Mais que vaut Paris ?

Henri, reviens, ils sont fous.

De Griveaux à Buzyn

 

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Pour un ancien candidat, Paris vaut bien une fesse ! Le raccourci est certes audacieux même si en l'occurrence il a tendance à tourner le dos à l’objet du délit. Le miroir des vanités et des turpitudes a encore frappé dans ce microcosme qui prétend bien abusivement représenter la nation tout entière. Les pratiques de nos chers facétieux n’ayant sans doute rien à voir avec celles du quidam ordinaire. Mais laissons là les Princes de la Pinacothèque s’étrangler d’indignation devant le tableau lamentable qu’ils nous proposent à longueur de frasques. Le peuple prétendent-ils complote tandis qu’eux tripotent. Belle répartition des tâches.

Pour le bon Freluquet, Paris vaut bien une veste ! Pas question de n’être pas présent dans le combat qui s’annonce, qu’importe si ce n’est que pour faire de la figuration après la formidable bande annonce des jours précédents. Son bébé, tout juste sortie des couches, montre parfois une vigueur étonnante, l’érection présidentielle ayant fait des émules et des bourriques. Les échangistes pour l’heure, se contentent de retourner leur veste, évitant soigneusement l’étiquette qui fait tâche, Griveaux en a apporté une preuve éclatante.

Pour la nouvelle prétendante, Paris vaut bien une peste ! Oublié le risque de Pandémie dans un pays dont l’hôpital public est en plein désarroi. Le petit virus chinois attendra bien l’échéance capitale qui est sensée préoccuper l’ex-ministre de la santé. Elle se piquait de la grandeur de la fonction, de l’importance de son rôle mais le bon Prince qui nous gouverne lui a soufflé à l’oreille que sa candidature était bien plus importante que la vie de quelques gueux. La Politique est une maladie incurable certes mais qui se contente d’être mortelle pour les autres. Freluquet nous en administre là une merveilleuse preuve.

Pour la classe politique dans son ensemble, Paris vaut bien le reste ! La priorité des priorités réside dans la grande bataille pour Lutèce. Sainte Geneviève a repris du service. Un beau triangle féminin pour tenir le haut d’un pavé qui ne doit pas tomber sur les boucliers des CRS. La ville qui a adoubé le Président avec 89 % de voix au second tour, ne peut se passer d’un candidat portant ses couleurs. La France n’est rien pour ce microcosme détestable, seule la bataille pour la mairie de Paris compte. Nous en avons la preuve la plus cinglante dans cette farce qui rabaisse encore plus si besoin était la chose publique au niveau du caniveau.

Pour les idiots que nous sommes, nous en concluons : Paris vaut bien une abbesse ! Alors que partout ailleurs (sauf à Nantes), les porteurs de cravate se disputent le droit de gagner le trône, la Capitale se donnera à une femme. Le prétendant dépité avait beau porter sa virilité en bandoulière, l’histoire retiendra qu’on lui a coupé l’herbe sous le pied pour laisser la place libre. Lutèce aura son ogresse, une dame aux dents longues sortira gagnante de ce bras de fer. Nous regretterons qu’il n’en soit pas ainsi dans nos villes de province, promise aux barons, barbons et vieilles ganaches qui se refusent à se retirer. L’affaire Griveaux leur confirmant que passer la main n’est pas nécessairement sans risque.

Alors, contentons-nous de retourner à nos livres d’histoire : Paris vaut bien une messe ! Il n’est rien de mieux que l’arrivée au pouvoir de celui ou celle qu’on n’attend pas. Le bon Navarrais nous l’a démontré de manière éclatante. Venu d’ailleurs, ne partageant pas les codes et les manières de l’endroit, l’invité surprise est capable de rebattre les cartes à la condition de ne pas appartenir à ce microcosme politique qui nous démontre de jour en jour sa vacuité et sa roublardise, sa nocivité et sa lubricité.

Si pour les grandes villes, l’espoir est vain de voir émerger des listes libres et dégagées des aberrants appareils politiques, partout où c’est possible, faites le choix du local au détriment de ces représentants de commerce de l’immonde classe politique professionnelle.

Uchroniquement vôtre.

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