Un trône pour le Vert banane

La grande ambition d’un Rastignac local

Un petit coup de pouce pour l'aider ...

 

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Il est jeune, souriant, toujours en mouvement même si, il convient de lui rendre cet honneur, il a évité de justesse de se mettre en marche pour passer directement à l’allure vélocipédiste. Il avance dans la vie, les mains sur le guidon, en roue libre, humant les tendances pour se donner une posture résolument moderne. Son langage est fleuri, il flirte avec les modes et les éléments de langage. Il compte imiter Freluquet pour s’accaparer le rêve de son existence : la Mairie d’Orléans !

Il a pensé tout d’abord que le Socialisme pouvait servir son grand dessein. En fin analyste des arcanes du pouvoir, il avait songé que c’est dans l’opposition locale que l’on peut se construire une stature qui permettra de devenir un recours. Hélas, ici comme ailleurs, ce parti a connu un véritable naufrage, il lui fallait quitter le navire avant que de ternir son image.

Il a enfourché la cause des invisibles. Les gens de la rue ont ceci de merveilleux qu’il est aisé de parler en leur nom sans prendre le risque d’un retour de bâton. C’est d’ailleurs du jour d’un grand banquet pour les exclus que notre Rastignac a hérité de ma défiance absolue et irréversible ; on ne triche pas avec de tels sentiments. Nul exclu ce jour-là autour de ce banquet républicain et citoyen ! Des bourgeois en mal de justice sociale, quelques personnes (dont votre serviteur) abusées non par le bonhomme mais par l’annonce et surtout des journalistes pour donner son envol à l’ambitieux.

Le coup lui a valu bien des inimitiés du côté des rebelles. Il n’en a cure. On ne conquiert pas une Ville sans casser des œufs. Il allait les mettre d’ailleurs dans d’autres paniers. L’Environnement avait le vent en poupe, en bonne girouette, il a senti la nécessité d’une reconversion radicale. Mais point d’engagement dans une structure ; pour réussir, à l’image de Freluquet, il convient de créer son propre mouvement, en dehors des schémas habituels.

La modernité radicale c’est la bicyclette. Qu’importe qu’elle soit électrique, la cohérence n’est pas une nécessité quand on prétend au pouvoir. Il suffit simplement de choisir un débat qui fait écho, de s’en faire le champion. La Marche pour le climat, le remettra en selle tandis que le combat des gilets jaunes le laisse pantois circonspect et à distance - « Le peuple véritable ? Quelle horreur ! » - . Il convient de choisir une couleur consensuelle pour réussir l’opération Conquête !

De son laboratoire d’apprenti sorcier, les idées fusent. La seule qui vaille réellement constitue dans la sur-exposition de l’image du futur vainqueur. Le culte de la personnalité, voilà bien l’idée la plus novatrice de ce charmant garçon. À l’instar de l’un de ses amis proches, grand navigateur des médias locaux, il occupe les colonnes à défaut du terrain. Naturellement, il feint de ne point organiser ce plan de communication et s’étonne que son nom soit chuchoté pour prendre la tête d’une liste.

Quelle surprise d’ailleurs dans les rangs des observateurs de la vie locale. Oui vraiment nous tombons des nues. Lui qui se montre si modeste, si discret, si soucieux des procédures démocratiques comment le journal peut-il prétendre qu’il se soit auto-proclamé candidat à la magistrature locale ? C’est choquant !

Malgré tout, la surprise passée, il déroule son programme au cas où, bien improbable du reste, il nous l’affirme la main sur le cœur, il serait ce candidat putatif d’un laboratoire d’idées qui n’a d’autre projet que de réfléchir. Les belles promesses ne manquent pas, la gratuité des transports étant sans doute la clef de voûte du projet CITlab. J’avais oublié de vous dire que pour réussir désormais, il convient de martyriser la langue, de jouer des abréviations, d’user d'anglicismes, tout en se réclamant de l’incontournable Citoyenneté… (celle-là même qu’on refuse aux hordes colériques des Gilets Jaunes).

Candidat masqué, il a fait un pas énorme en passant de la Banane au Concombre. Devinant qu’il a besoin d’un petit coup de pouce pour s’attirer la sympathie des orléanais et peut-être de la nation toute entière, je me précipite et lui offre ce charmant billet hagiographique. Reconnaissons lui sa volonté, admirons sa pugnacité. Voilà un Échevin potentiel idéal pour un persifleur comme votre serviteur. Avec lui sur le trône, j’aurai encore de quoi me gausser très longtemps.

Laborantinement sien.

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