Transition ou simple translation

Le Vert à moitié vide …

L'impossible reconversion du Libéralisme

 

t1

 

Ainsi, tout cela procèderait de la nécessaire « Transition écologique », dans l’urgence d’un dérèglement qui tournera prochainement au cataclysme si rien n’est fait (à moins que ce ne soit déjà trop tard). Nous en sommes naturellement et pour nombre d’entre-nous conscients même si l’écho qui nous revient des gens qui nous gouvernent prétend que nous ne faisons rien par égoïsme, stupidité et autres défauts multiples qui ne peuvent émaner que d’un peuple toujours hostile à tout changement, opposé à la plus petite transformation de son mode de vie.

Voilà, vous avez compris, tout est de notre faute ! Nous sommes réfractaires à la transition, celle qui suppose un accroissement considérable de la fiscalité punitive, la seule qui marche avec un corps social qui freine des quatre fers pour éviter de revenir à la traction animale. Bien sûr, nous n’avons pas notre mot à dire sur l’absurdité d’une politique planétaire où les transports aériens ne sont pas taxés. Il est vrai que si la planète bat de l’aile ce n’est que de notre faute et accessoirement des pets de vaches. Ni la grande industrie, ni ce système économique absurde ne sont responsables de quoi que ce soit !

Que messieurs les hauts responsables passent leurs mandats à sillonner le globe terrestre pour des réunions où leur présence n’est destinée qu’à amuser la galerie pour figurer sur des clichés pitoyables n’a aucune incidence sur le climat et les émissions de CO2. N’existe-t-il pas désormais des Vidéo-Conférences qui économiseraient grandement tout en leur permettant de rester au plus près des préoccupations de leur population ?

La vertu de l’exemple n’existe pas dans cet univers pas plus que la vérité d’ailleurs. Nos pauvres petites voitures, trop vieilles d’ailleurs, seraient coupables de tout tandis que les super tankers et les gros porteurs aériens, ne polluent en rien. Nous portons tous les fardeaux du moment et en toute logique, toutes les taxes. Voilà au moins la seule cohérence de cette translation des responsabilités vers le menu fretin.

Qu’ils casquent et qu’ils nous laissent joyeusement piller les ressources en continuant de mettre en avant une doctrine criminelle : « le libre échange dans le cadre de la mondialisation ». C’est là et là seulement qu’il faut trouver les responsabilités immenses de la calamité prochaine. Mais comment faire payer les grands groupes, les maîtres de cet immense jeu de dupes ? Puisque c’est impossible autant ponctionner toujours plus l’immense masse des nécessiteux.

Et pour que cela soit, il suffit de les culpabiliser, de les pointer du doigt, de leur affirmer que leurs habitudes, leurs comportements sont coupables, indubitablement responsables du désordre climatique. Même si ces pauvres gens n’ont fait que suivre docilement les injonctions à avoir une voiture, à s’équiper de toujours plus d’appareils électriques, à consommer pour rendre gloire au consumérisme triomphant à coup de crédit à la consommation.

Les humbles obéiront et comme ils l’ont toujours fait, ils plieront l’échine et obéiront fidèlement aux ordres pour sauver ce qui pourra l’être encore. Ils échangeront leurs vieilles automobiles à mazout contre des véhicules propres à énergie électrique avec une petite prime à la clef et un gros crédit supplémentaire. Ils découvriront alors que cette fois encore ils sont les dindons de la farce puisque ce n’est plus à la pompe qu’ils cracheront au bassinet mais à la borne ou au redoutable compteur Linky, l’espion absolu mis en place pour assurer ce coup foireux. Tandis qu’ils se lamenteront, ils découvriront stupéfaits qu’il n’y a plus assez de centrale pour couvrir les besoins, qu’il faudra une fois encore changer et payer, toujours plus …

Cycle infernal où si les solutions existent partout ailleurs, dans la diversité et l’intelligence des problématiques locales et individuelles, en France il faut d’abord envisager une solution unique et centralisée pour en assurer une fiscalité totalement inégalitaire. Un simple déplacement du problème de pétrole à l’électrique sans jamais penser avenir et écologie.

Sans transition aucune, il fallait tout changer pour assurer la continuité d’une translation des masses dans la seule perspective individuelle, celle qui rapporte le plus. Point de transports collectifs ni de relance des frets ferroviaires et fluviaux. La protection des lobbies est première et le dépouillement des masses second à moins que ce ne soit l’inverse. Le Vert est une illusion à moins seulement qu’il ne fasse référence à la couleur d’un billet d’outre Atlantique.

Écolofisquement leur.

t2

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