En Vert et contre tous !

Mais où se niche l’écologie ?

 

Quand le Vert perd la boule ou déraille !

 

a1

Il n’est pas facile en ce moment d’afficher des inquiétudes environnementales quand des élus qui se revendiquent d’une sensibilité voisine, font feu de tout bois pour dénigrer leurs propres convictions. Ceux-là, grisés par leur succès électoral n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour disqualifier totalement leur camp. Ils sont en cela les dignes héritiers de cette classe politique qui prend toujours un malin plaisir à se faire haïr par le peuple.

Ne revenons pas sur les déclarations à l’emporte-pièce de ces nouveaux rois du pétrole vert, elles sont si caricaturales qu’elles en seraient presque blasphématoires sur l’autel des idéologies scabreuses. Mais là est la pierre d’achoppement qui s’écrase sur les pieds de ces malheureuses baudruches, qui veulent ressembler à ceux qu’elles ont remplacées.

Ces nouveaux édiles, sous prétexte d’avoir l’onction électorale alors que le taux d’abstention n’a jamais été aussi fort, se permettent d’asséner des horreurs, perchés qu’ils sont sur une illusoire vague électorale. À proférer ainsi de telles âneries, ils ne tarderont pas à découvrir les affres du creux de la vague, ce qui après-tout n’est que la juste récompense de leur sottise et de leur orgueil. Mais pire encore, ils vont en l’espace d’un petit mandat, discréditer leur courant de pensée pour une très longue période.

Je n’en veux pour preuve que les moqueries, les sarcasmes, les plaisanteries et les saillies qui accompagnent chacune des sorties d’un de ces chevaliers verts de l’asphalte urbain. Rien n’est pire me semble-t-il que de confier l’écologie à des bourgeois bohèmes, citadins peu patelins tout autant qu’idéologues coupés des réalités. Ces petits individus ont choisi un créneau pour se faire une place, ils n’ont rien compris aux enjeux véritables de l’option qu’ils ont choisie.

Si l’environnement pour eux se limite à des gadgets c’est qu’ils sont issus de cette école de la politique qui , à trop fréquenter les formations technocratiques raisonnent comme des têtes de gondole. Ils choisissent un article, le plus frelaté possible pour attirer le chaland à grands coups de slogans bidons. Ce qui fonctionne un temps avec les libéraux ou les socialos, prend ici des allures de Bérézina.

Le Vert est dans un fruit pourri. L’arbre de Noël a mis les boules à toute la blogosphère qui enguirlande l’imbécile échevin de la capitale du vin. Le petit vélo dans la tête du triomphateur de Colomb est sorti du cadre et a fait dérailler tous les amoureux de la petite reine. Le bon maire de Tours a coupé d’entrée de jeu les ponts avec sa population en se pensant Pape en Avignon. Chacun a voulu marquer sa prise de fonction par une intervention mémorable. Pour le coup, c’est réussi !

Ils doivent disposer de conseillers en communication qu’ils ont recyclés chez leurs adversaires défaits et comme ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ils sont tombés dans le panneau électoral tout juste retiré des trottoirs. Bravo messieurs, avec vous la cause a reculé de quelques décennies et vous ne faites en cela que suivre votre chef de file qui se prend lui aussi pour le prochain Phénix en mettant tout en place pour une déculottée magistrale aux prochaines présidentielles.

Je dois m’incliner devant votre talent. Il n’était vraiment pas simple de retirer toute crédibilité à la seule ligne politique qui pourrait nous sauver de la catastrophe en cours. Vous y êtes parvenus avec un talent qui mérite non seulement des éloges mais une admiration sans borne électrique. Je devine déjà que le courant a cessé de passer entre vous et vos électeurs. Vous vous retrouvez les batteries à plat à brasser du vent avec des déclarations aussi alambiquées que déplacées. En Vert et contre tous, vous êtes la risée d’une classe politique qui pourtant n’avait pas besoin de vous pour collectionner les bouffons et les imposteurs.

Admirablement vôtre.

a2

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.