Le pygargue à queue blanche

Pour en savoir plus

 

Il revient sur les rives de la  Loire

 

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Une très vieille histoire ligérienne

Cet oiseau symbolique vivait en Sologne et en bord de Loire à l’époque gauloise. Il est représenté sur les monnaies Carnutes, frappées à Orléans et d’ailleurs, on a découvert des plumes dans les parures pour les cérémonies dans des fouilles autour de l’Hôtel Dieu de cette ville. L’animal a certainement été le symbole du peuple Carnute avant la conquête romaine.

L’animal massif et imposant représente la puissance, la liberté et l'agilité, à l'instar du cousin "Pygargue à tête blanche" utilisé comme symbole des États-Unis d'Amérique.
 

Le pygargue à queue blanche

Un des rapaces les plus grands d’Europe

Haliaeetus albicilla

Famille : Accipitridés

Taille : 70 - 90 cm

Envergure : 190 - 250 cm

Poids : mâle env. 4 000 g ; femelle env. 5 500 g.

Espérance de vie : 25 ans environ

Comment l’identifier ?

Le pygargue à queue blanche se reconnaît aisément avec sa grande taille, sa queue en partie blanche et son bec jaune. Cet oiseau à l’aspect massif impressionne et permet de bien l'identifier quand il est adulte. Les jeunes sont plus délicats à reconnaître. Ils sont plus sombres que les adultes, avec un plumage uniforme sur tout le corps. Leur bec est sombre avec de légers reflets bleus. Il faut attendre leur sixième année pour que la queue blanchisse et permette un repérage aisé

Le pygargue à queue blanche

Que mange-t-il ?

Le pygargue se nourrit de poissons, morts ou vivants qu'il pêche sans plonger près de la surface de l'eau d’où sa présence jusqu’au XIX° siècle en bord de Loire et des étangs de Sologne. En hiver, il se contente de petits mammifères et faute de mieux, il devient charognard. Il peut aussi attaquer des oiseaux d’eaux durant l’hivernage.

Aujourd’hui c’est un oiseau du Nord

Il vit dans les régions du nord et de l'est de l'Europe notamment en Norvège et en Russie. On en trouve aussi en Pologne, Allemagne, Suède, Finlande. En France, un couple nicheur est recensé en Moselle tandis que l'espèce revient progressivement en Champagne-Ardenne en Brenne et en Sologne.

La vie des petits pygargues

Le pygargue se reproduit à partir de l’âge de 5 ans. Le couple construit plusieurs nids dans lesquels il niche alternativement d'année en année. La femelle pond deux ou trois œufs blancs qui mesurent environ 7 cm de long à la fin de l’hiver. La couvaison dure 35 jours et la femelle tout comme le mâle se relaient. Les jeunes sont nourris pendant 4 mois et quittent le giron familial à six mois pour aller tenter l’aventure ailleurs.
 

Le Pygargue est un oiseau voyageur

À la mi-octobre, les pygargues nordiques arrivent en France pour hiverner. Les oiseaux migrants sont surtout des jeunes à la recherche d’un accouplement. Ils repartent dans le nord dès la mi-février.

Pour s'installer à l'automne, ils recherchent l'abri des grandes zones humides. C'est ainsi qu’ils apprécient la région Centre-Val-de-Loire. Dans le Loiret et le Loir-et-Cher, ils sont attirés par les étangs et rivières de la Sologne et de la forêt d'Orléans, où ils trouvent de quoi se nourrir en quantité. Au total en France, c'est une dizaine d'individus qui peut être observée chaque année.
 

Le pygargue à queue blanche

Une espèce menacée aujourd'hui

Le pygargue à queue blanche a vécu dans nos régions avant le XIXe siècle. Il a alors subi bien des attaques. Un abattage volontaire de ces oiseaux au XIXe et au début du XXe siècle a été organisé pour l’empêcher de prélever le petit gibier et le poisson des étangs. Le poison était employé contre eux.

Dans les archives on évoque un mâle tué à Cléry décembre 1902, un autre à La Ferté-Saint-Cyr, la même année. Une femelle est tuée en 1929 par le garde du château du Mesnil près de Dhuizon. Dans nos régions la présence grandissante de pesticides et de métaux lourds dans les cours d'eaux a provoqué la stérilité des œufs. Ainsi les populations se sont éteintes totalement vers 1980 en Région Centre.

Protection de l’espèce

Les organismes environnementaux se sont lancés dans une opération de préservation des nids et de protection des zones d'habitats naturels. Les oiseaux en hiver ont été nourris pour leur permettre de supporter cette période.

Jadis, une espèce autochtone de France...

Des restes d'ossements de pygargues ont été retrouvés sur des sites archéologiques du Loiret.

 

Le pygargue à queue blanche

Le PYGARGUE en Orléans à l'âge du Fer

Plusieurs sites archéologiques orléanais ont livré des restes de pygargue à queue blanche. C’est d’abord Porte Madeleine qu’on découvre les restes de trois pygargues adultes. Les oiseaux avaient été déposés soigneusement, sur le ventre, côte à côte, dans une grande fosse datée du IIe ou du Ier s. av. J.-C sans doute pour un rituel mortuaire. La fouille de la place du Cheval Rouge à Orléans a permis de découvrir un radius de pygargue, rejeté dans une couche datée de l'Antiquité. Des fragments ont été identifiés lors d'une fouille à Saran, dans un souterrain daté du Xe-XIe siècle. L’animal a sans aucun doute un rôle rituel et n’est pas utilisé comme alimentation.

Sites internet

Inventaire national du patrimoine naturel

Le site de la Ligue de Protection des Oiseaux sur la mission Rapaces

 

Le pygargue à queue blanche

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