La valse des adjoints.

La fièvre municipale

Hoquets pour les municipales ...

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Je ne sais pas si c’est comme ça par chez vous mais chez nous, le poste d’adjoint est devenu éjectable à l’approche de la prochaine échéance municipale. Il semble que siéger à côté du Maire ne soit plus une garantie de stabilité, bien au contraire. C’est la grande valse des adjoints qui ne touche curieusement pas que la grande cité Johannique.

Est-ce parce que les masques tombent que le cul les gratte ? En tout cas, les chaises se font musicales pour le plus grand amusement des observateurs qui n’ont toujours vu dans ce jeu de dupes que simagrées et fausse démocratie. Cette fois, à n’en point douter, c’est la grande farce, le théâtre de Guignol.

Ils se sont pourtant tant aimés. Ils avaient la confiance absolue du grand Manitou. Porteur d’une écharpe distinctive, tricolore et dans le bon sens qui plus est, ils avaient pouvoir de délégation, honneur suprême dans ce petit vase clos du pouvoir local. Puis tout à coup, à force sans doute de célébrer des mariages en tous sens, ils ont perdu leurs repères, trompé leurs engagements initiaux ou découvert la trahison du chef.

Démissions, départs, retraits, déclassements, tous les cas de figure nous ont été proposés sans que les intéressés n’y perdent la face. Voilà un monde où l’honneur n’a plus de valeur quand arrive le temps des nouvelles alliances, des changements d’étiquettes et de la constitution d’une autre équipe. Le match n’est pas même terminé que les remplaçants sortent de l’arrière banc pour réclamer leur part du gâteau.

Malgré cette cacophonie, les chefs d’orchestre se montrent, baguette en main, pour affirmer leur ambition à la tête des chœurs de l’armée qui bouge. Ils doivent d’ailleurs sillonner le terrain, arpenter inaugurations et marchés pour avoir un petit cliché chaque jour dans le journal. Eux qui avaient des choses bien plus sérieuses à faire il y a quelque temps, découvrent soudainement que la fonction municipale se déroule véritablement au sein de la cité.

Adieu les voyages, les chambres d’hôtels, les banquets, il convient de battre la semelle pour démontrer un attachement sans faille à la ville. Attachement qui du reste se passe de la fidélité avec l’équipe précédente. Les divorces se multiplient dans les rangs de la majorité sous le regard amusé des opposants d’hier dont certains seront peut-être les alliés de demain. Voilà comment ils comptent nous donner envie de voter en nous réclamant un blanc-seing.

Car qui peut savoir si la liste qui sortira des urnes ressemblera à l’équipe qui achèvera le prochain mandat. Une poule n’y retrouverait pas ses poussins mais un maire lui, est capable sans cesse de trier le bon grain de l’ivraie. C’est pourquoi il tamise, il blute, il moult, il pressure, il trie tout en choisissant le sens du vent. La fonction municipale relève de la science meunière.

Je m’amuse de voir ce bal des nouveaux adoubés. Ils sortent du bois, la langue pendante, ravis d’avoir bouté l'abominable déchu qui pourtant, il y a peu, était un collègue fort fréquentable. Tous ces gens s’étripent, se vilipendent, se tirent dans le dos et veulent nous faire croire qu’ils se présenteront main dans la main, lors du prochain scrutin.

Le spectacle est désolant. Pire que tout, il confirme l’incapacité du chef d’orchestre, son seul désir de durer à une place qui n’est plus un mandat mais une rente de situation. Nous assistons au dévoiement de la politique pour des fins strictement personnelles. Cette mascarade indigne, non seulement est navrante mais déshonore tous les citoyens qui ont encore le sens civique.

Le mieux serait de renvoyer tout ce joli monde mais je crains que les autres prétendants soient du même tonneau, de celui dont on ne fait que du vinaigre pour attirer les mouches.

Exaspérément leur.

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À Orléans comme à Fleury les Aubrais, la valse des adjoints nous fait tourner la tête !

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