Saumur, nous voilà.

Hors cadre !

Carnet de route

 

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Une joyeuse troupe de ligériens orléanais s’en va découvrir les splendeurs de la Loire saumuroise. Tous les deux ans, le Liger Club se lance ainsi dans le vide, portant ses valises vers une association jumelle. Après Roanne, en amont, voilà la belle cité du Cadre Noir, de Notre Dame des Ardillets et du vin qui pétille qui nous ouvre ses portes.

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Le programme est copieux, alternant visites et pauses gourmandes, l’histoire, la géologie tout autant que la gastronomie sont les incontournables d’une Loire que nous visiterons en auto plutôt qu’à vélo. La première étape sera la ville de Doué-La-Fontaine, non pas pour son zoo, mais pour son mystère des Faluns, une plongée dans la proto-histoire.

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Avant que de rentrer dans le cœur de la terre, un repas dans un caveau à même la roche s’impose. Le fouée est la spécialité du lieu avec moultes galipettes sans oublier le beurre salé pour tartiner la rillette. Le sens de la diététique n’étant pas le souci de nos hôtes plus attentifs au bon plaisir de leurs clients qu’à leur régime. Un vrai bonheur de gourmandise que je ne saurai que vous conseiller.

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Puis ce fut la mer des faluns. Une plongée merveilleuse dans un passé vieux de 11 millions d’années. L’émotion est au rendez-vous, non pas nécessairement pour cette scénographie fort réussie, mais bien plus pour ces hommes qui ont percé à la pioche ces cathédrales de pierres. Un travail de damnés, une folie pour quelques blocs de pierre qui nous laissent aujourd’hui un décor à vous couper le souffle. Décor grandiose, les mystères des Faluns sont un saut dans l’émerveillement.

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Pour poursuivre comme il se doit notre imprégnation locale, le tour en bateau à bord de Saumur-Loire s’imposait. Voir le château ou Notre Dame des Ardillets du milieu de la rivière, découvrir l’église Saint Nicolas et le quartier des marchands nous replongent dans cette histoire qui nous est commune. La guide fut fort agréable et nous eûmes même notre petit moment de frayeur quand le bateau s’engrava. Le tout pour respecter la tradition et boire ensuite une coupe de brut.

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La suite relève de l’intimité du groupe. Ce n’est pas par hasard que nous avons choisi Gennes pour y établir nos quartiers nocturnes. La recherche du plaisir sans doute et de la bonne table. Une sortie avec le Liger Club constituant une redoutable épreuve pour le régime. Mais fermons les yeux sur cette douce dérive, la convivialité étant inscrite en lettres d’or dans les objectifs de l’association.

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Cette seconde journée sera consacrée à Saumur, la belle ! Ville chargée d’histoire où la cavalerie joua un rôle prépondérant dans sa renommée tout autant que ce merveilleux chenin pétillant qui vint au secours du Champagne quand la maladie toucha la région. Le château, le tuffeau, la marine de Loire firent le reste et la cité se fit charmante et attirante. Nous allions suivre le guide pour nous imprégner de son histoire avant que de déguster son breuvage.

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Nous avons tout découvert des petits secrets d’une cité qui s’est organisée autour de la cohabitation plus ou moins sereine des catholiques et des protestants. Les bruits d'alcôves avaient sans doute la préférence de notre guide qui chuchotait des secrets afin de ne pas trop les éventer. Nous pouvons ainsi apprécier son souci d’éviter la diffusion de ragots en tendant l’oreille dans le brouhaha d’une ville en plein chantier...

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Nous avons poursuivi la journée autour d’une grande table dressée à deux pas du manège équestre. Nous recevions la visite de nos amis du Liger Club de Saumur. Un repas fort agréable ponctué de quelques facéties d’un bonimenteur qui trouvait là auditoire à son goût. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’il revienne prochainement dans cette belle partie de la Loire.

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Pour digérer quoi de mieux que de rendre visite à la maison Combier, distillateur depuis 1834. Les alambics en cuivre nous attendaient tandis qu’une opératrice séparait le zeste du ziste afin de préparer les célèbres liqueurs de l’endroit. Nous fîmes naturellement honneur aux spécialités de la maison pour remercier notre charmante guide qui nous a appris presque tout des secrets de l’art d’assembler les épices et les distillats.

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Nous étions ainsi tout disposés à poursuivre notre périple touristique dans les caves de Bouvay Ladubay, une des grandes maisons locales de ce fameux Saumur qui fait pétiller toutes les fêtes. Les galeries souterraines magnifiquement décorées par un artiste contemporain nous enchantèrent tandis que la dégustation nous régala. Décidément, voilà une région où il fait bon vivre pour peu que ce soit avec la modération qui caractérise tous les ligériens.

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Le soleil pointait enfin son nez. Nous pouvions abandonner les caves pour prendre de l’altitude et faire le tour du chemin de ronde du château. Nous trouvâmes sur place un guide de fortune qui remplit amplement son office. C’est ainsi qu’il nous livra secrets et anecdotes sur ce monument que nous garderons pour nous afin de ne pas vous ôter l’envie de le découvrir à votre tour.

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De retour en notre hôtel, le repas s’éternisa en chanson traditionnelles. Sans doute était-ce un effet de nos libations successives. Je préfère garder un silence discret sur cette soirée qui ponctua une journée que je qualifierai de bien vidée plus que bien remplie. Qui n’a jamais fauté ainsi nous offre le premier verre.

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Le dernier jour débuta par la visite d’un moulin à eau. La chose semble aller de soi pour les amoureux de nos rivières, la force hydraulique quoique délaissée depuis quelque temps, serait en effet une réponse non dénuée d’intérêt à nos quêtes effrénées d’énergie. Installé depuis le début du douzième siècle au bord du ruisseau Avort, le moulin de Sarré est depuis cinq générations dans la même famille. C’est un moulin à augets, solution idoine pour un ruisseau qui manque de débit.

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Nous avons découvert le fonctionnement de cette merveilleuse horlogerie de précision. Engrenages et démultiplication sont les deux mamelles de ce formidable témoignage des prouesses d’alors. Il fonctionne encore merveilleusement bien selon les principes ancestraux avec ces meules de pierre qui en font un véritable moulin et non une minoterie. Nous fûmes formidablement instruits par notre guide et désormais on ne nous mènera plus le nez dans la farine à ce propos.

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Nos pas nous conduisirent ensuite vers l’un des plus beaux villages de Loire : Le Thoureil. Tout le charme de l’Anjou, la puissance de la rivière, son passé marinier et ses maisons qui illustrent l'opulence des marchands de l’époque. L’activité fluviale demeure, pour le tourisme et la pêche, les gens d’ici sont véritablement amoureux de la Loire.

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Pour ne pas rester sur notre faim, quel plus beau restaurant que La Route du Sel, une étape que je ne saurais que vous conseiller tant la table est à la hauteur du décor et de l'accueil. Un véritable enchantement qui restera dans les mémoires des participants. Il ne nous restait plus qu’à reprendre la route non sans nous accorder une ultime gourmandise.

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Ce fut le Clos d’entre les Murs, une magnifique folie pensée par Monsieur Antoine Cristal à la fin du XIX° siècle. Des murs enfoncés à trois mètres dans le sol et s’élevant trois mètres au dessus de la terre. Un enclos à la gloire du Chenin, des ceps qui sortent de terre d’un côté des murs et une vigne qui se développe de l’autre. Un enclos unique pour un vin d’exception dont nous avons eu le privilège de boire quelques centilitres. Un accueil merveilleux pour ne rien gâcher et une dégustation dans l’enclos puis dans les chais. Nous pouvions rentrer heureux de ce formidable voyage dans le saumurois.

Crédit photographique

Martine Hallard

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