nous l’idée de croire que c’est là la définition même de la dictature car ces gens n’agissent que pour notre bien en semant la peur et l’effroi à chaque nouvelle mesure.

La cellule du reste dispose de toutes les clefs pour fermer à jamais les portes de la démocratie. Elle a pris de l’envergure en passant du comité d’experts à ce terme plus restrictif encore, expression même de la volonté de réduire le citoyen à la portion congrue dans une crise où toutes les mesures sont prises contre lui pour son bien. La contradiction saute aux yeux des gens raisonnables mais jamais des commentateurs patentés des frasques d’un pouvoir qui se cache derrière sa chère cellule et ses experts désignés par l’industrie pharmaceutique.

La privation du libre arbitre du citoyen est la manifestation la plus radicale de cette plongée dans la tyrannie. Préfets, experts et membres de la cellule n’ont de compte à rendre à personne si ce n’est à Jupiter en personne. La République agonise, tout sera mis sur le dos d’un vilain virus qui autorise toutes les entorses aux principes républicains, toutes les indignités de la part de nos ministres, tous les propos les plus ignominieux de la part des représentants de l’état.

La cellule veille sur vous braves gens, dormez tranquilles, abandonnez nous votre esprit critique, avalez toutes les couleuvres, renoncez à vos libertés. La cellule déploie son ombre terrifiante sur une nation en proie à la plus terrible maladie qui soit : le despotisme pour votre bien. Mettez le masque sur la bouche, des boules Quiès dans les oreilles, renoncez à vous informer par d’autres sources, attendez patiemment que l’on vous tonde un peu plus. Et n’oubliez pas d’aller faire ce fameux test qui justifiera plus encore toute la coercition de l’heure.

Cellulairement vôtre.

3

Rien que des hommes ou presque ...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.