Jésus, revient parmi les siens.

Le retour du messie

Les bras en croix, le nez dans le gazon

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Nous venons de vivre un tremblement de foi, un tsunami de la spiritualité qui n'a pas beaucoup d'équivalent dans l'histoire de l'humanité. Nous ne pouvons encore pas mesurer les conséquences de ce qui vient de se dérouler dans notre chère Capitale, phare universel qui a célébré dignement l’avènement de l'ère olympique

Tout a commencé de manière insidieuse dans un autre pays latin. Un homme, un petit prince de la balle ronde a entraîné derrière lui des masses de plus en plus compactes d'admirateurs, de fidèles, de supporters enthousiastes, d'illuminés émerveillés. Ce phénomène s'est amplifié, a dépassé largement les frontières de cette nation pour s'étendre à la planète tout entière.

Le football, d'opium, est devenu nouvelle religion du peuple ! Pour oublier la misère, les ravages de la mondialisation, la crise de l'espérance, les affres de la Pandémie, le peuple s'est construit une nouvelle idole, un Dieu vivant et adulé au-delà des confessions des uns et des autres. Le Grand Architecte lui a même octroyé un patronyme messianique laissant en cours de route un « E » pour qu'il assure ses passes.

Chacune de ses apparitions provoque des mouvements de foule, des crises d'hystérie collective. Il est vénéré et les plus ardents de ces admirateurs attendent un miracle à chacune de ses apparitions. La main de Dieu a oint le front de l'élu de la balle ronde avec cette fois la volonté de briser les barrières religieuses et sanitaires.

Prince de l’œcuménisme, le miraculé de la crise financière a transformé une équipe de chèvres en future piste aux étoiles. Prenant l'argent chez les infidèles, le nouveau messie a intégré le giron de la fille ainée de l'église. Mieux qu'une croisade, c'est du pain béni pour les diffuseurs de la grande messe dominicale, celle qui se déroule dans des nouvelles cathédrales à guichet fermé.

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Le Saint Esprit s'est mis de la partie : le Pape lui-même, n'est-il pas un compatriote de l'envoyé de Dieu sur terre ? La logique semble respectée les conditions requises pour établir une nouvelle foi. Elle s'appuiera sur le rituel du football qui va inexorablement bouter la messe en latin loin de nos stades, nouvelles et grandioses cathédrales de la foi.

Le pain, malmené par les boulangeries industrielles sera remplacé par un ballon que 22 apôtres tenteront de se partager en public. Pour corser l'affaire, une rivalité s'établira entre les participants qui évolueront sous les couleurs de Yahvé ou de Lucifer. Le vin n'ayant plus sa place dans une enceinte sportive, fusse-t-elle désormais sacralisée, la bière pourvu qu'elle soit sans alcool fera l'affaire.

Quelques petites retouches au dogme actuel seront indispensables pour relancer les affaires cultuelles. La crucifixion apparaît désormais comme une mesure trop radicale, susceptible de choquer les âmes sensibles. Le carton rouge la suppléera avantageusement, fixant ainsi un délai pour célébrer la résurrection de l'envoyé divin. Le carton jaune contraindra les fidèles à quelques prières lancées à la face du directeur de conscience des vingt-deux acteurs.

Un gros problème apparaît dans cette histoire. Nous apprenons que le Qatar souhaite retirer son financement au club parisien. Le nouvel arrivant se positionne trop ouvertement en faveur du catholicisme. Ne vous inquiétez pas, il y a des repreneurs possibles. Il se murmure que l'Opus Dei se positionnerait pour acquérir le PSG…

Quant aux dirigeants nationaux, c'est à qui sera pris en photo à côté du Dieu vivant pour assurer sa réélection. Plus impressionnant encore, le divin petit lutin de la balle ronde serait sollicité par notre bon Président pour devenir le parrain des jumelles panda de Beauval. Une cérémonie qui serait diffusée en mondiovision.

Divinement sien.

Jésus revient la vie est un long fleuve tranquille © jeremy kole

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