Une extension du Rocher.

Vérote

D'un souvenir d'enfance à une opération caritative

 

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Dans mon pays d’en-France, il y avait une immense propriété qui alimentait grandement toutes les conversations à fréquence régulière. Nimbée d’un mystère tout aussi impénétrable que l’étaient ses enclos, nous n’avions que la rumeur pour nourrir nos phantasmes. Juste à la sortie du village, sur la route de Saint-Aignan, il y avait une belle allée qui menait vers ce lieu énigmatique. Nous rêvions d’en voir surgir une jeune Princesse ou bien sa mère, la reine des Fées…

D’autres ne rêvaient pas, hélas. Quand bruissait la rumeur de l’arrivée des belles dames, tout ce qui était de gibier à plumes ou à poils sur une dizaine de kilomètres à la ronde, tremblait de se voir truffer de plombs afin de bénéficier de l’honneur sans pareil de figurer sur la photographie en compagnie de ces merveilleuses grâces. Nous savions d’ailleurs que les invités princiers étaient conviés au carnage quand, du stade de football, nous regardions éberlués, le spectacle désolant des volatiles, canardés comme à Gravelotte et tombant par centaines.

Mais rien ne venait alors troubler notre désir fou de tomber sur une jeune fille de notre âge, princesse de son état. Chacun d’entre nous aurait fait le coq au risque de se faire voler dans les plumes pour ne serait-ce que bénéficier d’un sourire et qui sait, un petit baiser. La demoiselle avait notre âge, elle venait chez nous, il n’y avait donc pas de mal à croire aux contes de fées.

Les adultes, de nombreux hommes à coup sûr, quant à eux, caressaient tous l’espoir, ne serait-ce que d’apercevoir fugacement la plus belle de toutes, la Grâce personnifiée, l’étoile qui le temps de ses passages si brefs soient-ils, illuminaient tous les songes. Grâce aurait été vue en ville, elle a fait une apparition ici, elle est passée par là… et chacun de retenir son souffle dans l’espoir de toucher du doigt ce privilège unique.

Le Prince, qui était appelé à régner sur cette petite enclave de sa principauté était nous disait-on une fine gâchette, un acharné de la mitraille, un furieux du carnage. Les garde-chasses, les rabatteurs étaient alors nimbés de l’honneur qu’ils avaient eu de côtoyer le grand homme. Quand on est de petites gens, on aime à vivre par procuration, c’est ce que nous faisions tous, stupidement sans doute !

Moi, je me fichais bien de la chasse. Seule la jeune Princesse alimentait mes désirs de gloire bien plus que de chair fraîche. Je guettais son passage devant la boutique avec fièvre quand soudain, des somptueuses berlines venaient faire le plein d’essence à la station voisine, dont les propriétaires avaient, nous disait-on, le bonheur de fréquenter le couple. La donzelle avait juste un an de plus que moi, il n’y avait aucune raison qu’elle ne tombe pas sous mon irrésistible charme…

J’en suis resté pour mes frais. Je n’ai jamais vu le Prince et son épouse, ses filles et leur cour. Cul terreux j’étais, gueux je resterais pour toute mon existence. Si au doigt de la belle, je n’ai pas passé l’anneau, mes élucubrations d’alors m’ont conduit dans le monde des contes. J’ai eu bien vite le désir d’y bouter Rois et Duchesses, Prince et Courtisanes, certainement pour écarter à jamais ce monde qui s’était dérobé à moi.

La vie nous joue parfois de bien curieux pieds de nez. Dans quelque temps, je vais faire spectacle du côté de La Baule pour une opération caritative. Mes amis de la chorale des Fous de Bassan chanteront pour l’association « Les matelots de la vie » reprenant l’une de mes chansons, revisitée pour l’occasion. J’aurai le privilège de dire quelques contes également.

Cette manifestation est destinée à récolter des fonds afin que des enfants très malades partent sur la mer pour une croisière avec Loïc Perron. La marraine de cette association n’est autre que ma Princesse d’alors… Me fera-t-elle le cadeau d’un regard, celui que je n’ai jamais eu durant mon enfance ? J’avoue ne plus y accorder la moindre importance. Est-ce cela grandir ?

Chasseressement sien.

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JE T'EMMÈNE

Matelots de la vie

C'Nabum / JJ. Vaugondy

 

1. Je t'emmène en bateau,

Je te conduis sur l'eau,

Je te laisse la barre,

Pour écrire ton histoire.

D'un fabuleux destin,

Aux amis aux copains,

D'aurevoirs émouvants,

Qu'emportera le vent.

Je t'emmène en chanson,

T'accordant des frissons,

Je te donne à aimer ,

Une mélodie en Ré.

Quelques notes en bagages,

Compagnes du voyage,

Aideront à hisser,

Ou chanter l'amitié.

 

2. Je t'emmène en copain,

Je te prends par la main,

Je te donne à penser ,

Cette belle traversée.

C'est pour toi mon ami,

Sur qui le mal à dit,

Yeux rivés sur la toile,

La tête dans les étoiles.

Je t'emmène maintenant,

Nous irons de l'avant,

Allant toujours plus loin,

Dans les mêmes recoins.

Balayant la tristesse,

Oubliant tes détresses,

Pour des jours bien meilleurs ,

En des temps enchanteurs.

 

3. Je t'emmène en bateau,

Je te conduis sur l'eau,

Dans tes songes le soir,

Rêver ta belle histoire.

Tous ces lits d'hôpitaux,

Transformés en bateaux,

Les draps couvrants ton mal,

Tu les chang'ras en voiles.

Je t'emmène en folie,

Matelots de la vie,

Je te donnes à vouloir,

D'autres jours de gloire.

De merveilleux matins,

Quand nous serons marins,

De grandes aventures,

Perchés dans la mature.

 

4. Matelots de la vie,

Aux mécènes grands mercis,

Infirmières ,kinésis,

Médecins, parents, unis.

Tous équipiers vainqueurs,

Merci du fond du coeur,

Pour nos enfants meurtris,

Encore mille fois merci,

Matelots de la vie,

Aux mécènes grands mercis,

Infirmières ,kinésis,

Médecins ,parents, unis,

Tous équipiers vainqueurs,

Merci du fond du coeur,

« Malade ou guéri,

Ensemble pour soigner la vie »

Concert le dimanche 31 mars au Pouliguen

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