Le grand déballage local

Affreux Sales et Méchants

Ils se bouffent le nez (de marche)

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Le conseil municipal d’Orléans affichait complet alors que la séance se déroule un lundi à 14 h 30. On peut à ce petit détail mesurer la conception parfaitement démocratique de la chose publique puisque pour participer comme élu ou bien simple citoyen spectateur, il ne faut pas travailler. Nous avons donc ici des professionnels de la politique, des permanents du grand cirque démagogique. On peut mieux comprendre les frais de voyages, les dépenses hôtelières, ces gens n’ont rien d’autre à faire…

Si, pardon, ils ont tous une seule préoccupation, une idée fixe, une véritable obsession : continuer à profiter de la bonne soupe. C’est justement sur fond de cuisine électorale que va se constituer la tragédie en plusieurs actes qui s’est jouée sous les yeux horrifiés des braves gens que tous ces personnages prennent pour des couillons bons à avaler des couleuvres.

La lecture des joutes oratoires suffit à comprendre combien nos représentants ont le souci de ne représenter qu’eux-mêmes et leurs intérêts. Le sens du bien général, la dignité de la charge, la loyauté vis à vis des engagements et tout ce qui devrait constituer le quotidien d’élus intègres disparaissent soudainement pour la scène de ménage la plus ahurissante de la très longue histoire de cette cité deux fois millénaires.

Et pourtant, de Céno à Cenabum, de Genabum à Aurélianis, la bonne ville d’Orléans a connu des trahisons, des meurtres au sommet du pouvoir, des guerres et des massacres, des bûchers (y compris le premier de l’Histoire de la chrétienté) et des exécutions publiques sous bien des formes pour la plus grande édification du peuple. Mais là, nous avons atteint les sommets de la scénarisation de série B : le divorce des vieux amis.

Je ne sais si je peux vous narrer l’effroyable scène. Toutes les têtes d’affiche y sont allées de leurs phrases assassines. Le sang aurait dû couler si ces gens avaient une once de sincérité. Mais rien de tout ça, des simagrées, des griefs inconsistants, des querelles de cour d’école maternelle, des grimaces pour amuser la galerie et trouver place dans l’article du journal local. Ceux qui ont leur nom couché sur ce papier d’anthologie s’assurent à jamais une place dans la mémoire orléanaise.

Tout ce joli monde aspire encore à recevoir nos suffrages et pire que tout encore, parmi les électeurs, il y en a encore de nombreux à faire preuve d’amnésie pour renouveler leur confiance aux uns ou aux autres. Le ridicule de la séance ne suffit pas, les braves gens veulent ajouter celui du pardon en avalant leur chapeau. C’est à désespérer de l’intelligence et du sens de l’honneur.

Dire que tous les principaux acteurs de cette pantomime vont désormais arpenter les marchés, serrer des pinces et jouer les vierges effarouchées. Chacun y allant de son couplet : « C’est pas nous, ce sont les autres ! ». Rassurez-vous, chers personnages, marionnettes sans fil d’un scénario indigne, vous méritez tout ce que le cinquième art avait envisagé : vous êtes Affreux Sales et Méchants, votre place n’est plus dans cette instance que vous venez de décréditer.

La honte n’étouffe-t-elle donc jamais l’individu politique ? C’est un terrible constat qui ne cesse de m’interroger sur les motivations réelles de ces gens. Comment peuvent-ils ainsi s’exposer, s’humilier, se dénigrer et continuer de se regarder dans le miroir de leur salle de bain. Le plus souvent, les plus accariâtres sont des hommes, je ne comprends pas comment ils ne se coupent pas en se rasant. Quant à trouver une conclusion à ce cri du cœur, je n’en trouve malheureusement pas. Mon seul espoir réside dans la chute de tout ce joli monde lors du prochain scrutin, c’est la seule issue convenable pour les électeurs de bonne volonté.

Anthologiquement leur.

https://www.larep.fr/orleans-45000/actualites/eviction-de-florent-montillot-le-violent-affrontement-entre-olivier-carre-et-serge-grouard-au-conseil-municipal-d-orleans_13686529/

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