Sauf les aveugles bien entendu !

L’Anthropocène : quelle foutaise !

Ne changez rien, tout va bien (pour l'instant)

 

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Devant l’évidence, il en est qui se dressent sur leurs grands chevaux pour dénoncer un complot international que ces pauvres gens doivent parait-il endurer sans broncher. Selon eux, une pensée unique et qui plus est : écologique, quelle horreur, leur impose une théorie du Réchauffisme qui sent le rance et le frelaté. Ils s’indignent d’autant plus que leurs pauvres voix discordantes seraient bâillonnées par tous ces méchants qui détiennent désormais tous les leviers de l’information. Pour eux, évoquer la grande menace sur la vie serait une nouvelle expression d’un totalitarisme forcené.

Comme ce sont de doctes personnages, ils brandissent des noms en « Ismes » qui nous tombent sur la tête, ils assènent des anathèmes et des oukases à qui mieux mieux pour attester de leur immense savoir. Puis ils se lancent dans la ronde des cataclysmes que la Planète a connus durant son très long concubinage avec l’homme. La liste est longue et démontre naturellement qu’il n’y a rien de neuf sous le Soleil.

Déplacer le problème est en somme la technique du glissement de terrain, autre calamité qui n’est certes pas nouvelle mais qui aurait tendance à se faire un peu plus à la mode. Tout fera corps à la théorie de la farce : tempêtes désastreuses, cyclones apocalyptiques, grêles dévastatrices, pluies diluviennes et tout le cortège interminable des caprices de dame Nature. Les humains ont subi sans se plaindre jusqu’à ce qu’ils inventent tout récemment une doctrine ubuesque pour prétendre au dérèglement.

Dans leur froide colère, ils sortent alors de leur chapeau le diable en personne d’autant plus aisément que c’est une femme, si pratique à mettre sur le bûcher : Greta Thunberg. Elle a tout pour leur déplaire, fille, jeune, sans diplômes universitaires, pas très jolie ce qui avouons-le n’a strictement aucun rapport avec son message et de surcroît Suédoise, pays du prix Nobel. Ils s’étranglent de haine dès qu’il s’agit de descendre en flèche ses appels à la raison.

Puis, se drapant dans leur dignité outragée, ils dressent la liste des savants, des experts internationaux, des chercheurs qui ont réalisé des études attestant du contraire. Tout va bien dans le meilleur des mondes quand les entreprises responsables de ce désastre financent des recherches. C’est pourtant un détail qu’ils feignent d’ignorer.

Au terme de leur longue démonstration, pour enfoncer une fois encore le clou, ils nous gratifient à nouveau de quelques pensées obscures, moyenâgeuses sans doute. Nous sommes les derniers des derniers puisque nous cédons à l’ignorance, à des fantasmagories délirantes tout en nous faisant les idolâtres scabreux de la théorie du réchauffisme. Fermez le ban, la cour est pleine !

Curieusement pas un mot sur la disparition massive des espèces, sur l’absurdité d’une société qui prétend que la croissance est la clef de voûte de la prospérité, sur la surpopulation – un phénomène dont ils peineront à trouver des équivalents dans le passé – sur l’empoisonnement des eaux et la pollution des océans. Silence total sur ce qui échappe à leur analyse primaire et comparative.

Ils agissent pour défendre une économie de marché qui est en train de provoquer la sixième disparition des espèces à une vitesse supersonique. Ils sont incapables de regarder la réalité en face, confits dans l’orgueil de ceux qui savent mieux que les autres. Ils poussent des cris d’Orfraies alors que justement les populations d’oiseaux s’amenuisent à grande échelle. Seront-ils les derniers perchés ?

En tout cas, ils sont les fossoyeurs de l’espoir, les témoins muets d’un génocide sans précédent. Ils agissent en conscience pour des raisons qui m’échappent, ils sont les dignes successeurs des complices passifs des plus grandes barbaries de l’histoire sans même avoir l’excuse d’appartenir à la caste de ceux qui profitent de manière éhontée de ce système en accumulant des richesses extraordinaires qui leur permettraient, pensent-ils, de se prémunir du Déluge de feu et de sang que leur merveilleux système économique a créé.

Voilà ma réponse à un commentaire qui est venu réduire en cendre le nécessaire discours de l’astrophysicien Aurélien Barrau que je vous invite tous à écouter ici :

 

Envies d'Agir - Conférence de l'astrophysicien Aurélien Barrau © UNIL Université de Lausanne

Quant à ce commentaire, par honnêteté et refus de bâillonner qui que ce soit, je vous le restitue dans son intégralité. Chacun se déterminera en son âme et conscience tout en sachant qu’il n’est plus temps de tergiverser.

Cataclysmiquement leur

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Un commentaire exemplaire :

Moi je vois tout ça comme ça. Chaque jour, nous devons endurer sans broncher la pensée unique écologique et sa théologie du « Réchauffisme ». Ce n’est pas une science mais une croyance, une utopie. En France, tous les acteurs jouent la même partition : politiques, journalistes, scientifiques, chefs d’entreprise, publicitaires, communicants,… Les voix discordantes sont bâillonnées, faute de pouvoir les faire disparaître. Car le Réchauffisme est une forme larvée de totalitarisme.


La théorie du Réchauffisme est un exemple moderne de « Lyssenkisme », du nom de Lyssenko qui a réussi à subjuguer Staline, les milieux scientifiques et les médias d’alors pour mettre à genoux de 1930 à 1965 toute l’agriculture soviétique. Lyssenko a inventé ce qu’il a appelé la « biologie de masse » ou plus tard la « science prolétarienne ». Le Lyssenkisme se caractérise comme une science idéologique où la croyance l’emporte sur le réel et où les faits sont ignorés ou dissimulés. Lyssenko a fait envoyer au Goulag les éminents scientifiques qui n’étaient pas d’accord avec lui et qui, pour beaucoup, y sont morts. ………

1er mars 2010. La tempête Xynthia vient de faire 52 morts sur la côte atlantique française. Christophe Barbier, écharpe rouge sur chemise blanche, dispense son édito-vidéo depuis ses bureaux parisiens. En fin d’intervention le directeur de l’Express pose son diagnostic : « … le climat est déréglé ! ». Bigre.

On peut regretter que des personnalités scientifiques ne soient pas autant dans la lumière qu’une Greta Thunberg... Recadrer Monsieur Barbier Christophe, s’impose. La contre-enquête le temps d’ouvrir un bouquin consacré au sujet. Côte atlantique : une liste des excès climatiques aussi longue qu’une nationale des Landes. Jean-Pierre Roullin a compilé les traces écrites – disponibles à partir du 16e siècle - des cataclysmes météo régionaux successifs. Occultons ici les quelque 80 relevés de froidures inimaginables, de chaleurs étouffantes, les orages de grêle dévastateurs ou encore les pluies diluviennes occasionnant malheurs, famines et disettes.

Intéressons-nous uniquement aux ouragans ayant ravagé la Côte atlantique. Août 1518 une « affreuse tempête » force les barrages et coule la campagne provoquant noyades et accidents. En 1537, nouveau déchaînement du ciel et de l’océan, les digues sont rompues, les arbres déracinés, les récoltes emportées. En 1557, les digues sont encore fracassées par les flots. De nouvelles tempêtes épouvantables re-cassent les digues en 1584, en 1591, en 1598, en 1600.


Un demi-siècle plus tard nouvelle apocalypse : « une effroyable tempête emporte maisons, arbres et moulins. Des navires sont drossés sur la côte, des paysans meurent noyés. ». Les relevés de 1651 et 1655 pointent deux nouvelles années d’inondations. Le siècle suivant sera cataclysmique. Dès 1702, un ouragan rompt les digues. Rebelote en 1709. Puis de 1710 à 1715 des tempêtes noient chaque hiver les îles de Ré et d’Oléron. En 1753, en 1777, en 1787 nouvelles violentes tempêtes sur la côte atlantique, les plaines sont recouvertes de marée et de boue. En 1811 une tempête explose les barrières, les rafales n’en finissent plus, le tocsin sonne pendant dix jours consécutifs. En 1827 nouvel ouragan. En 1838 rebelote, la digue cède de nouveau. Nouveaux dégâts côtiers en 1926, 1937, 1996 et 1999…


Ni la Côte atlantique, ni la France n’ont d’ailleurs l’exclusivité de ces bourrasques dévastatrices. En 1421 une tempête exceptionnelle fit 100 000 morts sur les côtes anglaises. Celle-ci revient faire les mêmes dégâts en 1446. Au siècle suivant, en 1570, un ouragan encore plus meurtrier cause 400 000 morts. Pire, l’Angleterre sera presque touchée-coulée en novembre 1703 : 800 000 morts et 14000 habitations détruites ! Précision : cette époque est connue sous le nom de Petit âge glaciaire. Comme quoi les périodes de « réchauffement » ne sont pas les seules à provoquer des phénomènes extrêmes.


Quant à rapprocher la tempête Xynthia du supposé « dérèglement climatique » cela revient à naviguer entre ignorance, fantasmagorie et idolâtrie réchauffiste.

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