Les briseurs de silence.

Le bonheur est dans ce Parc

Merci à tous !

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Les vacances, le beau temps, sont parfois l’occasion pour beaucoup de se divertir, de voyager, d’aller loin, d’en profiter pour découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles personnes. Pour d’autres, cela n’est tout simplement pas possible. Leur handicap les a contraint à se trouver prisonnier d’un corps qui se refuse à eux et pour ceux-là, enfermés qu’ils sont, de plus, dans un silence qui les emmure.

Ils vivent dans une Maison d’Accueil Social, ils sont adultes, bénéficient des soins et de l’encadrement bienveillant d’éducateurs dévoués. En fauteuil, ils sont cérébro-lésés ce qui les prive de l’usage de leurs jambes d’une parole compréhensible. C’est l’un de leurs éducateurs qui souhaita proposer un atelier Conte, pensant que les récits devaient leur permettre de s’évader et d’établir une autre forme, plus subtile sans doute, de communication. Les premières séances ne furent pas simples, l’absence apparente de réactions des auditeurs troublant celui qui venait leur débiter ses sornettes.

Puis, au fil des rencontres, des liens invisibles se tissèrent. Dans un regard, avec un léger contact de la main, par ce qu’on peut percevoir maladroitement comme un grognement passent des émotions d’une force incroyable. Le mur du silence était brisé et l’éducateur se dit qu’il fallait aller plus loin, s’accorder une escapade au pays des songes.

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C’est ainsi que dans un décor de conte de fées, dans le Parc du Château de Charbonnière, il suggéra d’offrir à ses pensionnaires une aubade. Voilà belle manière de leur accorder une évasion qui se refuse à eux, de les sortir de leur carcan pour rêver quelques instants trop brefs sans doute. Il fit appel au Conteur qui demanda à son ami l’accordéoniste de bien vouloir l’accompagner pour un petit spectacle impromptu à l’ombre des arbres du Parc, sans se soucier de demander une quelconque autorisation.

L’instrumentiste recevait justement ses cousins toulonnais, musiciens en goguette en bord de Loire. Il leur demanda s’ils acceptaient de participer à cette aventure placée sous le signe du bénévolat. Patrick et Dominique répondirent immédiatement présents, l’un venant avec sa guitare, l’autre proposant des chansons connues de tous de sa belle voix mélodieuse. Le quatuor allait se constituer à la sauvette.

La petite surprise prenait corps. Pour l’éducateur, il fallut organiser le déplacement des pensionnaires ; ce n’est pas une mince affaire puisque non seulement il nécessite des véhicules spécialisés mais encore la présence d’un professionnel par personne en situation de handicap. Deux structures réunirent leurs forces afin de pouvoir déplacer les personnes en mesure d’apprécier l'animation tout autant qu’en capacité de se déplacer ainsi.

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Le Conteur souhaita faire de ce rendez-vous un moment de partage. Il fit publicité sur le projet à sa modeste mesure afin que des valides, des gens ordinaires viennent se mêler aux spectateurs sur leurs fauteuils roulants. Sans se soucier d’obtenir l’autorisation, il mit sur pied ce qui devenait grâce à ses comparses un véritable spectacle.

Une vingtaine de curieux, d’amis, de promeneurs vinrent ainsi se glisser parmi les pensionnaires et leurs « accompagnants ». Le temps étant de la partie, ce fut un vrai moment de partage sans ostentation ni simagrées. Les uns se fendirent des applaudissements nourris que les autres ne pouvaient pas toujours offrir. L’émotion fut à son comble quand tous reprirent plus ou moins aisément selon leurs possibilités, les chansons du programme.

Un petit goûter suivi ce concert à la sauvette. Contes et chansons avaient enchanté le public, les yeux pétillants des rois de la fête payèrent en retour bien plus pour ceux qui étaient venus à cette invitation. Ne répétez pas que ceci se passait dans la ville d’Orléans. Des gens trop sérieux qui ne font jamais rien gratuitement, pourraient venir nous le reprocher.

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Vous comprendrez pourquoi nous ne mettons pas de photographies de nos amis.

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