L’innocence présomptive ...

Où mettre le goupillon ?

Le pape tourne le dos à la morale !

 

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Ainsi donc pour ces gens de robe et d’église, l'innocence vaudrait par -dessus toutes les autres valeurs. Sa Sainteté accoutumée des bulles pontificales vient de laisser éclater devant un parterre de fidèles et d’infidèles pareillement horrifiés, la plus insane bêtise qui soit. La présomption d’innocence existe alors que la justice des hommes est passée. Fermez le ban, grâce à Dieu, le jugement dernier demeure le seul qui vaille pour la curie incurable.

Nous pourrions faire des gorges chaudes de cette décision aussi scabreuse qu’abjecte s’il n’y avait pas des victimes, autrefois humiliées, abusées, détruites par quelques saligauds prétendant agir au nom du tout-puissant. Ceux-là ont perdu leur innocence, pas celle devant la justice et les arguties juridiques d’un vieil homme sénile, mais celle, incomparable de l’enfance. Ce crime, à jamais gravé dans leur cœur et leur corps, le pape vient de le nier d’un trait de plume d’ange par une décision qui en fait un simple suppôt de Satan. Quelle abjection absolue. Dieu est mort une nouvelle fois !

Que dire aussi de ce monsieur Barbarin qui porte sa croix et sa démission devant son supérieur hiérarchique, la contrition en bandoulière tandis qu’après avoir tenu des propos odieux (déformation professionnelle sans doute) il demande, toute honte bue, à ses avocats de faire appel de la décision qui le condamne ? Où est la repentance chère à la maison cul-béni ? Où se trouve le nécessaire pardon évangélique quand le prélat réfute la sentence, nie implicitement les accusations dont il est l’objet ?

Dans pareil cas, comment comprendre sa démission autrement que par des grimaces hypocrites, de celles que nous font tous les puissants de cette Société, incapables de ne jamais accepter le poids de leurs erreurs ? Là encore, c’est en pensant à ces gamins violés que l’effroi et l’horreur s’imposent à nous : la belle rédemption que voilà ! Rien de tout cela ne vaut quelques paters et une bonne pénitence. Battre sa coulpe dans le secret de la confession c’est sans doute à leur portée mais reconnaître leur responsabilité devant les hommes, demeure impossible !

Monsieur Barbarin n’assume pas. Voilà que tombe le masque de l’hypocrisie des princes de l’église tandis que le Saint Patron valide la posture en repoussant la démission. Nous saurons faire meilleur usage du goupillon que de bénir ces canailles. Ils méritent de subir ce qu’ils ont couvert honteusement et il n’y aurait pas plus belle loi du Talion que ce châtiment exemplaire sur la place Saint Marc.

Je blasphème, la belle remarque que voilà. Qui de nous salit le plus le message du Christ. « Aimez-vous les uns les autres ! » nulle allusion dans ce magnifique slogan à cet amour charnel à sens unique qui est en question dans ce dossier épineux. Qu’ils aillent au diable les pédophiles en soutane toute comme cette hiérarchie détestable qui ferme les yeux et couvre les salauds intronisés.

Oublions-les et ne cessons de nous trouver aux côtés des victimes de ce système pervers par essence divine. Assurons-les de notre compassion, de notre soutien, de notre immense solidarité. Ils viennent une fois encore de subir une agression immonde. C’est proprement scandaleux. Ils méritent sans réserve aucune notre affection sincère et dénuée de toutes ces pensées occultes qui habitent tant des représentants de commerce d’un Dieu de pacotille.

Que le goupillon remplace le sabre afin de le substituer à la main d’un Dieu évanescent. Nous allons mettre à l’index ces tristes personnages. Ils sont désormais rayés de nos consciences, condamnés pour toujours à la vindicte des gens de conscience. Qu’ils n’en aient pas, n’est pas pour nous surprendre. Je réclame l’excommunication afin de ne plus appartenir à cette communauté hideuse. Maintenant il ne me reste plus qu’une chose à leur dire : «  Allez donc au diable ! »

Sataniquement leur.

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