Ondes bleues la Radio.

Une émission à Contre-Courant

Une nouvelle aventure.

 

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« N’aurais-tu pas envie de nous raconter des histoires à la radio ? » Même si la question fut formulée avec cette fameuse forme interronégative qui laisse peu de place au doute ou au refus, elle toucha en plein cœur le conteur, condamné comme beaucoup d’autres au silence imposé à toutes les formes d’expressions culturelles.

C’est sans hésiter une seule seconde que j’acceptai cette main tendue à l’extrémité de laquelle il me faudra adjoindre un micro d’autant plus qu’un comparse m’avait devancé pour évoluer dans le même registre. Je n’allais tout de même pas laisser toute la place au barde Rohan. Il me faudrait imaginer une forme adaptée à ce média si particulier qui brille à la fois par une apparente facilité et une incroyable dimension universelle.

Si parler semble naturel à un bonimenteur il en va tout différemment quand il est soudain question de s’enregistrer pour une transmission différée. Cette fois, les innombrables et insupportables tics de langage, défauts de prononciation, bredouillements et autres bruits intempestifs ne pouvaient plus passer comme une lettre à la poste grâce à une pitrerie ou une facétie. Les auditeurs seraient contraints de supporter mon articulation défaillante et tous mes défauts de langue.

Je me souvins alors de toutes les remontrances que me faisait ma collègue d’écriture, qui femme de radio, ne supportait pas de m’entendre lire à haute voix un passage de notre roman commun. Je voyais là un petit pied de nez à ses railleries qui n’était pas pour me déplaire. J’allais sans doute évoluer à contre-emploi, avec mes gros sabots et mon air bête mais qu’importe, ce défi ne m’en attirait que davantage.

Mais comment m’en tirer honorablement à bon compte ( conte) ? Étant passablement cossard, je voulais exploiter les enregistrements déjà effectués pour ma chaîne YouTube en dépit de leur médiocrité technique. Renoncer à la perfection a depuis toujours constitué mon penchant naturel, poussant le vice lors de mes prestations, à ne pas préparer à l’avance un programme et à encore moins préparer des récits pour l’occasion. En bon funambule de l'inutile je n’aime rien tant que le fil du rasoir. De là à courir le risque d’être rasoir, il n’y a qu’un pas de côté à ne pas faire.

J’optai donc pour l’approximation, une forme qui me serait sans nul doute spécifique sur cette nouvelle web-radio. Chacun se distingue comme il peut, je trouvais là une spécificité que nul ne viendrait me contester. Maintenant que la forme était ce qu’elle serait, sans artifice ni amélioration, il fallait trouver un fond pourvu qu’il fut de bon commerce.

C’est alors que me revinrent en mémoire mes premières années d’enseignement durant lesquelles j’aimais raconter un page d’histoire ou évoquer un thème de société en parsemant mon exposé de chansons qui abordaient ce sujet. Rien de très original mais une manière plaisante d’agrémenter ce qui devenait un cours en musique. Par contre, annoncer la chanson risquait de briser l’unité de ce moment. C’est ainsi que mes contes seraient segmentés pour que s’y insinuent des chansons forcément francophones, évoquant directement ou non, le contexte du récit. Les moteurs de recherche étant de précieux alliés pour découvrir des pépites.

La petite crique océane de 30 minutes qu’on m’avait initialement confiée devint par la magie d’un auditoire satisfait par mes simagrées, une grande plage ligérienne d’une heure où le sable n’est pas toujours fin. Je dus construire un programme autour de deux contes en cherchant une cohérence entre eux tout en ajoutant éventuellement un poème de mon cru. Les auditeurs faisant preuve d’une curieuse mansuétude à mon égard.

L’aventure continue pour l’instant jusqu’à ce que, lassé, on me coupe le sifflet. Avant que cette mésaventure ne survienne, passez donc m’écouter si le cœur vous en dit. Ce n’est pas très compliqué, je vous attends chaque mardi de 18 h à 19 h ainsi que dans la nuit de 4 k à 5 h pour nos amis québecois. Il y a encore une session de rattrapage le dimanche de 13 à 14 h. Il vous suffit de vous brancher sur votre ordinateur ici ! Profitez de l’aubaine surtout pour écouter les autres émissions. Je vous laisse la grille très alléchante de la maison. À bientôt.

Radiophoniquement vôtre.

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