Journée indispensable du droit des femmes.

Jamais leur situation n'a été aussi tragique. Nous vivons une époque qu'on prétend moderne et pourtant jamais la situation de la femme n'a été aussi tragique de par le Monde. Nous assistons à des horreurs, des abominations, nous constatons chaque jour des régressions honteuses sans que les hommes, toujours aussi nombreux dans toutes les arcanes des pouvoirs ne s'en émeuvent vraiment.
220 millions de femmes dans le monde n'ont pas accès à la contraception © euronews (en français)
220 millions de femmes dans le monde n'ont pas accès à la contraception © euronews (en français)


Jamais leur situation n'a été aussi tragique.

 

Nous vivons une époque qu'on prétend moderne et pourtant jamais la situation de la femme n'a été aussi tragique de par le Monde. Nous assistons à des horreurs, des abominations, nous constatons chaque jour des régressions honteuses sans que les hommes, toujours aussi nombreux dans toutes les arcanes des pouvoirs ne s'en émeuvent vraiment.

Bien sûr le 8 mars, il y aura bien quelques agitations, de belles envolées lyriques, quelques promesses illusoires, de magnifiques déclarations d 'intention. Puis la page sera tournée jusqu'à l'année suivante. Les Tartuffes reprendront leurs habitudes, pousseront les dames en bas de l'estrade quand il y aura une photographie à prendre.

 

Il est impossible de faire l'économie des monstruosités qui guettent les femmes, les filles et les dames, les travailleuses et les mères, les amantes et les aimantes. Leur corps d'abord est maltraité, mutilé, nié, effacé. Rien dans ce domaine ne change vraiment, bien au contraire. Les salauds, les ordures, les barbares, car c'est ainsi qu'il faut les désigner, au nom de pratiques rituelles ou religieuses, continuent de leur faire subir l'impensable.

 

Les mêmes, quand ils sont en guerre, quand ils sont en mal d'affection, quand ils sont en bande se permettent le plus affreux des crimes : le viol. Comme arme de guerre ou bien moyen de pression, comme marque de leur puissance ou bien simplement pour se distraire, les hommes continuent à tour de bras à planter leur arme dérisoire pour châtier celles qu'on nie.

 

L'homme ne s'arrête pas là. Rien ne l'arrête quand il faut effacer la dignité de l'autre moitié de l'humanité. Au nom d'un Dieu de haine et de mépris, la femme est cachée, enfermée, dissimulée. Que ce soit derrière des voiles ou bien des murs, sa prison est une torture effroyable. Nos sociétés ferment les yeux et acceptent ce crime au nom d'une tolérance qui ne va jamais dans les deux sens.

 

La société prend le relais sans même avoir l'excuse de l'obscurantisme. Les femmes au travail sont de la chair à misère salariale. Le temps partiel subi, les petits salaires, les horaires impossibles, les conditions de travail ignobles …, tout y passe avec l'hypocrisie de lois qui ne sont jamais appliquées. C'est la honte de notre droit du travail avec la complicité de tous ces beaux messieurs.

 

D'ailleurs, allons encore fouiller les âmes noires de ces décideurs. Où sont les femmes ? Au parlement malgré des promesses de parité, dans les conseils d'administration, à la tête des grandes entreprises, la cravate demeure le prolongement du phallus. Nous pouvons à ce titre apprécier à quel point l'ancien président du FMI demeure encore un homme à respecter dans ces hautes sphères qui considèrent la femme comme quantité négligeable ou bien marchandise à acheter.

 

Le corps de la femme est marchandise. De la prostitution aux publicités, des concours de miss au émissions de télévision, la femme est exposée, dénudée, vendue sur sa plastique. Le phénomène ne fait qu'empirer; il entre même dans la mode et les consciences. Jamais les petites filles n'ont autant ressemblé à des femmes à vendre au nom d'une mode totalement méprisante …

 

Le recul se poursuit encore avec les difficultés innombrables pour accéder à la contraception, pour bénéficier du droit à l'avortement, pour trouver un gynécologue qui ne prenne aucun dépassement, pour être femme dans le respect d'un corps médical bien machiste. La conjoncture a bon dos, il y a une régression considérable en France au nom d'un ordre moral sournois qui regagne du terrain.

 

Il faut encore évoquer les petits gestes du quotidien. Ces sifflets dans la rue, ces insultes vulgaires, ces regards concupiscents que doivent chaque jour subir les femmes dans la rue, dans les quartiers et même dans les écoles. Quand je constate que certains élèves garçons ne connaissent pas les prénoms de leurs camarades filles, je me dis que quelque chose est pourri dans nos mentalités.

 

La mode est d'ailleurs la pire des abominations. Que penser en France même de ce courant de la femme Cougard ? Des petits merdeux, au nom d'une prétendue attirance des femmes mûres pour la chair fraîche, se permettent des avances explicites à des femmes qu'ils ravalent ainsi au rang de vulgaire objet sexuel. Internet véhicule cette dégradation suprême. La pornographie triomphante est à ce titre, un vecteur de ce recul général de l'image de la femme dans nos sociétés.

 

Oui, la journée internationale du droit des femmes est indispensable. Elle ne peut être un moment innocent. Il est grand temps que toutes ces dérives soient posées sur la table. Une révolution comportementale s'impose. Des mesures sont à prendre immédiatement. Un changement radical des comportements et des mentalités est nécessaire à tous les échelons de nos sociétés. Puissions nous faire reculer aussi l'influence des religions qui sont de par le Monde, les ennemies objectives et impitoyables des femmes.

 

Féministement leur.


 

Commentaire reçu :

 

Il me faut l'avouer, je ne subis pas les regards concupiscents, je les savoure... Parce que, finalement, c'est MOI qui décide. Sexuellement, nous sommes différents et complémentaires.

 

C'est dans l'égalité des sexes que le bât blesse.

Au travail, à poste égal, salaire amputé, quand on ne choisit pas un homme pour le dit poste. Dans la vie de tous les jours, une femme n'existe que par la position de son mari. J'ai eu fin de semaine une enquêtrice qui m'a demandé qui était le chef de famille. J'en suis restée baba, mais pas coite, et je lui ai dit qu'il allait falloir évoluer avec son temps et que nous étions deux dans notre couple, chefs à égalité, non mais!

 

En ce qui concerne la religion, quelle qu'elle soit, elle a été fondée par des hommes qui ont continué à garder le monopole et donc à avilir la femme pour atteindre leur but.

 

L'Islam me chauffe les oreilles avec toutes ces esclaves brimées et fières de l'être. Comment aider quelqu'un qui refuse tout secours au nom de la religion ?

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