La robe leur confère un mauvais genre

L'habit fait bien le moine

Le goupillon en bandoulière.

 

a1

 

 

 

Ils sont mâles et gens de robe, voient le mal partout pourvu que ce soit la femme qui en soit le vecteur. C'est parce qu'ils ont des langues de vipères qu'ils se paient leur pomme à travers une histoire à grimper aux arbres. Ils les veulent vierges, pures, innocentes, les promettent en récompense à ceux qui mettront leur glaive aux sévices d'une cause qui a besoin de lever les yeux aux cieux. Ils consentent une fois l'an, pour quelques effets de manche, à une journée consacrée à cette autre moitié de l'humanité qu'ils ont exclue de leurs salamalecs et autres sermons sur les tourments de la chair.

Ils se réunissent pour une grande cause, évoquent ce dieu qui les a faits à son image, oubliant que l'habit ne fait ni le moine ni l'imam. L'infaillibilité du pape, ce saint homme, devrait nous suffire à croire en leur bonne foi, la seule du reste qu'il soit permis d'afficher. Les mécréants n'ont qu'à bien se tenir, ils auront à porter leur croix surtout s'ils sont femmes.

Ils se retrouvent dans le désert, main dans la main puisqu'il n'y a pas de risque de succomber à la tentation, l'intrigante, la perfide, la sulfureuse et la séductrice ne sont pas invitées à la fête. Sous la robe de ces doctes personnages, bat un bourdon qui butinera en cachette, faisant son miel de la diablesse tout en la gratifiant de tous les maux de la terre.

Ils ont passé l'envie de brûler la pécheresse en place publique. Le temps des sorcières est révolu sans pour autant qu'ait sonné l'ère de la rédemption. Ils conservent l'exclusivité du prêche, de la communication interstellaire. La femme est sans doute trop bavarde pour entrer en relation avec le très grand, ce Dieu tout puissant qui ne peut être qu'un homme, si possible un barbu, un sage, un vénérable.

Cette photographie de l'aréopage des anges gardiens de la doctrine masculine a eu le don de m'irriter. Il se peut qu'on m'accuse de blasphème même si en aucune manière le nom du grand architecte n'est sali ici. Ce sont ses maîtres d'œuvre qui sont en cause, tout homme pour qui la robe permet de se placer au-dessus de la mêlée. D'autres professions, d'autres individus ont fait le choix d'une pareille panoplie pour affirmer leur supériorité et leur puissance. C'est si paradoxal qu'il faut les appeler maître, une appellation qui ne supporte pas le féminin pour se jouer des deux fléaux de la balance.

Le 8 mars passé, ils se serreront à nouveau les coudes pour interdire à leurs collègues d'accéder aux plus hautes responsabilités. On prétend qu'il y a un plafond de verre, il faut bien avouer que pour la voûte des cieux, il en va de même. Tous ces hommes en robe ont vraiment mauvais genre et plus mauvaise conscience encore. Que la honte soit sur tous ceux qui leur font révérence.

Deux mille ans plus tard, Marie Madeleine est encore l'impure, la femme de mauvaise vie. Pour accéder à leur panthéon, il convient simplement de jouer de l'immaculée conception pour ne pas être entachée d'une faute qui n'incombe qu'à la seule génitrice. Tout est à revoir dans cette farce pour laquelle, il serait grand temps d'instaurer enfin la parité. Quant au grand patron, je pencherais bien plus pour m'incliner devant une déesse charmante, bienveillante et pacifique que devant ce souverain belliqueux, vengeur et purificateur.

Un petit grain de sable est venu s’immiscer dans mes réflexions en regardant ce cliché. Je vous en demande pardon. Je sais qu'il ne sert à rien de lever les yeux au ciel, le mal est partout sur Terre, surtout quand une parcelle d'autorité est à glaner derrière des grimaces et des postures absurdes.

Paritairement leur.

a2

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.