Le discours d'un roi déchu

Le grand "sot" dans l'inconnu …

Je vous hais ! Compris !

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Il était une fois un Freluquet au nœud de cravate mal noué qui devança la Noël en distribuant ça et là des cadeaux de sa belle hotte jupitérienne. Nous savons grâce à lui que depuis les prémices de la fonte de la calotte glacière, le Père Noël lui demandé l’asile politique dans cette Planète lointaine si éloignée des préoccupations des terriens. Voilà une information de première main qui réjouira le gentil Mulot, la petite bête qui effrayait tant les rennes du vieillard, qu’il convenait de l’écarter de la compagnie des joyeux lutins.

Revenons à cette distribution avant l’heure. Il en fallait pour tout le monde ou presque et nous ne fûmes pas déçus. Les poches vides, l’artiste a réussi à nous faire croire à sa générosité, allant jusqu’à demander aux entreprises en bonne santé de faire à sa place le petit chèque qui va bien dans les chaussures de sécurité. Mesure phare de l’étoile filante de la nouvelle politique, elle réjouira les travailleurs qui savent que leurs patrons galèrent tout comme eux.

Devant l’urgence de la situation, il a ressorti de sa boîte à caprices, la fameuse mesure du bon Saint Nicolas, celui-là même qui avait été un de ses prédécesseurs. Nous savons tous que les heures supplémentaires fleurissent à la pelle à charbon dans une nation où la main d’œuvre vient à manquer alors que le plein emploi est de rigueur. Heureux sont ceux qui en profiteront à commencer par les chômeurs, exonérés désormais des heures supplémentaires qu’ils passent à chercher désespérément un emploi.

Toujours à l’écoute de ceux qui viennent de la France d’en bas, le grand petit homme est revenu sur la suppression de l’impôt sur l’infortune. Il donne un coup de pouce à quelques smicards et non au SMIC. L’astuce échappe à beaucoup. Ils se réveilleront trop tard quand ils découvriront qu’ils ne sont pas du lot. N’attendez pas d’un énarque banquier qu'il fasse des chèques en blanc. Il y a toujours entourloupe et la langue de bois reste la langue des annonces illusoires !

Puis le gentil animateur du Télécon, sous le bienveillant patronage du Rôt Tari, a battu en retraite sur quelques pensions. Le redoutable effet de seuil, celui qui place les uns du bon côté tandis que les autres restent sur le palier, a encore frappé. Je pensais naïvement que les cadeaux passaient par la cheminée, ici, ils ont besoin d’un sas afin sans doute de montrer du doigt les vilains privilégiés disposant de 2000 euros de retraite.

Les promesses de dons n’engagent que ceux qui les recevront éventuellement à la fin janvier. Il convient encore de réfléchir aux modalités. Le Père Noël est quant à lui plus rigoureux sur les délais. Mais accordons au Freluquet le bénéfice de l’improvisation même s’il a prétendu agir simplement par anticipation, en mettant en place des mesures qui étaient dans les cartons. C’est là qu’il est le moins crédible, le défenseur des riches et le tourmenteur des pauvres n’a pas changé, il a dû mettre un peu d’eau dans son Château Haut-Brion.

Pour le reste, il demande à tous de retrouver le droit chemin. C’est là sans doute que s’exprime sa phobie du Rond Point. Non seulement il n’aime pas ceux qui ont fait tout ce Pastis, mais de plus il trouve que le Jaune ne sied pas à sa chère marraine du Panda. Il se remet en marche, en commençant tout naturellement par refaire toute la moquette du Palais, pour montrer que le Train de vie de l’Etat n’a pas été affecté par les soubresauts de la plèbe.

L’écologie a été gommée d’un trait de plume. La distribution terminée, on prend les mêmes et on recommence. La Cinquième République reste d’actualité et s’offre même les joies d’une immense concertation populaire. Les cahiers de doléances reviennent à la mode en convoquant les états généreux du territoire. La cacophonie sera telle que rien de concret ne sortira de ce qui relève de la piqûre anesthésiante. Bravo l’artiste !

La farce est terminée. Freluquet a sauvé sa tête, il ne passera pas la main contrairement à ses manifestants qui ont perdu les leurs tandis que les forces de la paix faisaient la guerre au peuple. Nous sommes rassurés, il tiendra le Cap, le grand Capital ne va pas trembler sur ses bases. L’ordre reviendra et cet ordre passera encore et toujours par des institutions où la classe ouvrière, les artisans, les petits commerçants, les faibles revenus ne sont jamais représentés. La Bourgeoisie conserve sa place et les godillots de nos assemblées vont se remettre en état de marche.

Les dindes cette année seront agrémentées de tous ceux qui seront les marrons de la farce. Ils sont nombreux en dépit des quelques miettes accordées ici ou là. On ne change pas une équipe qui nous désespère. Je vous hais ! Compris ! La messe est dite et l’obstacle largement avalé. Quant à l’environnement, il est effacé de la boîte à malice de ce fourbe.

Jupi-tairement sien

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