À Orléans Métropole, Kéolis ne remplit pas son rôle.

Le Service à la demande Transport des personnes à mobilité réduite

Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

 

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La Métropole d’Orléans se met en quatre pour satisfaire le désir de déplacement des usagers à travers le réseau Kéolis. Pour les personnes en situation de handicap, terme sans doute déplacé désormais y compris dans le monde du transport peu commun, des véhicules adaptés, aménagés se mettent à leur service, c’est du moins ce que les responsables affirment la main sur le cœur. La réalité est hélas fort différente, les couacs se succédant à un rythme effréné.

Tout d’abord pour bénéficier de ce service il semble recommandé de solliciter un voyage en s’inscrivant au moins quarante-huit heures à l’avance et si possible par internet. Une modalité qui pose problème aux mal-voyants, situation particulière de la personne qui m’a exprimé son courroux après de multiples dysfonctionnements. On peut penser que l’intérêt de la liaison numérique laisse une trace ce qui évite alors de se voir confronter à des oublis désastreux pour qui ne peut se mouvoir autrement.

En effet, à maintes reprises, celle qui n’a d’autre recours que d’appeler une opératrice ou un opérateur, attend désespérément le véhicule qui lui fut promis. Il faut cependant reconnaître que l’inverse est aussi vrai puisqu’il lui est déjà arrivé de mobiliser deux véhicules pour un même voyage, la logistique semblant n’être pas le fort des services administratifs.

Quand le véhicule arrive, ce qui n’est heureusement pas une exception, il se place devant le domicile du client qui doit payer un euros cinquante en sus de son abonnement à l’année. Même si la somme est modique, elle relève d’une démarche commerciale qui peut apparaître alors comme une discrimination.

Si le voyage se déroule dans de bonnes conditions, assez souvent le retour n’a pas été assuré. Par deux fois dans la semaine précédant le témoignage de la dame, elle se retrouva oubliée à son lieu de destination pour le retour. Lorsque c’est une semaine scolaire, quoique mal voyante, elle se débrouille pour gagner la ligne régulière et monter dans le bus 34 dont la fréquence de rotation est d’une heure. On peut reconnaître là un désagrément de taille.

Le weekend et lors des congés il n’y a pas d’autre solution que de solliciter son entourage pour venir la chercher. On peut mesurer l’efficacité d’un service qui laisse des personnes à mobilité réduites loin de leur domicile sans excuse ni bonne foi ; car, lorsqu’elle cette personne appelle le service incriminé, on lui répond immanquablement qu’il n’y a pas déposé de réservation. Ceci est attesté par des témoins dont je tiendrai les noms à la connaissance de l’élu responsable des transports s’il veut vérifier mon propos.

Si cette dame me demande d’écrire, c’est je peux vous l’assurer, suite à un nombre significatif d’oublis qui l’ont laissée souvent dans un profond désarroi, le désagrément s’ajoutant au handicap avec parfois l’impossibilité de pouvoir réaliser un voyage qui doit la conduire vers son conjoint hospitalisé. Vous pouvez ainsi comprendre qu’elle aimerait non seulement pouvoir compter sur ce service et surtout ne pas s’entendre dire de manière peu amène qu’elle ne s’est pas inscrite.

Il est inutile d’ajouter la mauvaise foi à une erreur qui somme toute, demeure humaine même si, elle semble particulièrement inopportune pour une clientèle de ce type. Ne pensez pas que cette dame soit seule à se plaindre ainsi de cette noble proposition du réseau de transport en commun. Quand le débat prend des allures de dialogue de sourd, ce qui est peut-être une manière de se mettre au niveau des personnes en situation de handicap, la publicité peut être de nature à faire bouger les lignes autrement que par de plates excuses qui dans pareils cas font une belle jambe à qui ne peut se mouvoir par ses propres moyens.

Aimablement leur.

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NB : le lendemain de ce témoignage, la dame vit arriver un véhicule devant chez elle alors qu'elle n'avait rien demandé. Mais prétendre qu'il y a dysfonctionnement serait un insulte pour ce formidable service.

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