Berlaudiot fait l'âne

Dressez bien vos oreilles et cessez de braire !

Au pays des idiots, l'imbécile est heureux !

a1

Berlaudiot se rend à la grande ville. Il est tout émerveillé par ce qu’il voit d’autant que c’est la grande foire exposition à la préfecture. Il y a même des curiosités venues d’un lointain continent. En effet l’Amérique est à l’honneur cette année-là.

Il déambule parmi les stands quand il s’arrête devant une drôle de cabane en tissu avec des piquets qui dépassent sur le haut. Personne ne lui dit que c’est un Tipi, il semble sans doute trop bête pour retenir le mot. Notre homme se rend compte de la chose tout en feignant de ne rien voir .

Il insiste donc quand une hôtesse, se moquant ouvertement de lui, lui donne enfin réponse à sa question : «  Mon brave, ceci est la grotte de la squaw ! »

Berlaudiot se gratte le crâne le sommet du crâne cherchant une réplique à la hauteur. Puis, décochant un sourire parfaitement stupide il répond : « C’est donc pourquoi il y a des peintures rupestres sur la toile ! »

ma-lanterne

Berlaudiot est un bon voisin à la condition de n’avoir pas besoin de lui demander un service. Pourtant ce jour-là, Archimède, le plus pauvre du village vint vers lui. Le malheureux avait absolument besoin d’un âne pour porter du blé au moulin. Il avança humblement vers Berlaudiot et le plus poliment du monde lui demanda si par bonheur il pouvait lui prêter son âne.

Berlaudiot de se désoler, levant les bras au ciel et de répondre : «  Mon Brave Archimède, me voilà bien ennuyé mais mon épouse est partie ce matin avec notre bourrique pour se rendre au marché. Ça aurait été avec grand plaisir que je vous aurais rendu ce petit service »

Archimède s’en retourna chez lui. Il n’avait pas parcouru deux cents mètres qu’il entendit braire un âne, qui à n’en point douter était celui de Berlaudiot. L’homme fâché revint chez son voisin afin de lui signifier son mécontentement. Berlaudiot de lever les bras au ciel, de s’indigner,de montrer du doigt l’importun : « Quelle déception mon voisin. Vous me traitez de menteur car vous croyez davantage mon âne que moi ! »

ma-lanterne

L’âne de Berlaudiot s’était encore perdu. Cette fois, il était introuvable. Les jours passaient, tous ses élèves en riaient. Pour se moquer du pauvre maître, un garnement lui dit : « N’êtes-vous pas au courant ? Votre âne est parti faire le maître d’école dans le village voisin ! »

Sans s’émouvoir, Berlaudiot répondit au chenapan : «  Voilà qui me réjouit grandement. Quand je vous faisais classe, j’ai bien remarqué que c’était lui le plus attentif. Il avait toujours ses oreilles dressées alors qu’aucun de vous n’écoutait vraiment. C'est bien le seul à avoir profité de mes lumières. »

ma-lanterne

Le châtelain du pays part à la chasse. Il pleut tellement ce jour-là que l’homme rentre complétement trempé dans son domaine. Berlaudiot arrive tranquillement sur son âne, les vêtements totalement secs. Le châtelain s’interroge : «  Comment se fait-il que ne tu sois absolument pas mouillé après une telle secouée ? »

Le gentil niais de répondre : «Mon maître, c’est que ma mule est plus vive que l’éclair  » Sans plus d’explication, le puissant achète à prix d’or cet âne qui passe entre les gouttes.

Une semaine plus tard, une nouvelle averse surprend le châtelain à la chasse. Quoique monté sur l’âne miraculeux, il rentre totalement trempé. Furieux, il convoque Berlaudiot pour le sermonner : « Gredin tu m’as trompé ! Ton âne n’évite pas la pluie ... »

Berlaudiot de répliquer : « Si vous aviez retiré vos vêtements pour les ranger dans le bas de l’âne durant la pluie, vous seriez rentré aussi sec que moi l’autre jour ! »

ma-lanterne

Berlaudiot, tout grand imbécile qu’il est, se plait à gruger les plus naïfs que lui. C’est ainsi qu’un jour, il alla emprunter à son voisin La Malice une hache pour faire du bois. Le soir, il revint rendre la hache en lui donnant une petite serpette. La Malice de s’étonner : « Comment se fait-il mon ami que vous me donniez votre serpette ? » Berlaudiot de répondre : «  Elle est nullement mienne. Tandis que je coupais du bois, votre hache mit au monde cette serpette. Elle vous revient de droit ! » Sans chercher à comprendre, La Malice pris sa hache et sa serpette.

Une semaine plus tard, Berlaudiot retourna emprunter la belle hache du voisin. Trois jours plus tard, ne voyant pas revenir son outil, l’homme alla chez son emprunteur. Berlaudiot alors d’expliquer, des larmes aux yeux, que la hache avait rendu l’âme durant son ouvrage. Elle était morte et enterrée comme il se doit »

La Malice de s’indigner : « Tu me prends pour un imbécile. Une hache ne meurt pas. Rends la moi ! » Berlaudiot de répondre le plus calmement possible : «  C’est curieux que tu aies pu penser qu’elle pouvait mettre au monde une serpette et aujourd’hui tu refuses de croire à sa mort ? Qui donc est le plus sot des deux ? » Et Berlaudiot ferma la porte au nez du pauvre voisin qui venait de perdre un bel outil pour le prix d’une bonne leçon.

a0

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.