Le grand enfumage.

Les commissions ne suffisent plus, organisons un grand débat.

Ce sera sans moi

 

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Ils ont l’art et la manière de brouiller les pistes, d’enfumer le peuple, de leurrer les naïfs tout en noyant le poisson. Quand un sujet fait société, débat ou divergence, il convient sans tarder de créer une commission qui non seulement va engraisser quelques collègues mais de plus traîner tant et tant que l'excitation passée, il n’en sortira rien de concret. Cette fois la fièvre jaune et néanmoins citoyenne a pris une telle ampleur, qu’il convient de sortir la grosse artillerie, celle qui va inonder le peuple admiratif et béat de poudre de Perlimpinpin. Le Grand débat est une illusion dont ils vont se gargariser pendant que la répression s’abattra sur les gilets jaunes récalcitrants.

Vous allez, bien sagement, déposer griefs, réclamations, remontrances, remarques, propositions, exaspérations à des gens qui, jurent la main sur le cœur qu’ils examineront sérieusement l’introspection à laquelle ils entendent livrer la nation enfin réconciliée. La belle blague que voilà, ceux-là même qui sont responsables de la situation actuelle, seraient soudain, frappés par une baguette magique qui leur ouvrirait les yeux tandis que les CRS continueront joyeusement d’user sans discernement de la matraque.

C’est justement le discernement qui a manqué aux canailles qui nous gouvernent si mal et à leur seul profit depuis trop longtemps. Croyez vous que ce soient vos doléances légitimes qui vont les convaincre de changer un système dont ils sont les seuls bénéficiaires ? La belle blague que voilà. Rien ne changera dans cette République vendue aux lobbies et au libéralisme. Le peuple a depuis si longtemps été écarté du débat qu’il leur sera impossible de l’entendre et plus encore de lire les millions de critiques acerbes qui leur seront destinées.

Vos écrits seront passés à la moulinette bureaucratique. Une synthèse adroite en sera faite pour écarter tout ce qui est urticant aux puissants, désagréable aux élus, insupportable à l’ego d’un Freluquet aux abois. La pensée synthétique par définition est artificielle, elle se contentera de lisser le débat pour ne pas choquer les tenants de la confiscation des pouvoirs par un système faussement représentatif.

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Bien sûr qu’il y a crise des institutions tout autant que crise de confiance. Comment voulez vous dans pareilles circonstances, laisser en dernier ressort les choix et les décisions à ceux qui ont failli. Le parlement n’est plus qu’une chambre d’enregistrement, les partis n’existent que pour capter l’argent des lois sur le financement illusoire de la démocratie, la politique est devenue un métier pour des énarques qui sont incapables de penser la vie réelle.

Ce ne sont pas eux qui vont modifier les règles d’un jeu qui les engraissent largement. Tout est à changer par le truchement d’une assemblée constituante déterminée par tirage au sort, loin des dinosaures d’un système devenu obsolète. Nous marchons sur la tête à vouloir confier le choix des remèdes à ceux qui ont inoculé la rage et le choléra dans la population.

Ne participez pas à cette farce. C’est la seule chose raisonnable à faire. Vous ne perdrez pas votre temps puisque de toute manière, rien ne peut sortir de cette pantomime dérisoire. Continuez de clamer votre colère, écrivez vos propositions en dehors du cadre biaisé imposé par ceux qui ne pensent qu’à durer encore et encore au lieu de dignement laisser la place.

Le Président n’est plus. Il peut très bien se réclamer de la légalité pour durer encore trois années au pouvoir. Il a perdu à jamais toute crédibilité lui qui a tellement semé le mépris du peuple qu’il a récolté la tempête et bientôt l’insurrection. Le grand débat est un cautère sur une nation gangrenée. Dans pareil cas, il convient uniquement de couper les membres malades et non pas asphyxier toujours plus les citoyens.

C’est la dissolution de la cinquième République, monarchie élective qui est nécessaire. Il n’y a pas besoin de débat pour le savoir !

Expéditivement leur

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