Acte 2 de la classe découverte

La vie de Château

Carnet de bord

ma-lanterne

Le lendemain en effet les plus vieux devaient se rendre à l’Île Charlemagne afin d’y rencontrer une classe avec laquelle ils correspondent. De l’expédition, ils rapporteront une bougie supplémentaire, un jeu d’orientation en commun avec ces enfants de Saint Jean-de-Braye et cinquante nouveaux kilomètres au compteur.

C’est d’ailleurs ce périple sur les routes et les pistes cyclables qui mérite d’être narré tant pénétrer au cœur d’une grande métropole avec trente élèves à bicyclette passe pour une aventure à hauts risques. Il serait bon que nos dirigeants se mettent un jour en selle et accompagnent une troupe comme celle-ci afin de découvrir le parcours d’équilibriste en péril qu’ils ont conçu en toute bonne foi, je n’en doute pas.

De retour au centre, la fatigue eut raison des plus intrépides. C’est ainsi que j’animai la veillée des plus petits. La maîtresse m’a averti : « Ils sont épuisés. Je crains qu’ils ne s’endorment pendant le récit. Un conte devrait suffire... » J’avoue ne pas me sentir à mon aise avec les plus jeunes et c’est plein d'appréhension que j’allai à leur rencontre …

Je les trouvai assis sur des bancs installés autour de grandes tables, un peu comme à l’école, en position frontale. Il me fallait changer cette disposition pour rompre les représentations tout en les plaçant dans un contexte qui leur permette de se laisser porter par les histoires. En étendant des couvertures sur le carrelage froid, ils pouvaient s’asseoir par terre pour ouvrir grand leurs oreilles. « Il était une fois ... »

La magie opéra, ils écoutèrent, redemandèrent une histoire puis encore une autre. Ils entrèrent véritablement dans le jeu des échanges, de l’attention, de la concentration qu’impose cette cérémonie du Conte. Pourtant, après coup, il en était quelques-uns qui s’empressaient de revenir au réel, de mettre en cause la dimension fantastique de la scène. Ceux-là sont sans doute trop nourris au biberon toxique des écrans.

Je terminai pour eux par un conte merveilleux, coupé totalement du réel afin de briser éventuellement leurs défenses : « Pourquoi y a-t-il des étoiles dans le ciel ? » Ils purent ainsi partir se coucher les uns après les autres en transportant à leur tour un éclat de Lune dans la voûte céleste. Ils avaient lâché prise, acceptant enfin de n’être que des enfants …

Le premier mai fut l’occasion de regrouper beaucoup de parents. Ils avaient profité de la fête du travail pour se joindre à nous tandis que le programme avait saisi l’occasion pour proposer une sortie commune pour toute la troupe. C’est vers le Château de La Ferté-Saint-Aubin que toutes les classes convergèrent en plusieurs vagues de vélos. Le choix d’un trajet dans les bois et le long du Cosson, la petite rivière qui rejoint sa voisine avant que de se jeter dans la Loire à Candes-sur-Beuvron. Sept kilomètres, une presque formalité pour les plus grands, un monde pour les petits.

Les chemins avalés, la joyeuse bande des gilets jaunes se dispersa alors dans la bâtisse du XVIIème ou dans le Parc avec différentes activités au programme. Il y en eut pour tous les goûts et tous les âges avec des propositions largement attractives et un véritable intérêt pédagogique. Ce fut vraiment une sortie qui enchanta petits et grands tandis que le pique-nique fut l’occasion d’un grand moment de convivialité entre parents présents, enfants et accompagnateurs.

La soirée acheva les derniers courageux en les entraînant dans une balade nocturne dans les bois et à bicyclette. Quelques chutes agrémentèrent cette expédition dont celle de l’intrépide directeur, manière de démontrer que seule sa sainteté le pape demeure infaillible ici bas. Ce fut encore l’occasion de mettre à terre l’idole après qu’un conte trop flatteur en eut fait un bel-éphèbe. Nous revenions ainsi à une plus juste mesure avant que de mettre tout ce petit monde au lit.

à suivre ...

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