Sully, mon pays d’en-France

Préambule du futur recueil

Appel à contributions

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Je vous invite ici à une visite de mon village natal à travers les différents textes évoquant une enfance qui fut insouciante, particulièrement heureuse dans un environnement qui ignorait la peur, le racisme, la délinquance. Ces textes ont été diffusés sur ces étranges objets textuels qu’on désigne du vocable blog finissant par constituer un corpus conséquent à défaut d’autre chose.

Certaines situations, parfois des rencontres ou des personnages trouvèrent place dans des contes qu’ils inspirent. D’autres billets furent repris ici où là sans que je me décide jusque-là à les regrouper pour mes amis de Sully. Voilà qui est fait par ce présent ouvrage, recueil un peu foutraque, totalement subjectif, parfaitement décalé qui ne va pas tarder à voir le jour.

Je n’ai dans ce travail de mémoire nul souci historique, nulle envie de rendre compte fidèlement d’une réalité aujourd’hui disparue. C’est au travers du prisme déformant des souvenirs pour lesquels la nostalgie a joué son rôle que me taraude l’ambition dérisoire de vous livrer ici, ce que d’aucuns pourront considérer à juste titre comme un exercice impudique, biaisé, parcellaire et strictement réservé à ce petit microcosme local.

C’est parce qu’il en est ainsi que ce livre n’a aucune prétention si ce n’est celle de faire naître d’autres souvenirs que ceux qui sont maladroitement couchés sur le papier en rendant compte d’une époque révolue. C’est surtout une invitation à se souvenir tout autant qu’un voyage dans un pays certainement fictif que je me suis construit durant ces quarante années passées loin de Sully-sur-Loire. Ces pages ont pour moi élevé un mausolée en l’honneur d’un deuil qui restera à jamais non cicatrisé.

Je suis d’un village en bord de Loire, né sur la place du champ de foire entre le marché, la foire et les fêtes. C’est dans la boutique que nombre de sullylois sont venus discuter avec mes parents qui continuaient leur ouvrage d’artisans, fiers de travailler en public. Mon père faisait des matelas ou des fauteuils, ma mère des couvre-pieds ou des rideaux chacun de son côté dans un espace qu’ils nommaient la boutique. Les langues allaient aussi vite que les aiguilles autour de ce métier à palabres. J’ai écouté, je me suis imprégné de cette merveilleuse culture orale qui fleurissait là sous mes oreilles grandes ouvertes. Il me fallut près d’un demi-siècle d’incubation avant que de pouvoir enfin restituer cet univers idyllique.

Voici le résultat, soyez indulgents. C’est d’abord en vous laissant porter par le « raconteux » d’histoires que vous retrouverez pleinement l’esprit d’une époque révolue.

Si l’envie vous prend de prolonger cette immersion en pays ligérien, vous pouvez encore retrouver le Sullias dans la folle aventure d’un roman : « Règlement de Conte sur la Loire » écrit conjointement avec Nadine, une amie de Tigy. Les lieux qui servent de toile de fond à cette épopée policière sont l’île aux Oiseaux de Sandillon, le port de Jargeau, le repère des passeurs de Loire à Sigloy, la briqueterie de Bouteille, le golf de Viglain, la rue du Bout du Monde et le parc du château de Sully.

Patience ….

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Appel à contributions

 

 

Pour parvenir à mes fins, il me reste à trouver quelques illustrations, des photographies des années 1950 à 1980 que des personnes charitables voudraient bien me faire parvenir. Je cherche notamment des personnages clefs de Sully : Fernand Langumier, Raymond La Cloche, Joseph et son scooter, Dédée la Coquille, Madeleine et sa librairie, Louis Marin, le docteur Kuyper et sa dyane, Maurice Corbière et Michel Regin.

J’aimerais encore trouver des photographies de la boutique de mes parents, mon père cardant la laine sur le champ de foire, la foire au cochon, le marché, les auto-tamponneuses sur les mails, le lavoir de la rue de la Blanchisserie en activité, les forges Simca, les cycles Helyett et l’ancienne salle des fêtes. Vous aurez ainsi, à défaut de satisfaire ma requête, une petite idée du contenu de cet ouvrage à venir.

Merci.

 

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